Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

07 août 2009

A bas l'Etat policier

A bas l'Etat policier - Jacques Bériac / Interprétée par Dominique Grange (mai 68) : Puisque la provocation Celle qu’on n'a pas dénoncée Ce fut de nous envoyer En réponse à nos questions Vos hommes bien lunettés Bien casqués bien boucliés Bien grenadés bien soldés Nous nous sommes mis à crier / A bas l'état policier A bas l'état policier A bas l'état policier / Parce que vous avez posté Dans les cafés dans les gares Des hommes aux allures bizarres Pour ficher pour arrêter Les Krivine les Joshua Au nom de je n’sais quelle loi Et beaucoup d’autres encore Nous avons crié plus fort / A bas l'état policier A bas l'état policier A bas l'état policier / Mais ce n’était pas assez Pour venir à bout de nous Dans les facs à la rentrée Vous frappez un nouveau coup Face aux barbouzes, aux sportifs Face à ce dispositif Nous crions assis par terre Des Beaux-arts jusqu’à Nanterre / A bas l'état policier A bas l'état policier A bas l'état policier / Vous êtes reconnaissables Vous les flics du monde entier Les mêmes imperméables La même mentalité Mais nous sommes de Paris De Prague et de Mexico Et de Berlin à Tokyo Des millions à vous crier / A bas l'état policier A bas l'état policier A bas l'état policier.

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La vie s'écoule, la vie s'enfuit

La vie s'écoule, la vie s'enfuit - sur la grève générale de l'hiver 1960-61 / Raoul Vaneigem & Francis Lemonnier  (1961) : La vie s'écoule, la vie s'enfuit Les jours défilent au pas de l'ennui Parti des rouges, parti des gris Nos révolutions sont trahies / Le travail tue, le travail paie Le temps s'achète au supermarché Le temps payé ne revient plus La jeunesse meurt de temps perdu / Les yeux faits pour l'amour d'aimer Sont le reflet d'un monde d'objets. Sans rêve et sans réalité Aux images nous sommes condamnés / Les fusillés, les affamés Viennent vers nous du fond du passé Rien n'a changé mais tout commence Et va mûrir dans la violence / Brûlez, repaires de curés, Nids de marchands, de policiers Au vent qui sème la tempête Se récoltent les jours de fête / Les fusils sur nous dirigés Contre les chefs vont se retourner Plus de dirigeants, plus d'État Pour profiter de nos combats.

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Makhnovstchina

La Makhnovstchina - Anonyme (Folklore russe 1919) / Traduction de Etienne Roda-Gil en 1968 : Makhnovtchina, Makhnovtchina, Tes drapeaux sont noirs dans le vent. Ils sont noirs de notre peine, Ils sont rouges de notre sang. Ils sont noirs de notre peine, Ils sont rouges de notre sang. / Par les monts et par les plaines, Dans la neige et dans le vent, A travers toute l'Ukraine, Se levaient nos partisans / Au printemps, les traités de Lénine Ont livré l'Ukraine aux Allemands. A l'automne la Makhnovtchina Les avaient jetés au vent / Makhnovtchina, Makhnovtchina Tes drapeaux sont noirs dans le vent. Ils sont noirs de notre peine Ils sont rouges de notre sang / L'armée blanche de Déquinine Est entrée en Ukraine en chantant, Mais bientôt la Makhnovtchina L'a dispersé dans le vent. Makhnovtchina, Makhnovtchina, Armée noire de nos partisans, Qui voulaient chasser d'Ukraine A jamais tous les tyrans. Makhnovtchina, Makhnovtchina Tes drapeaux sont noirs dans le vent. Ils sont noirs de notre peine, Ils sont rouges de notre sang.

Version concert des Bérurier Noir

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Filles d'ouvriers

Filles d'ouvriers - Jules Jouy (1898) : Pâle ou vermeille, brune ou blonde, Bébé mignon, Dans les larmes ça vient au monde, Chair à guignon. Ébouriffé, suçant son pouce, Jamais lavé, Comme un vrai champignon ça pousse Chair à pavé / A quinze ans, ça rentre à l'usine, Sans éventail, Du matin au soir ça turbine, Chair à travail. Fleur des fortifs, ça s'étiole, Quand c'est girond, Dans un guet-apens, ça se viole, Chair à patron. / Jusque dans la moelle pourrie, Rien sous la dent, Alors, ça rentre "en brasserie", Chair à client. Ça tombe encore: de chute en chute, Honteuse, un soir, Pour deux francs, ça fait la culbute, Chair à trottoir. / Ça vieilli, et plus bas ça glisse... Un beau matin, Ça va s'inscrire à la police, Chair à roussin; Ou bien, "sans carte", ça travaille Dans sa maison; Alors, ça se fout sur la paille, Chair à prison. / D'un mal lent souffrant le supplice, Vieux et tremblant, Ça va geindre dans un hospice, Chair à savant. Enfin, ayant vidé la coupe. Bu tout le fiel, Quand c'est crevé, ça se découpe. Chair à scalpel. / Patrons! Tas d'Héliogabales, D'effroi saisis Quand vous tomberez sous nos balles, Chair à fusils, Pour que chaque chien sur vos trognes Pisse, à l'écart, Nous les laisserons vos charognes, Chair à Macquart!

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Les Canuts

Les Canuts - Aristide Bruand (1894) : Pour chanter "Veni Creator" Il faut avoir chasuble d'or Nous en tissons pour vous gens de l'Eglise Et nous pauvres canuts n'avons pas de chemises. / C'est nous les canuts Nous allons tout nus. / Pour gouverner il faut avoir Manteaux et rubans en sautoir Nous en tissons pour vous grands de la terre Et nous pauvres canuts sans draps on nous enterre. / Mais notre règne arrivera Quand votre règne finira Nous tisserons le linceul du vieux monde Car on entend déjà la révolte qui gronde. / C'est nous les canuts Nous n'irons plus tout nus !

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La Ravachole

La Ravachole - Sébastien Faure (1893) : Dans la grande ville de Paris, Dans la grande ville de Paris, Il y a des bourgeois bien nourris, Il y a des bourgeois bien nourris, Il y a des miséreux, Qui ont le ventre creux, Dansons la Ravachole Vive le son, vive le son, Dansons la Ravachole, Vive le son de l'explosion! / REFRAIN: Ah, ça ira, ça ira, ça ira, Tous les bourgeois goûteront de la bombe, Ah, ça ira, ça ira, ça ira, Tous les bourgeois on les sautera! / Il y a des magistrats vendus, Il y a des magistrats vendus, Il y a des financiers ventrus, Il y a les argousins, Mais pour tous ces coquins, Il y de la dynamite, Vive le son, vive le son, Il y a de la dynamite, Vive le son de l'explosion! / REFRAIN / Il y a les sénateurs gâteux, Il y a les sénateurs gâteux, Il y a les députés véreux, Il y a les députés véreux, Il y a les généraux, Assassins et bourreaux, Bouchers en uniformes, Vive le son, vive le son, Bouchers en uniformes, Vive le son de l'explosion! / REFRAIN / Il y a des hôtels des richards, Il y a des hôtels des richards, Tandis que les pauvres clochards, Tandis que les pauvres clochards, À demi morts de froids, Et soufflant dans leurs doigts, Refilent la comète, Vive le son, vive le son, Refilent la comète, Vive le son de l'explosion! / REFRAIN / Ah nom de Dieu, faut en finir, Ah nom de Dieu, faut en finir, Assez longtemps geindre et souffrir, Assez longtemps geindre et souffrir, Pas de guerre à moitié, Plus de lâche pitié! Mort à la bourgeoisie, Vive le son, vive le son, Mort à la bourgeoisie, Vive le son de l'explosion!

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Le bon dieu dans la merde

Le bon dieu dans la merde, ou La chanson du Père Duchêne - Anonyme (1892) / interprétée entre autres de nos jours par Marc Ogeret : Né en nonante-deux, Nom de dieu! Mon nom est Père Duchesne. Marat fut un soyeux, Nom de dieu! A qui lui porta haine, Sang-dieu! Je veux parler sans gêne, Nom de dieu! Je veux parler sans gêne. / Coquins, filous, peureux, Nom de dieu Vous m'appelez canaille. Dès que j'ouvre les yeux, Nom de dieu! Jusqu'au soir je travaille, Sang-dieu! Et je couche sur la paille, Nom de dieu! Et je couche sur la paille. / On nous promet les cieux, Nom de dieu? Pour toute récompense, Tandis que ces messieurs, Nom de dieu! S'arrondissent la panse, Sang-dieu! Nous crevons d'abstinence, Nom de dieu! Nous crevons d'abstinence. / Pour mériter les cieux, Nom de dieu! Voyez-vous ces bougresses, Au vicaire le moins vieux, Nom de dieu! S'en aller à confesse, Sang-dieu! Se faire peloter les fesses, Nom de dieu! Se faire peloter les fesses. / Quand ils t'appellent gueux, Nom de dieu! Sus à leur équipage, Un pied sur le moyeu, Nom de dieu! Pour venger cet outrage, Sang-dieu! Crache-leur au visage, Nom de dieu! Crache-leur au visage. / Si tu veux être heureux, Nom de dieu! Pends ton propriétaire, Coupe les curés en deux, Nom de dieu! Fous les églises par terre, Sang-dieu! Et le bon dieu dans la merde, Nom de dieu! Et le bon dieu dans la merde. / Peuple trop oublieux, Nom de dieu! Si jamais tu te lèves, Ne sois pas généreux, Nom de dieu! Patrons, bourgeois et prêtres, Sang-dieu! Méritent la lanterne, Nom de dieu! Méritent la lanterne.

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Les oiseaux de passage

Les oiseaux de passage - poème de Jean Richepin (1849-1926) / mis en chanson par Georges Brassens : [C'est une cour carrée et qui n'a rien d'étrange : Sur les flancs, l'écurie et l'étable au toit bas ; Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras. / Le bac, où les chevaux au retour viendront boire, Dans sa berge de bois est immobile et dort. Tout plaqué de soleil, le purin à l'eau noire Luit le long du fumier gras et pailleté d'or. / Loin de l'endroit humide où gît la couche grasse, Au milieu de la cour, où le crottin plus sec Riche de grains d'avoine en poussière s'entasse, La poule l'éparpille à coups d'ongle et de bec. / Plus haut, entre les deux brancards d'une charrette, Un gros coq satisfait, gavé d'aise, assoupi, Hérissé, l'œil mi-clos recouvert par la crête, Ainsi qu'une couveuse en boule est accroupi. / Des canards hébétés voguent, l'oeil en extase. On dirait des rêveurs, quand, soudain s'arrêtant, Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase Ils crèvent d'un plongeon les moires de l'étang. / Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises Montrent dans le soleil leurs écailles d'argent, Des pigeons violets aux reflets de turquoises De roucoulements sourds gonflent leur col changeant. / Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre, Fait tantôt de l'ébène et tantôt de l'émail, Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre, Semblent sur du velours des branches de corail. / Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies, Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers. Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies, Rentiers, faiseurs de lards, philistins, épiciers ?] / Ô vie heureuse des bourgeois Qu'avril bourgeonne Ou que decembre gèle, Ils sont fiers et contents / Ce pigeon est aimé, Trois jours par sa pigeonne Ça lui suffit il sait Que l'amour n'a qu'un temps / Ce dindon a toujours Béni sa destinée Et quand vient le moment De mourir il faut voir / Cette jeune oie en pleurs C'est la que je suis née Je meurs presd de ma mère Et je fais mon devoir / Elle a fait son devoir C'est a dire que Onques Elle n'eut de souhait Impossible elle n'eut / Aucun rêve de lune Aucun désir de jonque L'emportant sans rameurs Sur un fleuve inconnu / [Elle ne sentit pas lui courir sous la plume De ces grands souffles fous qu'on a dans le sommeil, pour aller voir la nuit comment le ciel s'allume Et mourir au matin sur le coeur du soleil.] / Et tous sont ainsi faits Vivre la même vie Toujours pour ces gens là Cela n'est point hideux / Ce canard n'a qu'un bec Et n'eut jamais envie Ou de n'en plus avoir Ou bien d'en avoir deux / [Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse ! Qu'ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés, Cinq pour cent ! Quel bonheur de dormir dans sa crasse, De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !] / Ils n'ont aucun besoin De baiser sur les lèvres Et loin des songes vains Loin des soucis cuisants / Possèdent pour tout coeur Un vicere sans fièvre Un coucou régulier Et garanti dix ans / Ô les gens bien heureux Tout à coup dans l'espace Si haut qu'ils semblent aller Lentement un grand vol / En forme de triangle Arrivent planent, et passent Où vont ils? ... qui sont-ils ? Comme ils sont loins du sol / [Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte Qui brise les soupirs de leur col redressé, Et sautent dans le vide avec une culbute. Les dindons d'une voix tremblotante ont gloussé. / Les poules picorant ont relevé la tête. Le coq, droit sur l'ergot, les deux ailes pendant, Clignant de l'œil en l'air et secouant la crête, Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident. / Qu'est-ce que vous avez, bourgeois ? soyez donc calmes. Pourquoi les appeler, sot ? Ils n'entendront pas. Et d'ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes, Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?] / Regardez les passer, eux Ce sont les sauvages Ils vont où leur desir Le veut par dessus monts / Et bois, et mers, et vents Et loin des esclavages L'air qu'ils boivent Ferait éclater vos poumons / Regardez les avant D'atteindre sa chimère Plus d'un l'aile rompue Et du sang plein les yeux / Mourra. Ces pauvres gens Ont aussi femme et mère Et savent les aimer Aussi bien que vous, mieux / Pour choyer cette femme Et nourrir cette mère Ils pouvaient devenir Volailles comme vous / Mais ils sont avant tout Des fils de la chimère Des asoiffés d'azur Des poètes des fous / [Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu'importe ! Là-haut chante pour eux un mystère profond. A l'haleine du vent inconnu qui les porte Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont. / La bise contre leur poitrail siffle avec rage. L'averse les inonde et pèse sur leur dos. Eux, dévorent l'abîme et chevauchent l'orage. Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds. / Ils vont, par l'étendue ample, rois de l'espace. Là-bas, ils trouveront de l'amour, du nouveau. Là-bas, un bon soleil chauffera leur carcasse Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau. / Là-bas, c'est le pays de l'étrange et du rêve, C'est l'horizon perdu par delà les sommets, C'est le bleu paradis, c'est la lointaine grève Où votre espoir banal n'abordera jamais.] / Regardez les vieux coqs Jeune Oie édifiante Rien de vous ne pourra Monter aussi haut qu'eux (2x) / Et le peu qui viendra d'eux à vous C'est leur fiante Les bourgeois sont troublés De voir passer les gueux.

L'italique et les crochets siganlent que ces parties du poème original de Richepin n'ont pas été retenues par Brassens pour la mise en chanson.

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Elle n'est pas morte

Elle n'est pas morte - Eugène Pottier (1886) : On l'a tuée à coups de chass'pots, A coups de mitrailleuses, Et roulée avec son drapeau Dans la terre argileuse. Et la tourbe des bourreaux gras Se croyait la plus forte. / Tout ça n'empêch' pas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / Comme faucheurs rasant un pré, Comme on abat des pommes, Les Versaillais ont massacré Pour le moins cent mille hommes. Et les cent mille assasinats Voyez c'que ça rapporte. / Tout ça n'empêch' pas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / On a bien fusillé Varlin, Flourens, Duval, Millière, Ferré, Rigault, Toni Moilin, Gavé le cimetière. On croyait lui couper les bras Et lui vider l'aorte. / Tout ça n'empêch' pas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / Ils ont fait acte de bandits Comptant sur le silence, Ach'vé les blessés dans leurs lits, Dans leurs lits d'ambulance. Et le sang inondant les draps Ruisselait sous la porte. / Tout ça n'empêch' pas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / Les journalistes policiers Marchands de calomnies, Ont répandu sur nos charniers Leurs flots d'ignominie. Les Maxim' Ducamps, les Dumas, Ont vomi leur eau-forte. / Tout ça n'empêch' pas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / C'est la hache de Damoclès Qui plane sur leurs têtes. A l'enterrement de Vallès Ils en étaient tout bêtes. Fait qu'on était un fier tas A lui servir d'escorte ! / Ce qui prouve en tout cas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / Bref, tout ça prouve aux combattants Qu'Marianne a la peau brune, Du chien dans l'ventre, et qu'il est temps D'crier "Vive la Commune !" Et ça prouve à tous les Judas Qu'si ça marche de la sorte, Ils sentiront dans peu, nom de dieu ! Qu'la Commune n'est pas morte !

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Le Père la Purge

Le Père la Purge - Constant Marie (1880-90) : Je suis le vieux père La Purge Pharmacien de l'humanité ; Contre sa bile je m'insurge Avec ma fille Egalité / REFRAIN : J'ai tout ce qu'il faut dans ma boutique Sans le tonnerre et les éclairs Pour bien purger toute la clique Des affameurs de l'univers / Son mal vient des capitalistes Plus ou moins gras, à la ronger. En avant les gars anarchistes, Fils de Marat, faut la purger. / J'ai du pétrole et de l'essence Pour badigeonner les châteaux ; Des torches pour la circonstances A mettre en guise de flambeaux. / J'ai du picrate de potasse, Du souffre et du chlore en tonneaux Pour assainir partout où passent Les empoisonneurs de cerveaux. / J'ai des pavés et de la poudre, De la dynamite à foison Qui rivalisent avec la foudre Pour débarbouiller l'horizon. / J'ai poudre verte et mélinite, De fameux produits, mes enfants, Pour nous débarrasser au plus vite De ces mangeurs de pauvres gens. / J'ai pour les gavés de la table La bombe glacée à servir Du haut d'un ballon dirigeable Par les toits, pour les rafraîchir. / Voleuse et traître bourgeoisie, Prêtres et bandits couronnés, Il faut que d'Europe en Asie Vous soyez tous assaisonnés ! / REFRAIN : J'ai tout ce qu'il faut dans ma boutique Sans le tonnerre et les éclairs Pour bien purger toute la clique Des affameurs de l'univers.

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