Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

04 décembre 2019

Cuisine ripaille et soûlographie en littérature

Par jupiter, j'estime fortement les festins exquis dans les chambres bien closes. J'ai manqué ma vocation, j'étais né pour être sensuel. Le plus grand des sages est Philoxénès qui souhaita d'avoir un cou de grue pour goûter plus longuement les plaisirs de la table.

L'homme qui rit, Victor Hugo (1869)

Corne d'abondance02

Pour fêter l'événement, le roi, malgré son humilité, offre aux frères un bon repas dans le réfectoire qu'il partage avec eux. Au menu, des cerises et du pain très blanc, et les Français, selon leur coutume, arrosent abondamment le repas de vin et forcent les frères réticents à boire avec eux. Puis, ce sont des fèves fraîches cuites dans du lait, des poissons et des écrevisses, des pâtés d'anguille, du riz avec du lait d'amande et de la poudre de cinnamone, des anguilles rôties avec un excellent assaisonnement, des tourtes, des fromages et des fruits en abondance. Et tout cela servi avec courtoisie et empressement. Ils ont fait maigre, mais ce fut bombance. Le repas a été, malgré tout, royal.

Saint-Louis, Jacques Le Goff (1996)
d'après une chronique en latin de Salimbene de Parme, franciscain italien (1221-1288)

Corne d'abondance02

Autant que l'amour, en effet, la Cuisine demande un linge princier. Elle se harnache de dentelles. Trousseau de madone ou d'archiduchesse, la parure qui l'accompagne ne doit pas être inférieure à l'intrinsèque de sa beauté.

Laurent Tailhade*

[...]

 Il est des mets succulents qu'une mode irraisonnée délaisse et qu'une propagande justifiée va tirer de l'oubli.

Edouard Nignon*

*L'heptamérone des gourmets, ou les délices de la cuisine française, (1919)

Corne d'abondance02

Je mis fin à son laïus et lui dis que ce soir mon maître voulait lire certains livres dans sa cellule et désirait aussi y prendre son repas.
"M'en occupe, dit-il, j'y fais l'angelot en palette.
- Comment c'est ?
- Facilis. Tu prends de l'angelot pas trop vieux, ni trop salé et coupé en tranches minces, en bouchées carrées ou sicut te plaît. Et postea tu mettras un doigt de beurre ou de saindoux frais à réchauffer sobre la braisia. Et dedans vamos à déposer deux tranches d'angelot, et comme il te semble tendre, sucrum et cannelle supra positurum du bis. Et sers tout de suite in tabula, car il faut le manger todo chaud.
- Va pour l'angelot en palette", lui dis-je. Et il disparut vers les cuisines, en me disant de l'attendre. Il revint une demi-heure après, avec un plat recouvert d'un linge. L'odeur était bonne.

[...]

Le repas pour la légation fut superbe. L'Abbé devait fort bien connaître et les faiblesses des hommes et les usages de la cour papale (qui n'eurent rien pour déplaire, je dois le dire, aux minorites de fra Michel non plus). Avec des cochons fraîchement égorgés, il devait y avoir du boudin à la mode de Cassin, nous dit le cuisinier. Mais la malheureuse fin de Venantius les avait obligés à jeter tout le sang des cochons, et il n'y en aurait plus jusqu'à ce qu'ils en égorgent d'autres. Nous eûmes tout de même des pigeonneaux en salmis, macérés dans du vin de ce terroir, et du lapin rôti comme des cochons de lait, des miches de sainte Claire, du riz aux amandes de ces monts, autrement dit le blanc-manger des vigiles, des croûtons à la bourrache, des olives fourrées, du fromage frit, de la viande de mouton, des fèves blanches, et des douceurs exquises, gâteau de saint Bernard, friands de saint Nicolas, quatre-yeux de sainte Lucie, et des vins, et des liqueurs d'herbes qui mirent de bonne humeur même Bernard Gui, si austère d'habitude : liqueur de citronnelle, brou de noix, vin contre la goutte et vin de gentiane. On aurait dit d'une réunion de gloutons, si chaque gorgée ou chaque bouchée n'avait été accompagnée par de dévotes lectures.

Le Nom de la roseUmberto Eco (1980)

Corne d'abondance02

Concepteur nutritionnel

Corne d'abondance02

Et depuis la veille, Françoise, heureuse de s'adonner à cet art de la cuisine pour lequel elle avait certainement un don, stimulée, d'ailleurs, par l'annonce d'un convive nouveau, et sachant qu'elle aurait à composer, selon des méthodes sues d'elle seule, du bœuf à la gelée, vivait dans l'effervescence de la création ; comme elle attachait une importance extrême à la qualité intrinsèque des matériaux qui devaient entrer dans la fabrication de son œuvre, elle allait elle-même aux Halles se faire donner les plus beaux carrés de romsteck, de jarret de bœuf, de pied de veau, comme Michel-Ange passant huit mois dans les montagnes de Carrare à choisir les blocs de marbre les plus parfaits pour le monument de Jules II.

[...]

Je restais maintenant volontiers à table pendant qu'on desservait, et si ce n'était pas un moment où les jeunes filles de la petite bande pouvaient passer, ce n'était plus uniquement du côté de la mer que je regardais. Depuis que j'en avais vu dans les aquarelles d'Elstir, je cherchais à retrouver dans la réalité, j'aimais comme quelque chose de poétique, le geste interrompu des couteaux encore de travers, la rondeur bombée d'une serviette défaite où le soleil intercale un morceau de velours jaune, le verre à demi vidé qui montre mieux ainsi le noble évasement de ses formes et au fond de son vitrage translucide et pareil à une condensation du jour, un reste de vin sombre mais scintillant de lumières, le déplacement des volumes, la transmutation des liquides par l'éclairage, l'altération des prunes qui passent du vert au bleu et du bleu à l'or dans le compotier déjà à demi dépouillé, la promenade des chaises vieillottes qui deux fois par jour viennent s'installer autour de la nappe, dressée sur la table ainsi que sur un autel où sont célébrées les fêtes de la gourmandise et sur laquelle au fond des huîtres quelques gouttes d'eau lustrale restent comme dans de petits bénitiers de pierre ; j'essayais de trouver la beauté là où je ne m'étais jamais figuré qu'elle fût, dans les choses les plus usuelles, dans la vie profonde des "natures mortes".

A l'ombre des jeunes filles en fleurs, Marcel Proust (1918)

Corne d'abondance02

 Le temps de cuisson est une des durée les plus circonstanciées, une durée finement sensibilisée. La cuisson est ainsi un grand devenir matériel, un devenir qui va de la pâleur à la dorure, de la pâte à la croute. Elle a un commencement et une fin comme un geste humain.

[...]

L'imagination culinaire se forme précisément par l'intérêt pour le problème de la consistance en liant les sauces, en mêlant la farine, le beurre et le sucre. C'est à la cuisine que se réalise la fusion du matérialisme copieux et du matérialisme délicat.

[...]

Ecarter l'enfant de la cuisine, c'est le condamner à un exil qui l'éloigne de rêves qu'il ne connaîtra jamais. Les valeurs oniriques des aliments s'activent en en suivant la préparation.

[...]

La miche toute ronde sous l'action du levain se tend comme un ventre. Parfois la fermentation travaille ce ventre comme un borborygme ; une bulle vient crever à l'extérieur.

La Terre et les rêveries de la volontéGaston Bachelard (1947)

Corne d'abondance02

On devient cuisinier, mais on naît rôtisseur.

Brillat-Savarin

Corne d'abondance02

[...] on trouverait deux manières de boire le vin, en lisant le vers d'André Frénaud dialectiquement, en animant les deux couleurs. "Le rouge des gros vins bleus." Car où est la substance : dans le rouge qui désigne ou  dans les intimités sombres ?

La terre et les rêveries du repos, Gaston Bachelard (1948)

Corne d'abondance02

Au tout début, l’artichaut semble fade. C‘est en le savourant que l’on découvre progressivement un parfum pur, délicieux et doux qui émerge de la platitude. Les Bretons vivant dans ce territoire calme, paisible et éloigné des vicissitudes, aiment à rechercher la saveur. Peut-être est-ce cette attitude face à la vie qui leur permet d’apprécier le délice subtil de l’artichaut et d’en faire leur aliment préféré.

Voyage d’un peintre chinois en Bretagne, HE Yifu (2002)

Corne d'abondance02

La science qui nourrit ne vaut-elle pas mieux que la science qui tue ?

Antonin Carême

Corne d'abondance02

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28 février 2019

Douzième festivité : La saltitude du bailleur de fonds

Douzième festivité : Un gros malin sans doute, parmi une multitude d'ingénieux spécialistes au sein d'un quelconque département marketing qui ne manqueraient pas bien sûr de l'applaudir bientôt pour son génie, trouva soudain plus que nécessaire et judicieux de vendre à l'humanité un sel sans sel : ce qui avait déjà réduit le clone - cet être réifié à l'extrême - à ne plus éprouver du sel de la vie que celui posé sur le rayon d'un supermarché, n'aurait pu tolérer plus longtemps que ce sel ne soit pas falsifié ; le spectacle-marchand en effet ne tolère de réel que celui de sa propre réalité, essentiellement fallacieuse.

Sel sans sel

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31 janvier 2019

Cuisine ripaille et soûlographie en peinture

2015, The feast

The feast

de Andrea Kowch (2015)

 

2015, Les compères III

Les compères III

de Christophe Blanc (2015)

 

2014, Les compagnons

Les compagnons

de Christophe Blanc (2014)

 

1998, Repas

Repas

de Colette B. Dezeuze (1998)

 

1946, Le banquet de Noël

Le banquet de Noël

de Fred Zeller (1946)

 

1936, Breakfast

 Breakfast

de Herbert Badham (1936)

 

1923, Le repas du moine

 Le repas du moine

de Walter Dendy Sadler (peut-être vers 1923)

 

1903, Le repas de l'aveugle

 Le repas de l'aveugle

de Pablo Picasso (1903)

 

1901 - Le buveur d'absinthe

Le buveur d'absinthe

de Viktor Oliva (1901)

 

1888, Gueule de bois

Gueule de bois ou portrait de Suzanne Valadon

de Henri de Toulouse-Lautrec (1888)

 

1888, Nature morte au panier ou La table de cuisine

 Nature morte au panier ou La table de cuisine

de Paul Cézanne (1888)

 

1887, La Cuisinière

La Cuisinière

de Emile Friant (1887)

 

1886, Moine à la bière

Moine à la bière

de Antonio Casanova y Estorach (1886)

 

1886, Repas de noces à Yport

 Repas de noces à Yport

de Albert-Auguste Fourié (1886)

 

Les mangeurs de pommes de terre

 Les mangeurs de pommes de terre

de Vincent van Gogh (1885)

 

1881 - Le bar des folies-bergères

 Le bar des folies-bergère

de Edouard Manet (1881)

 

1881 - Le déjeuner des canotiers

Le déjeuner des canotiers

de Auguste Renoir (vers 1880 - 1881)

 

1880 (vers), Le repas du soir

 Le repas du soir

de Eugène Alexis Girardet (vers 1880)

 

1868, Le déjeuner

Le déjeuner

de Claude Monet (1868)

 

1866, Bocal de pêches

 Bocal de pêches

de Claude Monet (1866)

 

1864, Le quartier de viande

 Le quartier de viande

de Claude Monet (1864)

 

1863 - Le déjeuner sur l'herbe

Le déjeuner sur l'herbe

de Edouard Manet (1863)

 

1778, Scène de beuverie

  Scène de beuverie

de Jacques Gamelin (1778)

 

1763 - Raisins er grenades

 Raisins et grenades

de Jean Siméon Chardin (1763)

 

1668 - 1670, Comme chantent les vieux, piaillent les jeunes

Comme chantent les vieux, piaillent les jeunes

de Jan Steen (vers 1668-1670)

 

1658 - 1660, La goûteuse d'huître

 La goûteuse d'huître

de Jan Steen (vers 1658-1660)

 

1640-1645 - Le roi boit

 Le roi boit

de Jacob Jordaens (vers 1640-1645)

 

1642 - L'heureuse famille

L'heureuse famille

de Louis Le Nain (1642)

 

Le boulanger et sa femme, 1638

 Le boulanger et sa femme

de Jan Steen (1638)

 

1625 (vers), Beuverie de paysans

Beuverie de paysans

de Adriaen Brouwer (vers 1625)

 

16-- - Nature morte au hareng

 Nature morte au hareng

de Jacob Van Es (16??)

 

1580-1590 - Le mangeur de haricots

 Le mangeur de haricots

de Annibal Carrache (vers 1580-1590) 

 

1570 - Le festin des Dieux

 Le festin des Dieux

de Bernaert de Rijckere (1570)

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25 août 2018

Editions A.E.C

Editions A.E.C

Amour Emeute et Cuisine

Maison d'éditions associative stéphanoise

(contact : editionsaec@gmail.com)

 

Les éditions A.E.C ont été créées en août 2018. Elles ont pour essentiel objet de publier des ouvrages ayant la plupart du temps pour point commun de chercher les moyens d'en finir avec la laideur d'un monde que ne cesse de nous imposer une civilisation marchande jour après jour toujours plus despotique, et sans autre avenir que celui d'approfondir un désert qu'elle a d'ores et déjà étendu sur la quasi entièreté de la surface terrestre.

Que ce soit par des essais, des romans, de la poésie, diverses propositions culinaires ou encore de la musique etc., les éditions A.E.C auront donc toujours à coeur de conspirer en faveur d'un renouement avec la beauté du réel, réel que nous pouvons définir ici, pour aller vite, en tant au moins qu'il est tout le contraire de la réalité que nous impose le décor contemporain.

Que ce soit dit toutes fois que nécessaire !

 

Editions A.E.C

En tant qu'association de loi 1901, les éditions A.E.C ont besoin de votre soutien pour pouvoir publier livres et autres oeuvres à venir en toute indépendance, aussi pouvez-vous nous soutenir en faisant un don à votre convenance, soit en envoyant un chèque aux "éditions AEC, 32 rue de la résistance, 42000 Saint-Etienne", soit en cliquant sur le bouton ci-dessous :

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03 juin 2014

OGM : l'étude qui pourrait les rendre illégaux

Une récente étude norvégienne niant l’équivalence des OGM avec les aliments conventionnels pourrait remettre totalement en cause les autorisations de mise sur le marché dont ils bénéficient.


Si les aliments OGM passent outre le principe de précaution et sont autorisés malgré le manque de recul sur leurs effets à long-terme, c’est parce qu’ils jouissent de ce que l’on appelle le principe “d’équivalence en substance”. En d’autres terme, puisqu’ils sont considérés comme essentiellement semblables à des aliments déjà existants, ils ne nécessitent pas de normes de sécurité supplémentaires. Ce qui arrange bien le commerce des fabricants d’organismes transgéniques et insurge les anti-OGM.

Mais une récente étude pourrait bien balayer ce sacro-saint principe d’équivalence en substance et mettre à mal l’industrie du génétiquement modifié. Publiée dans la revue scientifique Food Chemistry, l’étude, que l’on doit à une équipe scientifique du Centre de Biosécurité de l’Université de Tromsø en Norvège, affirme que “non”, une semence OGM ne serait pas sensiblement identique à une semence non-OGM, contrairement à ce que peuvent en dire Monsanto, Syngenta ou Dupont, ces géants de la biochimie.

En comparant 31 lots de soja, OGM, non-OGM conventionnel et non-OGM bio, cultivé aux États-Unis dans l’Iowa, et à partir de 35 critères d’analyses différents, les chercheurs expliquent être parvenus à “distinguer, sans exception, soja génétiquement modifié, soja conventionnel et biologique”. Ce qui rendrait vacillant le principe “d’équivalence en substances” derrière lequel s’abritent les pro-OGM.

Il est notamment apparu que les graines de soja transgéniques retenaient plus largement le glyphosate, herbicide développé par Monsanto, contrairement aux graines conventionnelles traitées. Mais encore que la composition nutritionnelle entre soja biologique, conventionnel et OGM étaient très différente. En effet, les plantes génétiquement modifiées seraient significativement moins riches en protéines, zinc et sucres que les plantes bio. Au contraire, l’OGM contiendrait plus de fibres, d’acides gras saturés et d’acides gras polyinsaturés.

Selon le quotidien en ligne Reporterre, qui a relayé l’information, cette étude pourrait, si elle est reprise par les agences sanitaires et les pouvoirs publics, sérieusement compromettre l’industrie des OGM. Remettant en cause les passe-droits dont jouissent pour l’instant les grandes industries biotechnologiques et redéfinir le modèle agricole tel qu’on le connaît.

Sources : Marion Laplace, Food Chemistry & BioaLaune.

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19 décembre 2013

AEC et cuisine

La pune

L'immense violence dirigée à l’encontre du vivant n'est pas affaire d'opinion. Elle est effective. Que l'on croit ne pas prendre part à la guerre de notre temps est même sans importance : elle en veut à l’intensité de l’existence de chacun, et n’épargne pas les neutres.

En ceci, la cuisine n'est pas non plus une affaire d'opinion. C'est une question de qualité. La table est une barricade tout comme elle est une taverne de l’amitié. Sur son terrain se joue la bataille de l’autonomie. Celle de notre équilibre (au cas où certains doutent encore de la tendre relation qui lie notre alimentation et notre puissance de vie), de la conversation bouillonnante, de la Pune inaltérable, et du politique qui s’y élabore nécessairement – par la simple existence d’un assaisonnement de haut goût dans les assiettes.

Cuisiner, c’est parler. Manger, c’est partager, c’est aimer. L’art culinaire, comme toute autre parole authentique, nous est peu à peu retirée pour laisser place à la tiède alimentation falsifiée. Mais les écœurés que nous sommes n’ignorent pas que le tiède se vomit. La cuisine présentée ici est irréconciliable avec le camp de la mort, et provient du jardin inviolable où nous nous tenons, qui abrite les saveurs franches, l’insoumission radicale du savoir-faire et surtout de son don. Sur tout cela, je n’abdique pas.

 

Le ViandierLe Viandier

 

_______________________________________

NB : dans les recettes à suivre :

-       -  par « froid » nous entendons réfrigérateur, par « grand froid » congélateur ;

-       -  le temps de réalisation n’est pas indiqué, ne se soumettant à aucune autre Tyrannie de l’horloge que celle de la cuisson de nos aliments – ou tout aussi bien de leur épanouissement. Prenez le temps d’aimer, devenez oisifs et désœuvrés ;

-  -   -  les recettes ne mentionnent à aucun point le moment d’assaisonner : il s’agit avant tout de goûter les différents éléments au fur et à mesure de leur élaboration et d’assaisonner en conséquence, tout en anticipant la suite de la recette (exemples : lorsqu’une sauce va réduire, il est préférable de la sous-assaisonner légèrement, car elle va se concentrer en sel ; si l’on incorpore un jus de cuisson de coquillages, le salage se fera après son ajout car il apportera une dose importante de sel …).

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13 décembre 2013

Tarte jurassienne

Il m’apparait inévitable, dans cette recette, d’apprendre à réaliser une pâte brisée, dont nous présenterons la déclinaison sucrée dans le futur.

Le Viandier AEC copier01

(cliquez sur le Viandier ci-dessus pour accéder à son préambule politico-culinaire)

Tarte Jurassienne

Ingrédients :

- pour la pâte : 400g farine / 200g beurre / 2 jaunes d'oeufs / 7 g sel / 8 cl eau

- pour la garniture : 800g blancs de poireaux/ 35g farine / 15 cl lait / 15 cl crème / 2 œufs / 100 g comté râpé / Muscade / Piment de Cayenne / 100g beurre / 500g saucisse de Morteau (la tarte peut être réalisée sans elle, on obtient alors une bonne tarte aux poireaux).

Réaliser une pâte brisée :

Pâte brisée 00 copier

Façonner un puits avec la farine (c’est-à-dire monter d’abord un tas puis y creuser un centre sans farine où pourront ensuite être ajoutés les ingrédients qui seront ainsi emprisonnés par la farine). Ajouter l’eau, y dissoudre le sel, puis les jaunes d’œufs, et les mélanger du bout des doigts en un liquide homogène. Adjoindre le beurre coupé en petits dés (ne pas l’ajouter trop froid afin qu’il se mélange sans trop de difficultés). Prendre un peu de farine la plus à l’extérieur du cercle,  et la mélanger (sans pétrir réellement la pâte qui deviendrait trop élastique et perdrait sa friabilité après cuisson) au beurre. Continuer avec le reste de la farine en écrasant l’ensemble de la pâte à pleines mains. Dès que la pâte est homogène et ne colle plus à la surface de travail, former une boule. Il est possible de fraiser la pâte pour assurer une meilleure cohésion des éléments en écrasant la masse petit à petit avec la paume de la main pour la tirer au loin de soi. Cette étape n’est pas indispensable. La laisser reposer 30 minutes minimum au froid.

Confectionner la garniture aux poireaux :

Emincer les blancs de poireaux (et le vert s’il est très tendre), étuver au beurre et les obtenir très fondants. Singer (c’est-à-dire saupoudrer de farine pour renforcer la liaison de la garniture), mélanger très soigneusement, puis ajouter le lait et la crème. Laisser mijoter sous un couvercle une dizaine de minutes, ajouter les deux œufs battus à l’avance et remuer aussitôt (ils risquent de coaguler sinon). Incorporer ensuite le comté râpé, et assaisonner avec la noix de muscade et le piment de Cayenne. Refroidir l’appareil obtenu.

Saucisse de Morteau copier

La saucisse de Morteau (ou Montbéliard) qui rend la tarte « jurassienne » :

Plonger la saucisse dans une casserole d’eau froide (pour qu’elle n’éclate pas) et sans la piquer (au risque de voir l’intensité de sa saveur conférée par le fumage s’évanouir dans l’eau de cuisson). Après l’ébullition, cuire pendant 30 minutes environ (selon le calibrage de la saucisse, de 25 à 45 minutes). La peler (avant qu’elle ne refroidisse, sinon la mission est impossible), et la tailler en fines rondelles.

Cuisson de la tarte :

Foncer les moules ou cercles de cuisson avec la pâte piquée, et la garnir de l’appareil aux poireaux, puis orner des tranches de saucisses.

Cuire environ 35 minutes à 180°C. Le temps de cuisson est évidemment fonction de l’épaisseur de la pâte ou de celle de la garniture, ainsi que de la précision du four.

 Tarte jurassienne 00 copier

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12 décembre 2013

AE et Cuisine

La pune

L'immense violence dirigée à l’encontre du vivant n'est pas affaire d'opinion. Elle est effective. Que l'on croit ne pas prendre part à la guerre de notre temps est même sans importance : elle en veut à l’intensité de l’existence de chacun, et n’épargne pas les neutres.

En ceci, la cuisine n'est pas non plus une affaire d'opinion. C'est une question de qualité. La table est une barricade tout comme elle est une taverne de l’amitié. Sur son terrain se joue la bataille de l’autonomie. Celle de notre équilibre (au cas où certains doutent encore de la tendre relation qui lie notre alimentation et notre puissance de vie), de la conversation bouillonnante, de la Pune inaltérable, et du politique qui s’y élabore nécessairement – par la simple existence d’un assaisonnement de haut goût dans les assiettes.

Cuisiner, c’est parler. Manger, c’est partager, c’est aimer. L’art culinaire, comme toute autre parole authentique, nous est peu à peu retirée pour laisser place à la tiède alimentation falsifiée. Mais les écœurés que nous sommes n’ignorent pas que le tiède se vomit. La cuisine présentée ici est irréconciliable avec le camp de la mort, et provient du jardin inviolable où nous nous tenons, qui abrite les saveurs franches, l’insoumission radicale du savoir-faire et surtout de son don. Sur tout cela, je n’abdique pas.

 

Le ViandierLe Viandier

 

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NB : dans les recettes à suivre :

-       -  par « froid » nous entendons réfrigérateur, par « grand froid » congélateur ;

-       -  le temps de réalisation n’est pas indiqué, ne se soumettant à aucune autre Tyrannie de l’horloge que celle de la cuisson de nos aliments – ou tout aussi bien de leur épanouissement. Prenez le temps d’aimer, devenez oisifs et désœuvrés ;

-  -   -  les recettes ne mentionnent à aucun point le moment d’assaisonner : il s’agit avant tout de goûter les différents éléments au fur et à mesure de leur élaboration et d’assaisonner en conséquence, tout en anticipant la suite de la recette (exemples : lorsqu’une sauce va réduire, il est préférable de la sous-assaisonner légèrement, car elle va se concentrer en sel ; si l’on incorpore un jus de cuisson de coquillages, le salage se fera après son ajout car il apportera une dose importante de sel …).

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24 novembre 2013

Trente-huit peaux de vaches en France

France reliefs-régions 01 (numéros vaches) copier

 Carte de France des races de vaches et de leurs régions d'origine et d'élevage

 

 

01 - Vache abondance

1 - L'Abondance : Vache laitière de Haute-Savoie ; de couleur pie rouge, elle pèse entre 600 et 1000kg pour une taille allant de 1m35 à 1m45.

 

 

 

02 - Vache Blanc bleue copier

2 - La Blanc Bleue : Vache bouchère du Nord ; de couleur pie bleue, elle pèse entre 700 et 1400kg pour une taille allant de 1m35 à 1m65.

 

 

 

03 - Bretonne Pie Noire copier

3 - La Bretonne Pie Noire : Vache laitière de Bretagne ; de couleur pie noire, elle pèse entre 450 et 600kg pour une taille allant de 1m15 à 1m23.

 

 

 

04 - Ferrandaise copier

4 - La Ferrandaise : Vache bouchère-laitière du Puy-de-Dôme ; de couleur pie rouge, elle pèse entre 650 et 1000kg pour une taille allant de 1m38 à 1m60.

 

 

 

05 - Gasconne copier

5 - La Gasconne : Vache bouchère des Pyrénées ; de couleur grise, elle pèse entre 650 et 950kg pour une taille allant de 1m35 à 1m45.

 

 

 

06 - Limousine copier6 - La Limousine : Vache bouchère du Limousin ; de couleur rouge, elle pèse entre 650 et 850kg pour une taille allant de 1m40 à 1m55.

 

 

 

07 - Maraichine copier

7 - La Maraîchine : Vache laitière du Poitou-Charente ; de couleur brune, elle pèse entre 700 et 1200kg pour une taille allant de 1m40 à 1m45.

 

 

 

08 - Mirandaise copier

8 - La Mirandaise : Vache bouchère du Gers ; de couleur grise, elle pèse entre 650 et 900kg pour une taille allant de 1m38 à 1m50.

 

 

 

09 - Pie rouge des plaines copier

9 - La Pie Rouge des Plaines : Vache laitière de Bretagne ; de couleur pie rouge, elle pèse entre 700 et 1000kg pour une taille allant de 1m38 à 1m45.

 

 

 

10 - Saosnoise copier

10 - La Saosnoise : Vache bouchère du Nord ; de couleur pie rouge (parfois bringée), elle pèse entre 800 et 1300kg pour une taille d'environ 1m40.

 

 

 

11 - Simmental copier

11 - La Simmental : Vache bouchère-laitière de Bourgogne et de Champagne ; de couleur pie rouge, elle pèse entre 750 et 1300kg pour une taille allant de 1m40 à 1m55.

12 - La Prim'Holstein : Vache laitière de toute la France ; de couleur pie noire, elle pèse entre 500 et 1100kg pour une taille allant de 1m43 à 1m65.

13 - La Montbéliarde : Vache bouchère-laitière de Franche-Comté ; de couleur pie rouge, elle pèse entre 700 et 1100kg pour une taille allant de 1m42 à 1m48.

14 - La Camarguaise : Vache bouchère de Camargue ; de couleur noire, elle pèse entre 250 et 400kg pour une taille allant de 1m15 à 1m25.

15 - La Bleue Bazougers : Vache allaitante de Bazougers ; de couleur pie bleue, elle pèse environ 800kg pour une taille autour de 1m40.

16 - L'Armoricaine : Vache bouchère-laitière de Bretagne ; de couleur pie rouge, elle pèse entre 600 et 1000kg pour une taille d'environ 1m35.

17 - L'Aubrac : Vache bouchère-laitière du plateau de l'Aubrac ; de couleur fauve, elle pèse entre 650 et 950kg pour une taille allant de 1m29 à 1m40.

18 - La Bleue du Nord : Vache bouchère-laitière du Nord ; de couleur pie bleue, elle pèse entre 700 et 900kg pour une taille allant de 1m33 à 1m42.

19 - L'aure ou La Casta : Vache bouchère-laitière des Hautes-Pyrénées ; de couleur châtaigne, elle pèse entre 600 et 900kg pour une taille de 1m35 environ.

20 - La Nantaise : Vache bouchère de Loire-Atlantique ; de couleur fauve, elle pèse entre 650 et 900kg pour une taille allant de 1m35 à 1m45.

21 - La Rouge des Prés : Vache bouchère des Pays de la Loire ; de couleur pie rouge, elle pèse entre 850 et 1350kg pour une taille allant de 1m40 à 1m70.

22 - La Tarentaise : Vache laitière de Savoie ; de couleur fauve rouge, elle pèse entre 700 et 750kg pour une taille allant de 1m28 à 1m40.

23 - La Villard de Lans : Vache bouchère-laitière d'Isère ; de couleur froment, elle pèse entre 750 et 1100kg pour une taille d'environ 1m40.

24 - La Rouge Flamande : Vache laitière du Nord et de Picardie ; de couleur rouge à noire, elle pèse entre 700 et 1100kg pour une taille allant de 1m37 à 1m47.

25 - La Normande : Vache bouchère-laitière de Normandie ; de couleur bringée noire, blond fauve et blanc caille, elle pèse entre 700 et 800kg pour une taille de 1m44 environ.

26 - La Charolaise : Vache bouchère de Bourgogne ; de couleur blanche ou crème, elle pèse entre 750 et 1300kg pour une taille allant de 1m39 à 1m45.

27 - La Blonde d'Aquitaine : Vache bouchère d'Aquitaine ; de couleur blonde, elle pèse entre 850 et 1300kg pour une taille allant de 1m35 à 1m65.

28 - La Bazadaise : Vache bouchère de Gironde ; de couleur grise (charbonnée), elle pèse entre 750 et 1100kg pour une taille allant de 1m40 à 1m45.

29 - La Béarnaise : Vache bouchère-laitière du Béarn ; de couleur blonde, elle pèse entre 550 et 900kg pour une taille de 1m32 environ.

30 - La Bordelaise : Vache laitière du Bordelais ; de couleur pie noire, elle pèse entre 750 et 900kg pour une taille allant de 1m25 à 1m35.

31 - La Corse : Vache bouchère de Corse ; de toutes couleurs, elle pèse entre 350 et 600kg pour une taille allant de 1m15 à 1m20.

32 - La Froment du Léon : Vache laitière de Bretagne ; de couleur froment, elle pèse entre 500 et 900kg pour une taille d'environ 1m25.

33 - La Jersiaise : Vache laitière des Pays de la Loire ; de couleur brune, elle pèse entre 400 et 650kg pour une taille allant de 1m23 à 1m30.

34 - La Lourdaise : Vache laitière de Midi-Pyrénées ; de couleur blanc à crème, elle pèse entre 600 et 900kg pour une taille allant de 1m35 environ.

35 - La Marine Landaise : Vache bouchère-laitière des Landes ; de couleur brune, elle pèse entre 450 et 700kg pour une taille allant de 1m15 à 1m25.

36 - La Parthenaise : Vache bouchère des Deux-Sèvres ; de couleur froment, elle pèse entre 800 et 1100kg pour une taille allant de 1m35 à 1m45.

37 - La Salers : Vache bouchère du Cantal ; de couleur rouge, elle pèse entre 680 et 980kg pour une taille allant de 1m40 à 1m48.

38 - La Vosgienne : Vache bouchère-laitière des Vosges ; de couleur pie noire mouchetée, elle pèse entre 600 et 700kg pour une taille allant de 1m30 à 1m35.

Posté par isabeaudeloere à 15:03 - Cuisine - Commentaires [0] - Permalien [#]
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18 novembre 2013

Les légumes de décembre

Carotte

 

 CAROTTE BOMB_636x380 copier

 Catalonia 

 

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Chou blanc 

 

choux_blanc copier

 

Chou de Bruxelles 

 

Choux-de-bruxelles copier

 

Chou frisé 

 

Chou frisé copier

 

Chou rouge 

 

Chou rouge copier

 

Chou-chinois 

 

Chou chinois copier

 

Cima di rapa 

 

Cima di rapa copier

 

Citrouille / Potiron 

 

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Courge butternut

 

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Potimarron 

 

Potimarron copier

 

Céleri / Céleri branche 

 

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Endive

 

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Mâche

 

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Oignon blanc 

 

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Oignon jaune 

 

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Oignon rouge 

 

Oignon rouge copier

 

Panais 

 

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Poireau 

 

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Pomme de terre 

 

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Radis / Radis long 

 

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Salsifis noir / Scorsonère 

 

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Topinambour

 

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Posté par PhilibertdePisan à 13:15 - Cuisine - Commentaires [0] - Permalien [#]
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