Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

01 juin 2012

Le partisan

The Partisan - Léonard Cohen, interprété par Sixteen Horsepower & Noir Désir : When they poured across the border / I was cautioned to surrender / this I could not do / I took my gun and vanished. / I have changed my name so often / I've lost my wife and children / but I have many friends / and some of them are with me.

An old woman gave us shelter / kept us hidden in the garret / then the soldiers came / she died without a whisper.

There were three of us this morning / I'm the only one this evening / but I must go on / the frontiers are my prison.

Oh, the wind, the wind is blowing / through the graves the wind is blowing / freedom soon will come / then we'll come from the shadows.

Les Allemands étaient chez moi, (The Germans were at my home) / ils me dirent, "Signe toi," (They said, "Sign yourself,") / mais je n'ai pas peur; (But I am not afraid) / j'ai repris mon arme. (I have retaken my weapon.)

J'ai changé cent fois de nom, (I have changed names a hundred times) / j'ai perdu femme et enfants (I have lost wife and children) / mais j'ai tant d'amis; (But I have so many friends) / j'ai la France entière. (I have all of France)

Un vieil homme dans un grenier (An old man, in an attic) / pour la nuit nous a cache', (Hid us for the night) / les Allemands l'ont pris; (The Germans captured him) / il est mort sans surprise. (He died without surprise.)

Oh, the wind, the wind is blowing / through the graves the wind is blowing / freedom soon will come / then we'll come from the shadows.

 

Traduction


Quand ils traversèrent la rivière / Ils me dirent de me rendre / Ca, je ne pouvais pas le faire / J'ai pris mon arme et j'ai disparu. / J'ai changé de nom si souvent / J'ai perdu ma femme et mes enfants / Mais j'ai beaucoup d'amis / Et certains sont avec moi.

Une vieille femme nous a trouvé un abri / Nous a tenu caché dans le grenier / Et les soldats sont arrivés / Elle est morte sans un soupir.

Nous étions trois ce matin / Je suis seul ce soir / Mais je dois poursuivre / Les frontières sont ma prison.

Oh, le vent, le vent souffle / Entre les tombes le vent souffle / La liberté naîtra bientôt / Et nous sortirons de l'ombre.

Les allemands étaient chez moi / Ils me dirent "Signe-toi" / Mais je n'ai pas peur. / J'ai repris mon arme / J'ai changé cent fois de nom / J'ai perdu femme et enfants / Mais j'ai tant d'amis. / J'ai la France entière.

Un vieil homme dans un grenier / Pour la nuit nous a caché / Les allemands l'ont pris / Il est mort sans surprise.

Oh, le vent, le vent souffle / Entre les tombes le vent souffle / La liberté naîtra bientôt / Et nous sortirons de l'ombre.

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20 août 2009

Gagnants/Perdants

Gagnants/Perdants - Noir Désir (2008) : Tous ces beaux jeux inventés Pour passer devant les premiers Pour que chacun soit écrasé S’il refuse encore de plier Les dégâts, les excès Ils vont vous les faire payer Les cendres qui resteront C’est pas eux qui les ramasseront Mais les esclaves et les cons Qui n’auront pas su dire non Nous on n’veut pas être des gagnants Mais on acceptera jamais d’être des perdants Pimprenelle et Nicolas Vous nous endormez comme ça Le marchand de sable est passé Nous on garde un oeil éveillé O la peur, ô le vide O la victoire des avides Faut pas bouger une oreille Toutes sortes de chiens nous surveillent Pas un geste, une esquisse Sinon on tourne la vis Nous on n’a rien à gagner Mais on ne peut plus perdre puisque c’est déjà fait. Toi qui viens de loin d’ici Avec Ta peau et Tes os On t’a parlé du paradis On t’a menti, tout est faux O mon ami o mon frère tout ce nerf Perdu pour la guerre Tu vas voir tout l’amour Qui traîne au fond des discours Dis t’en veux des papiers ? Dis tu l’as vu mon palais ? T’auras rien, c’est ainsi C’est pas fait pour les perdants, le paradis Il y a la chair à canon Il y a la chair à spéculation Il y a la chair à publicité Enfin y’a tout ce que vous aimez Vous et moi on le sait Le spectacle est terminé Pourtant c’était presque idéal C’était loin du féodal Oh maint’nant c’est foutu Ça fait joli dans ton... Fort intérieur c’est gênant De rejoindre comme ça la cohorte des perdants Il faut pas se faire d’illusions Mais c’est mieux debout pour l’action Et pour nos âmes, c’est égal Dieu n’est pas dans la bataille O messieurs les décideurs De toutes parts, de tous côtés Sachez que profond dans nos coeurs On n’arrête pas le progrès Sous l’Iris, sous la peau Sous les ongles et dans l’étau On pourra toujours refuser De devenir les premiers ou les derniers Pas de leaders triomphants On s’ra jamais des gagnants ni des perdants.

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18 août 2009

C'est dans la rue

C'est dans la rue - Compagnie Jolie Môme (2008) : Tu peux voter, pétitionner, débattre à la télé, ou gamberger sans te bouger, mais... C'est dans la rue qu' ça s' passe, C'est dans la rue qu' ça s' passe, C'est dans la rue qu' ça s' passe / C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand il se passe quelque chose Un bulletin dans une boite Ca change pas grand chose C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand il se passe quelque chose, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand revient le printemps, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand on lache nos écrans, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand il se passe quelque chose, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand on s'est rencontré, C'est dans la rue qu' ça s' passe La peur s'en est allée / C'est dans la rue, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand il se passe quelque chose / C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand s'élèvent les enfants, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand les rejoignent les parents, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand il se passe quelque chose, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand on bloque la machine, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand les rêves s'animent, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand il se passe quelque chose, C'est dans la rue qu' ça s' passe Dans la rue d'à côté, C'est dans la rue qu' ça s' passe Comme dans tous les quartiers, C'est dans la rue qu' ça s' passe / Grève générale, Tous ensemble tous ensemble Grève générale Tous ensemble tous ensemble Grève générale Tous ensemble tous ensemble Grève générale / C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand les rois s' font matés, C'est dans la rue qu' ça s' passe En bas de l'échiquier, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand il se passe quelque chose, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand on change d'air, C'est dans la rue qu' ça s' passe Toujours en plein air, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand il se passe quelque chose, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand on change d'air, C'est dans la rue qu' ça s' passe On va pas s' laisser faire, C'est dans la rue qu' ça s' passe Quand il se passe quelque chose, C'est dans la rue qu' ça s' passe On va pas s' laisser faire, C'est dans la rue qu' ça s' passe On va pas s' laisser faire, C'est dans la rue qu' ça s' passe On va pas s' laisser faire, C'est dans la rue qu' ça s' passe.

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Grève Générale

Grève générale / La société elle a mauvaise haleine (2008?) : La grève sauvage est déclarée on se transforme en émeutier, Plus envie de reculer cette fois les flics devront céder. On a vraiment tout essayé, la droite la gauche nous ont menti, cette fois le système va exploser Vive la révolte des insoumis. / Organiser en comité les choses vont bouger, les patrons au bûché et les profits exterminés. Les mairies réquisitionnées et l'état renversé pour que nos vies deviennent enfin leur priorité. / Plus la peine d'espérer messieurs les exploiteurs, l'heure est venue pour vous de descendre sans ascenseurs de vos tours d'ivoire car vous sentez l'odeur, l'odeur des bûchés où brûlent toutes vos horreurs. / Enfin nous serons libre de toutes vos règles débiles, enfin nous serons libres de toutes vos contraintes inutiles.

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A bas les gens qui bossent

A bas les gens qui bossent - Didier Super (2008) : Qui c'est qui s'lève tôt le matin et qu'empêche les autres de dormir? Les gens qui bossent. Et qui c'est qui se gêne pas pour gueuler quand j'fais des boums? Les gens qui bossent. Ils s'occuperaient d'leurs enfants y'aurait d'jà moins de délinquants, Les gens qui bossent. Ils exploitent la planète, et puis tant pis si ça pète, Les gens qui bossent. / Hooohooo, à bas les gens qui bossent. Hooohooo, c'est que d'la racaille. Hooohooo, à bas les gens qui bossent. Hooohooo, faut les nettoyer au Karsher. / À cause de qui y'a que l'dimanche qu' y'a des bons trucs à la télé? Les gens qui bossent. Qui c'est qui s'dit vivement la retraite mais qui la touchera sûrement jamais? Les gens qui bossent. Qui c'est qu' y'en a marre de payer des allocs aux immigrés? Les gens qui bossent. Et surtout à cause de qui y'a pas d'boulot aujourd'hui? Les gens qui bossent. / Hooohooo, à bas les gens qui bossent. Hooohooo, ils sont égoïstes. Hooohooo, à bas les gens qui bossent. Hooohooo, heureusement y'en a de moins en moins. / Ils ont plus peur de dire tout haut que les chômeurs ils sont feignants, Mais qu'est-ce qu'ils sont contents de pas être à leur place. Et puis tous les matins, ils prennent tous leur bagnole, Et du coup à cause d'eux, y'a la guerre en Irak. / Hooohooo, à bas les gens qui bossent. Hooohooo, ils ont vraiment rien d'autre à foutre. Hooohooo, à bas les gens qui bossent. Hooohooo, franchement y'a pas d'quoi la ramener. / (Y'a combien là? Oh putain les mecs, eh, on a fait deux minutes quinze, et l'format c'est deux trente deux quarante, eh, faut qu'on y r'tourne là, ok? Allez, trois, quatre! ) / Hooohooo, à bas les gens qui bossent! Hooohooo, ils sont pas épanouis! Hooohooo, eh allez on s'lâche! Hooohooo, ils sont pires que les nazis! Hooohooo, à bas les gens qui bossent! Hooohooo, eh, ils sont pires que les nazis, c'est des Américains! Hooo... / (Stop! Stop! Eh, putain eh, stop! Deux minutes cinquante-deux, les mecs. On s'est amusés deux secondes de trop. Putain eh, ils ont intérêt à nous les payer les fils de...).

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La révolution ne sera pas télévisée

La révolution ne sera pas télévisée - Gil Scott-Eron (1971) / librement traduite et actualisée par Expérience (2005) : Tu ne pourras pas rester à la maison, mon frère, Tu ne pourras pas allumer le poste et regarder les flammes embraser ton quartier, Tu ne pourras pas te faire canal 333, Tu ne pourras pas oublier ta réalité dans celle des autres, parce que  La révolution ne sera pas télévisée, La révolution ne sera pas télévisée La révolution ne sera pas sponsorisée par coca nike ou méga-cola, En quatre parties à suivre en une seule soirée, Tu ne verras pas les principaux chefs d'Etat délivrer des messages rassurants à la population, en souriant, Tu ne verras pas les principaux responsables des partis de gauche appeler au calme et à la raison, parce que La révolution ne sera pas télévisée, La révolution ne sera pas sponsorisée par Universal ou EMI, Le générique ne sera pas interprété par Rage Against The Machine, Featuring Eminem Bono et Beyonce, La révolution ne te rendra pas sexy et attrayante, La révolution ne te donnera pas une belle couleur de cheveux, La révolution ne te fera pas perdre cinq kilos avant l'été, parce que, La révolution ne sera pas, ne sera pas, télévisée, CNN ou LCI ne pourront pas afficher le cours de la bourse pendant que les magasins se font piller en direct, Il n'y aura pas de ralenti sur les flics qui tirent sur ton frère, Il n'y aura pas de ralenti sur les flics qui tirent sur ton frère, Il n'y aura pas de ralenti sur les flics qui tirent sur ton frère, Il n'y aura pas de bonus ni de version DVD, Il n'y aura pas de bétisier à la fin de la retransmission, Tu ne pourras pas pénétrer l'intimité du Che, Ni gagner un week-end en compagnie du sous-commandant Marcos, Tu ne pourras pas recevoir le t-shirt de ton révolutionnaire préféré gratuitement, ni voter pa sms pour ton camp favori, parce que La révolution ne sera pas télévisée, La révolution ne sera pas télévisée, Les cotas de parité raciale ou sexuelle ne seront pas respectés, Ils seront tous ensemble dans les rues sans autorisation préalable de la préfecture, Sans avoir rien préparé, Ils en auront rien à foutre de savoir si l'équipe de france remonte dans le classement, ou n'auront rien à foutre de connaître le résultat des élections américaines, ou n'auront rien à foutre de savoir si ? ou si ? s'en va, Jusque là spectateurs nous deviendrons acteurs, La révolution ne sera pas télévisée, La révolution ne sera pas télévisée, Ne sera pas télévisée, Ne sera pas télévisée, La révolution ne sera pas rediffusée, La révolution sera live, live.

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15 août 2009

On frappera

On frappera - La Rumeur (2002) :  [Hamé] Avec nos fronts en fièvre, avec nos poings en grève et un vacarme d’armes à bâillonner les chiens de garde du palais, avec une étincelle frêle aux coins des lèvres sur une mare noire de kérosène, avec des plages pleines du sang séché de nos veines, avec un incendie au cœur et la mémoire de la sueur, avec le talon fier plein de poussière et la musique éclair du revolver, quand elle rythme la fuite des pitres sous les jupons de l’institution, avec des torches rallumées au lendemain des massacres, et puis, les vapeurs âcres qu’exhalent nos plans d’attaque en bouillant dans le cloaque, avec un goût prononcé pour la poésie du fond des mines et un faible avéré pour la nitroglycérine, avec les plans du bâtiment plus les chiffres-clés des codes d’accès, avec le "rass", avec les dents, avec finesse, avec du temps, avec ou sans l’aide du ciel mais avec toi, lui et elle : On frappera

[Philippe] Sur ma vie, sur ma tête, que les porcs restent à l’abri, je te rassure pour le bain de sang par terre, comme j’ai bien appris mes leçons de guerre, sur ta patrie on frappera, mes soldats en batterie. Stratégiquement sur la SNCF quand, dans mes rangs, la haine s’élève pour effacer le sourire sur ses lèvres, on frappera et on fera pas de prisonniers. Que les volontaires viennent se désigner ! Y’aura plus de secours, plus de ligne de téléphone, sur les postes de police, poste et télécoms. On frappera surtout sur la capitale, sur toutes ses fonctions vitales et on fera pas dans le détail. Et on dansera sur les ruines de ces belles vitrines et, à notre passage, tu pourras compter les victimes. Barricades, barrages partout sur Paris, partout sur la ville que de la barbarie. Reçus 5 sur 5, on tient le siège d’ici au palais de justice et, pour ces briseurs de rêves, y’aura pas d’armistice dans ces zones sinistrées, appelle tes militaires pour aider les "kisdés". On frappera

[Ekoué] Toujours la main sur le cœur pour palper l’acier dans la poche intérieure de mon bombardier, on frappera même au sol pour un regard, une parole, la sanction tombe sans discuter une plombe. Pour ce genre de nègres qui, pour paraître plus intègre, se désintègre - c’est le cas de le dire - pour embrasser le cul de la patronne, plus rien ne m’étonne. Comme des merdes de chien et pour des miettes de pain, on frappera, on fera la misère pour combler soit-disant notre absence de repères, pour qu’on en vienne à des méthodes à l’ancienne, en pleine période de vache maigre pour qu’on nous lâche du blé, pour qu’on nous lèche les pieds, sous la menace d’un ou plusieurs colis suspects. La douce France couche pour de l’oseille, et partout en Afrique je ferai courir le bouche-à-oreille. On frappera, on forcera les serrures des portes blindées et cadenassées de la préfecture pour, qu’enfin, les "zinclars" en galère de papelards s’offrent le plus beau des mariages blancs, pour ne rien laisser au hasard mais tout en bazar, juste pour crever l’écran. On frappera.

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Freedom

(Rage Against The Machine/1992)

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Hexagone

Hexagone - Renaud (1980) : Ils s'embrassent au mois de Janvier, Car une nouvelle année commence, Mais depuis des éternités L'a pas tell'ment changé la France. Passent les jours et les semaines, Y a qu'le décor qui évolue, La mentalité est la même : Tous des tocards, tous des faux culs. / Ils sont pas lourds, en février, A se souvenir de Charonne, Des matraqueurs assermentés Qui fignolèrent leur besogne, La France est un pays de flics, A tous les coins d'rue y'en a 100, Pour faire règner l'ordre public Ils assassinent impunément. / Quand on exécute au mois d'mars, De l'autr' côté des Pyrénées, Un arnachiste du Pays basque, Pour lui apprendre à s'révolter, Ils crient, ils pleurent et ils s'indignent De cette immonde mise à mort, Mais ils oublient qu'la guillotine Chez nous aussi fonctionne encore. / Etre né sous l'signe de l'hexagone, C'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment, Et le roi des cons, sur son trône, J'parierai pas qu'il est all'mand. / On leur a dit, au mois d'avril, A la télé, dans les journaux, De pas se découvrir d'un fil, Que l'printemps c'était pour bientôt, Les vieux principes du seizième siècle, Et les vieilles traditions débiles, Ils les appliquent tous à la lettre, Y m'font pitié ces imbéciles. / Ils se souviennent, au mois de mai, D'un sang qui coula rouge et noir, D'une révolution manquée Qui faillit renverser l'Histoire, J'me souviens surtout d'ces moutons, Effrayés par la Liberté, S'en allant voter par millions Pour l'ordre et la sécurité. / Ils commémorent au mois de juin Un débarquement d'Normandie, Ils pensent au brave soldat ricain Qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui, Ils oublient qu'à l'abri des bombes, Les Francais criaient "Vive Pétain", Qu'ils étaient bien planqués à Londres, Qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin. / Etre né sous l'signe de l'hexagone, C'est pas la gloire, en vérité, Et le roi des cons, sur son trône, Me dites pas qu'il est portugais. / Ils font la fête au mois d'juillet, En souv'nir d'une révolution, Qui n'a jamais éliminé La misère et l'exploitation, Ils s'abreuvent de bals populaires, D'feux d'artifice et de flonflons, Ils pensent oublier dans la bière Qu'ils sont gourvernés comme des pions. / Au mois d'août c'est la liberté, Après une longue année d'usine, Ils crient : "Vive les congés payés", Ils oublient un peu la machine, En Espagne, en Grèce ou en France, Ils vont polluer toutes les plages, Et par leur unique présence, Abîmer tous les paysages. / Lorsqu'en septembre on assassine, Un peuple et une liberté, Au cœur de l'Amérique latine, Ils sont pas nombreux à gueuler, Un ambassadeur se ramène, Bras ouverts il est accueilli, Le fascisme c'est la gangrène A Santiago comme à Paris. / Etre né sous l'signe de l'hexagone, C'est vraiment pas une sinécure, Et le roi des cons, sur son trône, Il est français, ça j'en suis sûr. / Finies les vendanges en octobre, Le raisin fermente en tonneaux, Ils sont très fiers de leurs vignobles, Leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux", Ils exportent le sang de la terre Un peu partout à l'étranger, Leur pinard et leur camenbert C'est leur seule gloire à ces tarrés. / En Novembre, au salon d'l'auto, Ils vont admirer par milliers L'dernier modèle de chez Peugeot, Qu'ils pourront jamais se payer, La bagnole, la télé, l'tiercé, C'est l'opium du peuple de France, Lui supprimer c'est le tuer, C'est une drogue à accoutumance. / En décembre c'est l'apothéose, La grande bouffe et les p'tits cadeaux, Ils sont toujours aussi moroses, Mais y a d'la joie dans les ghettos, La Terre peut s'arrêter d'tourner, Ils rat'ront pas leur réveillon; Moi j'voudrais tous les voir crever, Etouffés de dinde aux marrons. / Etre né sous l'signe de l'hexagone, On peut pas dire qu'ca soit bandant Si l'roi des cons perdait son trône, Y aurait 50 millions de prétendants.

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14 août 2009

La java des bons enfants

La java des bons enfants - sur l'attentat d'Emile Henry à la fin du XIXième siècle / Guy Debord & Francis Lemonier (1973), interprété ci-dessus par Les amis d'ta femme : Dans la rue des Bons-Enfants, On vend tout au plus offrant, Y’avait un commissariat Et maintenant, il n’est plus là. / Une explosion fantastique N’en a pas laissé une brique. On crut qu’c’était Fantômas Mais c’était la lutte des classes. / Un poulet zélé vint vite Y porter une marmite Qu’était à renversement, Et la r’tourne imprudemment. / Le brigadier, l’commissaire, Mêlés au poulet vulgaire, Partent en fragments épars Qu’on ramasse sur un buvard. / Contrairement à c’qu’on croyait, Y’en avait qui en avaient. L’étonnement est profond : On peut les voir jusqu’au plafond ! / Voilà bien ce qu’il fallait Pour faire la guerre au palais. Sache que ta meilleure amie, Prolétaire, c’est la chimie ! / Les socialos n’ont rien fait Pour abréger les forfaits D’l’infamie capitaliste, Mais heureusement vient l’anarchiste. / Il n’a pas de préjugés. Les curés seront mangés. Plus d’patries, plus d’colonies, Et tout le pouvoir, il le nie. / Encore quelques beaux efforts, Et disons qu’on se fait fort De régler radicalement L’problème social en suspens. / Dans la rue des Bons-Enfants, Viande à vendre au plus offrant. L’avenir radieux prend place Et le vieux monde est à la casse.

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