Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

30 octobre 2018

Bure - 10 novembre : Appel à organiser les premiers "Bals des malfaiteurs" partout !

Bure - 10 novembre : Appel à organiser les premiers "Bals des malfaiteurs" partout !

À DIFFUSER PARTOUT ! Un appel à actions décentralisées samedi 10 novembre (lire ci-dessous), pour commencer à reprendre la main et faire corps partout contre la répression délirante qui s'est installée à Bure, quelques jours avant une audience en Cassation autour des contrôles judiciaires de l'association de malfaiteurs ! Retrouvons nous tous-tes le samedi 10 novembre pour des premiers bals des malfaiteurs sur les places et/ou devant les tribunaux !


À diffuser également :

- "Bure : malfaiteurs ? Alors j'en suis!" : un premier texte d'analyse et d'explication de l'association de malfaiteurs
- "Nous ne serons pas les prochain-e-s !" : un appel à ne plus courber l'échine, partout en France et ailleurs, face aux stratégies de criminalisation et de paralysation des résistances



Nous avons clamé que nous ne serions pas les prochain.es  à subir la répression, à Bure comme ailleurs. Il est temps maintenant pour nous de reprendre la main et de nous retrouver dans la rue. En fin de journée du 10 novembre, au cœur de l’automne d’une année cousue et décousue par l’infernal tandem macronien de la concertation et de la répression, nous proposons de faire émerger et rejoindre les premiers bals des malfaiteurs. Esquissons ensemble ce premier pas de danse, et gageons qu’il y en aura d’autres !

Ce samedi 10 novembre, nous voulons en faire un temps fort, partout en France et ailleurs, pour se ressaisir d’une longue séquence répressive qui dure depuis plusieurs mois à Bure et qui se cristallisera quelques jours après : le 13 novembre, avec le délibéré de l’ubuesque et scandaleux procès du 16 octobre qui sera rendu par le Tribunal de Bar-le-Duc ; et surtout, le 14 novembre, avec une audience décisive à la Cour de Cassation pour exiger la levée des contrôles judiciaires de 5 personnes mises en examen pour « l’association de malfaiteurs » à Bure.

Un « contrôle judiciaire » ce sont des mesures créées en 1970 dans le droit français, pour qu’un juge puisse mieux garder la main sur des personnes suspectées. À Bure depuis leur mise en examen ou sous statut de témoin assisté dans l’instruction pour « association de malfaiteurs » en juin 2018, dix personnes – ami-e-s, camarades de lutte, membres d’associations – sont bannies de différentes portions du territoire meusien ou haut-marnais, pour certain.e.s interdites de sortir de France et... tout bonnement interdit-e-s de se voir et se parler ! Pour plusieurs années, tant que durera l’instruction. Le motif avancé ? Éviter qu’elles puissent harmoniser leurs versions des faits reprochés. La justice s’arroge donc le pouvoir de ruiner une relation entière pour éviter une petite discussion suspecte. Elle tue des amitiés pour contrôler un procès.

Calculer chaque déplacement et chaque rencontre, mettre en place des « gardes alternées » absurdes à chaque réunion, raser les murs la boule au ventre pour éviter de croiser une personne qu’on aime et ne pas nourrir les fantasmes policiers de la « cellule Bure », s’isoler en croyant se protéger… Peut-on imaginer plus perverse prison à ciel ouvert ? Utilisés de manière presque systématique à Bure dans d’autres procès contre les opposant.es, ces contrôles judiciaires sont un scandale absolu et le silence qui les entoure pour l’instant ne le rend pas moins assourdissant !

Alors, pour le 10 novembre, l’idée est simple : brisons le cercle vicieux de l’isolement imposé par la répression pour reformer celui de nos solidarités aimantes et joyeuses !

- Donnons-nous rendez-vous devant les tribunaux et les places de nos villes, les bras emplis de vin chaud, infusions brûlantes, chocolat et autres victuailles.
- Déployons des banderoles affirmant que si association de malfaiteurs il y a, alors « nous sommes tou.tes des malfaiteurs ! ».
- Exigeons, d’une manière ou d’une autre, la levée des contrôles judiciaires scandaleux qui – à Bure comme ailleurs – nous empêchent de parler à nos ami-e-s, les prendre dans nos bras, vivre dans les lieux que l’on aime.
- Apportons, bien sûr, de quoi partager les infos sur ce qui se passe à Bure et partout ailleurs, car le laboratoire d’expérimentations répressives qui s’y installe concerne toutes les tentatives actuelles et futures de s’opposer à l’avancée vers le gouffre.

Avec de la musique, des banderoles et des chants, c’est toujours mieux : appel à l’inventivité de tou-te-s les malfaiteur-euse-s qui ont envie de prendre part à la danse ! Nous luttons en réseaux, ils traquent nos cercles pas si concentriques, alors rythmons la cadence. Arpentons les rues, lançons une année de farandoles de bals et de rassemblements !

Et pour ne pas passer la soirée dans le froid, à contempler les portes closes des tribunaux, lorsque nous aurons remballé thermos et infokiosques, continuons la nuit ! Que nous soyons plutôt techno ou plutôt fest-noz, sound-system ou crincrin, accueillons la fête dans nos lieux de réunions, cafés associatifs, squats, ou même dans nos salons.

Le gouvernement coud nos vies dans un canevas judiciaire qu’il nomme : association de malfaiteurs. Malfaiteur-euse-s que nous sommes reprenons les fils de nos histoires et tissons nos récits…

« On raconte qu’un jour, au Royaume d’Atome, furent graines de révolte jetées au vent. Et qui de se percher au faît des arbres pour y narguer gens d’armes, qui de s’enchaisner devers les machines aux dents longues, qui de parer maints repas et de chanter biaus chants pour donner joye et coeur à toute la compagnie.

Tant et si bien cez chouettes hibous firent la nique au Roy et au sien Procurateur, que cestui-là eut tost fait de leur envoyer son armée portant haut l’escu et la gazeuse, tandis que cestui-ci les mandoit devant son tribunal et lor parloit ainsi :

– Ah ! ne cesserez-vous point de maufaire ? dit le Procurateur. Faudra-t-il que je vous mette en geôle ?

– Gardez donc, rirent-ielles, vos geôles pour celleux qui les ont construites ! Si c’est malfaire que de s’aimer et d’aimer la forest, si c’est malfaire que d’être pour icelle que vous estrillez de vos machines rempart ou pavoi, alors, si fait, malfaiteurs sommes !

On conte alors qu’en tout le Royaume leur réponse fit si grand bruit qu’aux vespres venues chacune et chacun s’assemblèrent. Il y avoit là tant de jouvencels que de vieillards, et tant fameux noceurs que graves philosophes, et tous disoient à part eux : « si malfaiteurs sont, alors certes le sommes aussi ! ». Les sorcières mesmes, que le vil mépris des hommes avoit tenu au dehors des cités, étoient venues pour dire : « malfaiteuses avons toujours été dans vos bouches : l’heure est-elle enfin venue de le clamer ensemble en nos danses et nos chants ? »

Ainsi prit corps, dit-on, par un soir de novembre, le premier bal des malfaiteurs. Puis il y en eut d’autres. Et d’autres encore. Et encore. »

Le 10 novembre, devant les tribunaux et/ou les places à 17h et ensuite dans nos lieux de fêtes, sortons de l’atomisation et reprenons part à la danse ! Et continuons le début dans les semaines et les mois à venir en organisant, partout, boums, fêtes, bals, déambulations : une farandole !

Envoyez les informations précises sur vos rassemblements à l’adresse :
baldesmalfaiteurspartout@riseup.net !
Et n’hésitez pas à envoyer textes et photos le lendemain ou les jours suivants !

Infos et contacts :
Site : noussommestousdesmalfaiteurs@riseup.net
Blog : https://noussommestousdesmalfaiteurs.noblogs.org
Liste : noussommestousdesmalfaiteurs@lists.riseup.net

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06 août 2018

Semaine intergalactique sur la ZAD

ZAD semaine intergalactique

Semaine intergalactique sur la ZAD

du 27 août au 02 septembre 2018

(plus d'informations sur : Marseille Info Autonomes)

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24 juillet 2018

Appel à soutien

APPEL à SOUTIEN !

LA BORIE SERA EXPULSABLE À LA FIN DE L'ÉTÉ !


Berceau d'une lutte mémorable dans les Cévennes contre un grand projet de barrage dans les années 80, ce lieu d'habitation et d'expériences politiques et humaines diverses est occupé depuis une trentaine d'années. Cet endroit, de nature préservée, à la biodiversité fourmillante, tenu et entretenu depuis toutes ces années par des personnes aux histoires éclectiques, à l'encontre des tentatives de réappropriation municipales ou privées, risque d'être expulsé !

Un jugement lourd est tombé - confirmant notre opinion sur l'infect visage de l'institution judiciaire - et les possibilités de recours sont très minces. Le jugement annonce l'obligation à quitter les lieux au 14 août et à partir de cette date une astreinte de 700 euros par jour pour les 3 personnes assignées et une intervention des forces de l'ordre possible à partir du 14 septembre. La manière dont le jugement est rédigé implique que nous n'avons très peu de certitudes d'obtenir des délais supplémentaires, malgré les tentatives de recours que nous allons effectuer. Nous considérons qu'il faut donc prendre en compte cette décision au pied de la lettre, et se préparer à son exécution dans ces termes, au vu du contexte exécrable et des comportements va-t-en-guerre des personnes de pouvoir, dans notre commune, comme ailleurs.

Nous avons décidé de nous opposer à cette expulsion et nous souhaitons garder ce lieu ouvert et continuer à vivre ici le plus longtemps possible. Nous devons également faire face à des réactions menaçantes de certain-es habitant-es du coin plutôt réactionnaires (insultes, menaces de représailles physiques et de destruction, saccage d'un vehicule, coups de feu en pleine nuit, agressions physiques).

C'est pourquoi, certain-es habitant-es de la Borie au quotidien ou par intermittence, nous lançons un appel urgent à différents types de soutien :

1 - En venant passer les prochains mois (ou plus) à la Borie pour préparer la résistance à l'expulsion en discutant, proposant, vivant, ou en construisant des choses avec nous, pour envisager comment faire barrage à l'arsenal repressif.

La Borie étant aussi depuis longtemps un lieu de réflexions et de pratiques de résistance à la psychiatrisation de nos existences, nous avons fait le choix d'etre un espace d'accueil et de soin, plutot que de tout miser sur la « valeur travail » et le productivisme. Aujourd'hui, sur nos souffrances et galères quotidiennes déjà complexes, se rajoute cette décision extrêmement sévère qui nous laisse très peu de temps pour nous retourner. Les personnes motivées et encourageantes sont donc les bienvenues.

Nous souhaitons que cette période puisse permettre d'élaborer des stratégies communes en accord avec les valeurs que nous portons, pour que cette bataille soit déterminée, féministe, queer, anti-coloniale, anti-capitaliste,... et qu'elle soit en résistance aux comportements racistes, sexistes, psychophobes ou validistes... donc respectueuse des réalités de chacun-e. En effet, il est indispensable que nous soyons nombreux-ses pour atténuer cette pression mais nous ne laisserons pas cette lutte devenir un étalage de virilisme guerrier où les personnes qui se sentent dans des capacités et envies différentes se sentiraient exclues ou dévalorisées. Nous aimerions que cet été puisse permettre aussi aux personnes qui le souhaitent de vivre des moments de partage sur tous les outils d'auto-défense existant face à cet état policier, et que les différentes luttes puissent trouver un écho et un espace d'expression. Nous vous accueillerons à bras ouverts, et en autogestion : beaucoup de choses seront à construire, si nous sommes aussi nombreux-ses que nous l'espérons.

2 - En nous rejoignant lors des Assemblées Generales des Luttes. La première étant à Saint-Jean-du-Gard, au parc derrière l'Aquarium (le Bois des Plumes), le 7 juillet vers midi, pour un pique-nique partagé avant de discuter à 14h. Pour évoquer non seulement les résistances face au projet d'expulsion de La Borie, mais aussi les contestations concernant l'ensemble des opérations de chasse aux pauvres, aux habitats précaires, à la gentrification touristique de nos communes, etc. L'atmosphère de guerre sociale nous étouffe, parlons-en, et organisons-nous !

3 - En organisant, là où vous êtes, des évènements de soutien (concerts, cantines, actions, et autres) afin de faire du bruit autour d'un très vieux squat qui pourrait sentir sa fin venir, et éventuellement faire aussi des sous pour les frais de justice déjà élevés. Nous pensons pouvoir évaluer les frais d'ici peu en fonction des recours potentiels. Car, non seulement on se fait dégager mais en plus il va falloir raquer.

Nous proposons d'ores et déjà le 14 août, pour une autre Assemblée Générale des Luttes, suivie d'un concert de soutien à La Borie. Pour toutes celles et ceux qui ne peuvent pas venir (individus, collectifs, réseaux...) l'idée est d'organiser localement un évènement de soutien ce même jour, ayant pour objectif de diffuser de l'information sur la situation, ainsi que de collecter des sous pour assurer notre défense. Cette date correspond à la fin du délai de 2 mois qui nous a été accordé avant de devoir quitter les lieux... un délai dérisoire au regard des trente années d'occupation des lieux !!

Et le 15 août, nous manifesterons dans les rues de St-Jean-du-Gard, pour faire entendre notre détermination à vivre sur les terres de La Borie, et plus largement à résister à toutes les logiques d'appropriation du vivant.

Entravons les velléités politiques des municipalités visant à nettoyer au karcher les zones habitées, à des fins touristiques, pour vendre aux visiteur-euses high standing des régions muséifiées sans pauvres ni crasseux-ses, sans constructions précaires, ou qui spéculent sur la vente des terres à de gros propriétaires déjà nantis.

4 - En faisant tourner l'info que nous cherchons des lieux de repli dans le coin ou plus loin pour nos affaires, nous-mêmes, nos casseroles et nos valeurs...

5 - En proposant ou en venant aussi passer des moments de joie et de partages comme des concerts, des ateliers, des chantiers, des fêtes, etc.

Ce message peut être diffusé de manière large, et plus particulièrement dans les réseaux d'ami-es, de militant-es, de sympathisant-es, sur les listes mails et réseaux anti-autoritaires, autonomes, féministes...

Pour nous contacter : nonauxexpulsionslaborie@riseup.net
La Borie en luttes : https://laborie.noblogs.org/

Si vous voulez venir ou organiser un truc ici et que vous connaissez pas bien l'endroit, écrivez-nous ! On pourra vous donner un peu plus de précisions sur comment venir, sur les différents espaces (certains sont des habitations, d'autres des cultures, certains sont tranquilles, d'autres plus collectifs, etc.). C'est plutôt cool de venir ici sans animaux de compagnie (y en a déjà plusieurs et ça peut faire trop pour certains-es). Les comportements relous, sexistes, racistes, homophobes, etc. ne sont pas les bienvenus.

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25 juin 2018

ZAD EnVies

Zad envies

Zad EnVies

du 7 au 15 juillet 2018

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24 mai 2018

Communiqué du groupe presse de la ZAD

Les mensonges de la gendarmerie sur les circonstances du tir de grenade qui a mutilé Maxime

 

Alors que l'opération de gendarmerie en cours sur la zad venait de commettre une faute aussi dramatique que prévisible, le premier réflexe du parquet comme du ministère de l'intérieur a été de dégainer au plus vite dans les médias le récit adéquat dans le but de couvrir les faits, se justifier de la mutilation de Maxime et tenter de neutraliser les réactions. M. Collomb ou le procureur général s'y sont employés immédiatement de la manière la plus affirmative possible, sans la moindre décence ni le moindre regret. C'est l'usage. Au-delà des considérations générales sur la brutalité de l'opération policière en cours, de la dangerosité avérée des grenades explosives et de leur usage immodéré sur la zad ces dernières semaines, nous avons souhaité pour notre part attendre d'avoir pu croiser différents témoignages avant d'être aussi affirmatifs sur les faits.

Il nous apparaît aujourd'hui que la version gouvernementale selon laquelle les gendarmes auraient lancé des grenades pour se dégager en urgence d'un groupe d'une cinquantaine de manifestants les attaquant avec des cocktails molotov est une fiction. Les communiquants de la gendarmerie pouvaient aisément le vérifier : chacune des interventions des gendarmes sur la zone a été filmée par leurs services. D'après les témoignages que nous avons recueillis, le drame est au contraire intervenu dans un moment décrit comme calme où quelques dizaines de personnes faisaient face de manière statique depuis environ 45 minutes aux gendarmes mobiles. Ceci alors que le déblaiement d'habitats de la Chateigne était en cours derrière la ligne policière. Les gendarmes étaient alors très nombreux face à un groupe réduit de manifestants. Un effectif de gendarmes mobiles, en embuscade, est alors sorti à l'improviste de la forêt. Ils ont chargé les manifestants pour le dégager du champs et susciter un mouvement de panique. Cette charge subite a effectivement causé une fuite immédiate des personnes présentes, en direction de l'unique et étroit passage de sortie au bout du champs. C'est à ce moment là qu'une série de grenades a été lancée sur quelques personnes à la queue du groupe tentant d'échapper à la charge. Après l'explosion, plusieurs personnes se sont retournées et ont vu la victime, debout, dos aux gendarmes, se tenant le poignet droit avec la main gauche. Celle-ci a ensuite été plaquée au sol et tirée plusieurs mètres plus loin. Les témoins disent avoir vu les gendarmes "nettoyer" autour de la victime, enlever les morceaux de chair et mettre de la terre sur les traces de sang.

Ce qui ressort de l'ensemble des témoignages est clair : contrairement à ce qu'ils affirment, les gendarmes ne sont pas intervenus avec des grenades explosives pour se dégager d'un groupe d'assaillants et se sortir d'une situation de danger grave, mais bien pour disperser des manifestants statiques et en sous-nombre d'un champs. Ceci n'a d'ailleurs malheureusement rien d'inhabituel dans cette opération policière. Au cours des dernières semaines, chacun aura pu témoigner que les grenades GLI-F4, entre autres armes mutilantes, ont été utilisées à de multiples reprises comme simple outil de dispersion et de terreur, et non pour faire face à des attaques réelles d'opposants. Soulignons en passant que du côté même des gendarmes, les seules blessures graves dans leurs rangs - à l'automne 2012 comme lors de cette nouvelle vague d'expulsion - ont été causées par un mauvais usage et l'explosion de leurs propres grenades.

Nous appelons à réagir partout pour dénoncer les mutilations causées par les armes de la police et la brutalité de l'opération toujours en cours sur la zad.

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Pour Maxime

Pour Maxime, mutilé sur la ZAD le 22 mai 2018

Lettre de Robin, mutilé à Bure le 15 août 2017

Robin est un jeune père de famille blessé grièvement à Bure en Août dernier par une grenade explosive GLI-F4. Il nous a fait parvenir une lettre qu’il a transmis à Maxime, dont la main a été arrachée par une grenade explosive GLI-F4 hier sur la ZAD. "Il est tombé près de 4000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les gendarmes mobile". Elles avaient déjà fait plusieurs centaines de blessés depuis le début de l’opération.

Explosion grenade à la ZAD 2018


"Mettre des mots sur l’horreur. Ne pas céder à la résignation. Au terrorisme d’État. Malgré le stylo qui tremble, écrire. Témoigner. Ne pas se laisser écraser par le concert d’opérations sémantiques, de propagande préventive et de censure qui cherche à nous couper de notre empathie et de la révolte qu’elle devrait spontanément engendrer.

Maxime vient de perdre sa main. Sa main droite. Pour toujours. Il rejoint bien plus gravement encore, l’enfer que j’ai vécu durant 9 mois. Le 15 août 2017, à Bure, l’explosion d’une grenade GLI-F4 tirée par les gendarmes mobiles creusait mon pied gauche sur un diamètre de 13cm et jusqu’à 3cm de profondeur arrachant peau, veines, nerfs, muscles et pulvérisant les os. C’était pendant une manifestation contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs à 500m de profondeur. Il y a eu 30 blessés dont 4 graves.

Contrairement à ce que leur nom indique, les grenades GLI-F4 contiennent de la TNT et explosent ! Leurs déflagrations font 1m de diamètre et peuvent tuer si elles touchent une partie vitale. Les appellations de « lacrymogènes » ou d’« assourdissantes » que la préfecture et les ministres leur donnent dans les médias servent à masquer la vérité à leur sujet : CE SONT DES ARMES DE GUERRE !

L’État utilise des armes de guerre pour terrasser le peuple. Dans le cas présent, les conséquences sont bien pires qu’un tir à balle réelle.

Déjà, à l’époque, j’avais alerté sur les dangers des grenades explosives en organisant une manifestation pour exiger leur interdiction mais les grandes chaînes ont cantonné l’information à la région Lorraine. La majorité des français ignore encore la vérité sur ce sujet. Il est tombé près de 4000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les gendarmes mobiles. Provoquant des centaines et des centaines de blessés notamment à cause des éclats de métal qu’elles projettent. Où est la violence ?

Maxime est actuellement à l’hôpital.

Outre les intenses douleurs et le fort traumatisme qui le suivront nuit et jour, il devra désormais supporter ce handicap inimaginable : vivre avec une seule main. Cette main, que l’explosion lui a arraché sur le coup, l’État lui a volé pour prix de son combat, pour prix de notre combat. Dans les dernières décennies, la militarisation du maintien de l’ordre a fait couler trop de sang.

Combien d’éborgnés ? Combien de mutilés ? Combien de vies déchirées par l’utilisation criminelle des flashballs et des grenades explosives ? La violence de l’État pour mater toute résistance est extrême. Elle cherche à nous terroriser, à nous acculer à la résignation. Face à cela, la solidarité est notre arme et jamais la peur ne doit nous arrêter.

Proches, moins proches et tous ceux qui croiseront la route de Maxime, prenez soin de lui ! Tenez bon ! Il y a mille et une manières de lui apporter ce qui lui permettra de vivre. Écoutez-le, cherchez, trouvez !

La vie continue, le combat pour elle aussi. Maxime tiens bon !"

Source : Nantes Révoltée

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20 mai 2018

Territoires en bataille n°1

errekaleor-page001-5a4edTerritoires en bataille n°1 : Errekaleor, le plus grand squat du Pays Basque, par le collectif mauvaise troupe.

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05 mai 2018

Lâche l'Appel, prends la pioche

Lâche l’Appel, prends la pioche
Publié le 5 mai 2018 | Maj le 4 mai
ZAD | rassemblement
Critique anti-autoritaire sur la ZAD de NDDL et appel à rassemblement les 12 et 13 mai.

Compagnon.ne.s, copa.in.e.s, compas, complices, camarades, c’est le moment de faire face aux forces armées de l’état capitaliste, aux tenant.e.s de la régularisation et aux gouvernances auto-proclamées de l’intérieur. Partout nous subissons leur domination et leur dédain. Partout nous luttons pour qu’ielles ne dirigent pas nos vies.

Le 14 mai 2018 a été fixé par l’état comme date limite pour les occupant.e.s « illégaux.ales » ne souhaitant pas se régulariser pour quitter les lieux… Cela pose la question de ce qu’est une occupant.e « illégal.le » ? Et quels sont ces « lieux » ? Et vers où ces personnes sont censées aller ? La « zone » deviendrait elle un territoire d’accès contrôlé ? Qui y aura accès ? Qui donnera les autorisations ? Sur quelles bases ? Dans quelles limites géographiques ? Que cela implique t’il comme mesures de contrôle social ? Qu’adviendra t’il des personnes jugées « illégales » ?

Une partie du mouvement contre l’aéroport et pour son monde a imposé sa vision au reste des occupant.e.s : si on est gentil.le, si on signe, si on barricade pas les boulevards de flics, si on acquiesce aux ordres de la police zadionale et de ses zadiocrates, l’état nous laissera tranquille…

Après avoir vendu à prix libre la route des chicanes (RD281) et imposer par la force la destruction de Lama Fâché, le dépôt de fiches (non communiquées auparavant à l’ensemble du mouvement ni à l’ensemble des occupant.e.s) a été fait malgré les désaccords profonds sur cette stratégie grâce à une campagne de lobbying dans l’urgence (avec en arrière plan les risques réels de sanctions physiques en mode « coffre et coups de pression »).

Depuis des années déjà, les coups de forces et les prises de pouvoir gangrènent la vie sur la Zad. Longtemps, les anti-autoritaires ont rongé leur frein pour ne pas compromettre la lutte contre l’aéroport. Aujourd’hui, le temps n’est plus à la compromission avec les franges « capitalist-friendly » ou hiérarchiques. L’aéroport est mort, vive les luttes !

Depuis la Zad, nous nous organisons pour lutter contre toutes les dominations et contre toutes les hiérarchies. Parce que nous ne tolérons pas que la Zad soit appropriée par des groupes qui imposent leurs vues à tou.te.s, s’approprient les moyens de production et cadenassent les organes de décisions politiques. Parce que la Zad est à tou.te.s, qu’elle se maintien grâce aux solidarité de tou.te.s, nous refusons sa gentrification.

Nous invitons tou.te.s les anti-autoritaires, les rebelles, les insurgé.e.s, les autonomes, les non-enfiché.e.s, les minorisé.e.s, les marginal.e.s, les cas sociaux, les loosers, les galèrien.ne.s, les schlags à se retrouver sur la Zad de Notre Dame des Landes les 12 et 13 mai 2018 (si tu veux venir avant, welcome) pour organiser de façon horizontale les ripostes les plus imprévisibles aux attaques autoritaires, étatiques et capitalistes.

La peur n’évite pas le danger.
Nous sommes résolu.e.s à ne pas céder sous les menaces d’où qu’elles viennent. Évidemment tout est autogéré et nos résistances seront ce que nous en feront.
Venez avec vos idées, vos analyses, vos points de vue, vos divergences, vos ateliers, votre matos, vos cagoules…

Soyons incontrôlables.

PS : Les comportements sexistes, validistes, homophobes, et généralement tous les comportements « relous » et oppressifs n’ont rien à faire de ce coté de la barricade ; ils sont les instruments de nos oppressions !

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25 avril 2018

Manif en soutien à la ZAD et aux lentillères

Manif 28 avril 2018 soutien zad et lentillères

Manif en soutien à la ZAD et aux lentillères

samedi 28 avril 2018 à 14h30 place Bareuzai à Dijon

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24 avril 2018

Résolus de tout recommencer

« Résolus de tout recommencer »

Un joli hommage de Raoul Vaneigem à ce que représente la Zad. À 84 printemps, le situationniste historique, auteur du « Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes genérations » est toujours aussi printanier, attentif tant à l'usage qu'aux jeunes générations. Viva la résolution !

« Ce qui se passe à Notre Dame des Landes illustre un conflit qui concerne le monde entier. Il met aux prises, d’une part, les puissances financières résolues à transformer en marchandise les ressources du vivant et de la nature et, d’autre part, la volonté de vivre qui anime des millions d’êtres dont l’existence est précarisée de plus en plus par le totalitarisme du profit. Là où l’État et les multinationales qui le commanditent avaient juré d’imposer leurs nuisances, au mépris des populations et de leur environnement, ils se sont heurtés à une résistance dont l’obstination, dans le cas de ND des Landes, a fait plier le pouvoir. La résistance n’a pas seulement démontré que l’État, "le plus froid des monstres froids", n’était pas invincible – comme le croit, en sa raideur de cadavre, le technocrate qui le représente – elle a fait apparaître qu’une vie nouvelle était possible, à l’encontre de tant d’existences étriquées par l’aliénation du travail et les calculs de rentabilité. Une société expérimentant les richesses de la solidarité, de l’imagination, de la créativité, de l’agriculture renaturée, une société en voie d’autosuffisance, qui a bâti boulangerie, brasserie, centre de maraîchage, bergerie, fromagerie. Qui a bâti surtout la joie de prendre en assemblées autogérées des décisions propres à améliorer le sort de chacun.
C’est une expérience, c’est un tâtonnement, avec des erreurs et ses corrections. C’est un lieu de vie. Que reste-t-il de sentiment humain chez ceux qui envoient flics et bulldozer pour le détruire, pour l’écraser ? Quelle menace la Terre libre de ND des Landes fait-elle planer sur l’État ? Aucune; si ce n’est pour quelques rouages politiques que fait tourner la roue des grandes fortunes. La vraie menace est celle qu’une société véritablement humaine fait peser sur la société dominante, éminemment dominée par la dictature de l’argent, par la cupidité, le culte de la marchandise et la servitude volontaire.
C’est un pari sur le monde qui se joue à ND des Landes. Ou la tristesse hargneuse des résignés et de leurs maîtres, aussi piteux, l’emportera par inertie ; ou le souffle toujours renaissant de nos aspirations humaines balaiera la barbarie. Quelle que soit l’issue, nous savons que le parti pris de la vie renaît toujours de ses cendres. La conscience humaine s’ensommeille mais ne s’endort jamais. Nous sommes résolus de tout recommencer. »


Raoul Vaneigem, 23 avril 2018

(à voir aussi sur La lettre à Lulu)

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