Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

24 octobre 2017

Retour du "retour de l'ultragauche"

RETOUR DU « RETOUR DE L’ULTRAGAUCHE »

Julien Coupat répond aux inquiétudes du Parisien

paru dans lundimatin#119, le 23 octobre 2017

Mercredi 18 octobre, Le Parisien titrait en Une « Enquête sur les militants de la violence ». Si l’enquête (accessible à la fin de cet article), elle-même intitulée « Inquiétante ultragauche », égraine les habituels poncifs policiers, elle laisse aussi la part belle à quelques scoops et nouveautés. En effet, un sous-titre tire la sonnette d’alarme : « De plus en plus de femmes », une exergue particulièrement inspirée et anxiogène signée « Un policier » l’affirme : « On voit qu’ils sont prêts à aller de plus en plus loin. » Quant à Julien Coupat, une source policière le dénonce sans détour : il se serait rendu à une manifestation en taxi. Contacté par téléphone, ce dernier nous a pourtant juré n’avoir pas utilisé ce mode de transport depuis au moins 5 ans. Anticipant le prochain rapport de la DGSI qui l’accuse de prendre des Uber, il a jugé bon de répondre publiquement à tant de diffamation.

Cher Eric Pelletier,

Je découvre avec amusement votre dernière « enquête » dans Le Parisien. Vous n’apprenez donc rien de l’expérience. Il y a dix ans vous vous faisiez enfumer par les services de renseignement, qui prétendaient détenir des clichés de saboteurs en train de poser des crochets sur les caténaires de lignes TGV, et vous en êtes encore à relayer leur communication maladroite au sujet d’une supposée « ultra-gauche » et leurs risibles affabulations à mon endroit. S’ils ne parviennent pas toujours à me filer comme ils l’entendent, ce n’est pas que j’irais désormais aux manifestations en taxi, mais parce que leurs techniques de filature sont prévisibles, et grossières. Tout comme leur façon de construire le profil de la menace sociale est sans imagination. Malgré l’immensité des moyens qui leur sont alloués, c’est toujours le même scénario mal ficelé, avec ses personnages attendus et ses effets controuvés, que l’on ressort du même tiroir poussiéreux. Mais le plus désopilant est certainement qu’il y ait encore des plumitifs de votre espèce pour faire semblant d’y croire, et en faire l’article.

Il y a dix ans, la révolte contre le CPE politisait une entière génération de jeunes gens, qui n’ont pas tous fini au cabinet d’Anne Hidalgo, et Nicolas Sarkozy arrivait au pouvoir cerné de la haine irréductible de cette génération et bien au-delà. À présent, c’est le conflit parti de la loi Travail en 2016 qui a produit une nouvelle génération d’irréconciliables, et voue Emmanuel Macron à une identique détestation. Il y a dix ans, les services de renseignement n’avaient rien trouvé d’autre pour contrecarrer cette dissidence et pour protester de leur utilité, que de créer de toutes pièces la grande menace de « l’ultra-gauche ». Et l’on avait vu fleurir ce genre spécial d’articles de presse dont la vocation est de préparer les esprits à de judicieuses vagues d’arrestations. Le Figaro avait inauguré la salve d’un « L’extrême gauche radicale tentée par la violence » ; Le Monde avait suivi d’un « Les RG s’inquiètent d’une résurgence de la mouvance autonome » ; Hervé Gattegno, dans Le Point, avait commis un mémorable « Les nouveaux combattants de l’ultra-gauche ». Et vous en êtes encore, en 2017, à titrer au Parisien « Enquête sur les militants de LA VIOLENCE » et, pour vous, à signer un « Inquiétante ultra-gauche » où l’on apprend, entre autres motifs d’effroi, qu’il s’y trouverait « de plus en plus de femmes ». Comme on citait L’insurrection qui vient en 2007 en guise de pièce à conviction, vous citez à présent Maintenant, le dernier volume du Comité Invisible. Vous égrenez les foyers de « l’ultra-gauche » en France, et ce sont curieusement les mêmes villes qu’il y a dix ans et les mêmes platitudes censées terrifier que vous alignez avec ce même aplomb dans l’ignorance que procure une trop longue et trop intime fréquentation des sous-doués de Levallois-Perret. Des sabotages comme il s’en produit tous les jours sont arrachés à leur contexte et agrégés en une seule menaçante menée. Et puis l’inévitable policier qui se demande innocemment « Jusqu’où iront-ils ? » en préparant ses formulaires de perquisition et disserte sur Action Directe. À peine note-t-on une légère évolution dans le chiffrage fantaisiste de la « nébuleuse d’ultra-gauche » : on est passé en une décennie de « un à deux milliers » à « deux mille ». L’inquiétude est à son comble. Et puisque le nouveau régime ne craint pas de se dire « et de gauche et de droite » dans la meilleure veine personnaliste des années 1930, on communique opportunément sur une vague d’arrestations dans « l’ultra-droite » avant de procéder à des arrestations dans « l’ultra-gauche ». Dix ans ont passé, mais soyez certain que la nouvelle manœuvre de vos amis des services finira comme la première – en farce. Car l’ « ultra-gauche » n’existe pas plus qu’hier, en dehors des fichiers du renseignement.

S’il faut ressortir du placard à balais l’épouvantail fatigué de « l’ultra-gauche », c’est pourtant bien qu’il y a une menace, mais une menace tout autre. La menace réelle qui pèse sur le régime, c’est son impopularité manifeste, l’aveuglante clarté des fins qu’il poursuit, son absence de base sociale à l’exception des 15 % de managers et d’apprentis managers qui voudraient désespérément croire en Macron. Que, malgré des BMW de cadres brûlées, le mot d’ordre de « chasse aux DRH » dans le bois de Boulogne ait au fond fait sourire tout le monde en dit long sur l’inévitable dégringolade qui attend le règne d’Emmanuel Macron et de ses encombrants alliés. Même si son temps est sans doute passé, il est hautement significatif que le « cortège de tête » des manifestations soit devenu le dernier lieu où l’on cause et s’amuse à Paris. Que l’on croise désormais dans cet espace éphémère, créé il y a deux ans par quelques centaines de lycéens cagoulés, syndicalistes, étudiants, autonomes, salariés, artistes, précaires et jusqu’aux militants de la « France Insoumise », annonce sensiblement de quelle manière, pas nécessairement pacifique, sera enterré le régime macroniste dès que les failles de la retorse communication gouvernementale se seront élargies en lézardes. La politique est morte, et ce n’est pas le vieux despotisme économique qui peut lui succéder.

En dix ans, nos pires pronostics sur les ravages du capitalisme se sont vus, en tout domaine, confirmés. On en est à peupler les jardins publics de pokemons afin de faire oublier qu’il n’y a plus de libellules ni de papillons à chasser. On en rajoute dans l’injonction à travailler d’autant plus que le travail disparaît. Cette société fait face à une désaffection silencieuse, mais massive. Les figures du pouvoir ne peuvent plus cacher leur caractère psychotique. Si vous appreniez un peu de l’expérience, si vous étiez un peu adulte, vous vous aviseriez que les conflits existent, que ceux qui jugent qu’il y a quelque urgence à mettre un terme au désastre en cours et agissent en conséquence, ne sont peut-être pas des fanatiques de la « violence », mais des gens plus courageux que vous, et moins disposés au mensonge. En dix ans, vous avez changé de patron, mais non point de méthode. Vos « enquêtes » portent si loin le respect de votre unique « source » qu’elles pourraient aussi bien être écrites par elle, au siège de la DGSI. Autrefois, je vous aurais peut-être envoyé un droit de réponse que vous n’auriez pas publié. Mais il y a désormais d’autres canaux de diffusion autrement plus efficaces que les journaux. Plus personne ne vous croit, et bientôt plus personne ne vous lira. L’ « opinion » que vous croyez faire, n’existe tout simplement plus. Il n’y a plus que la bulle médiatique dans laquelle vous surnagez, et la longue chaîne de dépendances et de surveillance par quoi cette société croit tenir ses sujets.

Il y a cent cinquante ans un analyste raffiné du règne de Napoléon III lui prêtait ces propos : « User de la presse, en user sous toutes ses formes, telle est, aujourd’hui, la loi des pouvoirs qui veulent vivre. C’est fort singulier, mais cela est. (…) Dans les pays parlementaires, c’est presque toujours par la presse que périssent les gouvernements, eh bien, j’entrevois la possibilité de neutraliser la presse par la presse elle-même. Puisque c’est une si grande force que le journalisme, savez-vous ce que ferait mon gouvernement ? Il se ferait journaliste, ce serait le journalisme incarné. » (Maurice Joly, Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu) C’était il y a cent cinquante ans. The times, they are a changing, Pelletier.

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26 juin 2016

L'affaire de Tarnac tranchée par la cour d'appel le mardi 28 juin 2016 ?

L’affaire de Tarnac va enfin être tranchée par la cour d’appel
26 JUIN 2016 | PAR MICHEL DELÉAN

Les dégradations de caténaires de TGV en 2008 sont un dossier terroriste, maintient le parquet, près de huit ans après le début de l’affaire. Une enquête truquée et gonflée pour des motifs politiques, tonne la défense. La chambre de l’instruction tranchera mardi 28 juin. (Lire l'article de Médiapart ici)

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25 novembre 2009

Communiqué suite à l’arrestation du mardi 24 novembre 2009 au matin

    Ce matin à 6H30, la SDAT s’est permise de procéder à une nouvelle arrestation parmis les "proches" des inculpés. Le Juge Fragoli nous avait presque fait couler une petite larme la semaine dernière en se targuant, dans Libération, de procéder dans ce dossier avec toute l’"humanité" dont il était capable. Il aura, ce matin encore, fait montre de la finesse que nous lui connaissions : 15 gros malins de la SDAT pour défoncer une porte et braquer deux enfants de 4 et 6 ans dans leur lit. Tout cela afin d’interpeller une personne qui avait déjà été arrêtée le 11 novembre 2008, à partir d’éléments du dossier plus que fantasques et en leur possession depuis le premier jour.

    Evidemment, nous comprenons ce qui est en oeuvre ici. Alors que les deux éléments centraux de leur accusation, à savoir la filature de Julien et de Yildune et le témoignage sous X, ont été largement balayés par des révélations récentes, les tristes clowns continuent leur fuite en avant, usant de prétextes toujours plus risibles afin de faire diversion. Il est à noter que le juge Fragoli, encore et toujours lui, aurait déclaré à des journalistes qu’il ne procéderait pas à une reconstitution de la soit-disante nuit des sabotages. Il semblerait donc définitivement vouloir couvrir ce qui, chaque jour un peu plus, ressemble à des faux réalisés par la SDAT. Souhaitons lui bonne chance, il en aura bien besoin.

    Par delà cette pathétique tentative de diversion, nous voyons une fois de plus ce que l’anti-terrorisme permet et se permet. Comme lors des deux vagues d’arrestations précédentes, des amis des inculpés sont arrêtés en pleine rue ou en plein sommeil pour subir 96 H de garde à vue et donc de pression et d’humiliation. La démocratie ça se maintient comme ça peut.

    Nous interprétons cette nouvelle tentative d’intimidation comme la seule réponse qu’ait trouvée Mr Ragnoli a l’effondrement de son instruction. Gageons que les semaines à venir nous permettent de définitivement en finir avec cette farce, comme avec sa carrière.

Source : Soutien 11 novembre

06 juillet 2009

Fox News fait de la pub pour "L'insurrection qui vient"

A quelques semaines de la publication en anglais du livre, un chroniqueur de la chaine ultraconservatrice Fox News appelle à lire ce texte dangereux afin de «connaître l'ennemi».

Source : Libération.fr du 03/07/2009

09 juin 2009

Un spectre hante l'Europe... (par Benjamin)

"Il y a eu mille petits soulèvements, et tout cela fait une seule guerre, incessante entre nous-même et nos esclaves, une guerre silencieuse, une guerre honteuse dont personne ne parle et dont les historiens répugnent à faire le récit.Il y a déjà eu des guerres entre nations, entre cités, entre partis et même entre frères... mais cette foi c’est un monstre qui est en nous, dans nos tripes, et qui lutte contre tous les partis, toutes les nations, toutes les villes."

in Spartacus, Howard Fast (Cicero à Helena à propos du mystère de la révolte des esclaves).

    "Julien Coupat" libéré, c’est un point de focalisation de l’attention publique qui se défait… personne ne s’en plaindra à commencer par lui qui pourra peut-être ainsi espérer se défaire du costume absurde que tant de bonnes âmes se sont efforcées de lui tailler.

    Il n’a pas manqué de chroniqueurs en mal d’inspiration, de pseudo-journalistes en peine de scoops crapuleux pour boucler leurs fins de mois… Tout aura une nouvelle fois été convoqué depuis sa libération surprise. Tout. Le vieux fond poujado-frustré de certains journalistes de la presse d’opinion, tant en vogue sous le régime présent, n’aura pas manqué d’écrire parmi ses plus belles pages à notre propos. Il y a quelques semaines encore, certains reporters détritivores ont su lécher les mains des enquêteurs jusqu’à obtenir quelques « révélations exclusives » toutes droit sorties des archives secret-défense de la DCRI, doublant ensuite de leurs propres mensonges, les approximations et les amalgames grossiers des « agents des services » en goguette dans la campagne limousine. Et on aura aussi eu droit aux voix souffreteuse de certains épigones de la chronique journalistique et à leurs ratiocinations sur l’irresponsabilité de toute pensée qui n’épargne pas l’ambiance surannée de nos vieilles démocraties.

    On nous parle d’ « argent » en « contradiction avec (nos) propres idées », de « fils à papa qui n’assument rien », d’intellectuels « pas sympathiques », « pédants », ou manquant sérieusement d’ « originalité », ou bien encore qui ne « proposent rien » (en effet nous ne voulons pas offrir de programme à un quelconque suffrage…). Au delà de nous accuser de ne pas assumer « nos idées », on ose même nous reprocher, à nous, de faire trop de bruit, quand tant d’autres moins « biens nés » et moins bien entourés sont interpellés, tabassés, enfermés en silence…

    Je ne m’arrêterai pas sur chacun de ces morceaux de bravoure, ils valent à peine l’énergie que demande leur lecture.

    Ce dont il importe de parler à la suite de cette libération inopinée, ce n’est rien d’autre que ce que nous nous sommes efforcés de mettre en avant envers et contre toute focalisation exclusive sur le personnage « Julien Coupat », ou sur celui de « la bande de Tarnac ». Si toute cette foire doit avoir servi à quelque chose c’est à retourner l’opération de communication du pouvoir contre son principe même. Mais comment ?

    L’opération de sidération permanente qui est au cœur du style de gouvernement sarkosyste, sans être elle-même particulièrement novatrice sinon efficace, repose sur la stigmatisation de populations cibles qui sont désignées comme l’autre absolu du cœur virtuel de la « citoyenneté républicaine ». Ce cœur virtuel sans qu’il soit jamais désigné comme tel est sans conteste blanc, européen, chrétien, entrepreneur, respectueux des lois, de la propriété et de l’argent. Il n’est évidemment plus de bon ton de le scander tout haut, même si on semble s’en cacher de moins en moins. Cette identité se dit donc en creux, au fil des figures qui sont désignées comme son opposé, ses « ennemis intérieurs », on renouvelle bien le vocabulaire, moins les principes… il y a eu le « juif », « l’anarchiste », « le rital », « le blouson noir », « le fellaga », il y a aujourd’hui les « bandes de jeunes de cité », les « noirs et les arabes », les « clandestins », les « islamistes », les « anarcho-autonomes », les « pirates », les « étudiants ultras », les « grévistes-voyous ».

    Ces « figures » ne fonctionnent que tant qu’elles restent irrémédiablement séparées dans l’imaginaire collectif. Au delà de l’entreprise de terreur (ou d’ « intimidation » selon l’interprétation qu’on fait des textes européens) menée par le pouvoir pour maintenir en état de sidération l’ensemble de la population, ce que craignent les réseaux de pouvoir -sans lesquels Sarkozy n’est rien- c’est bien que l’hétérogénéité (réelle) des ennemis de l’état des chose présent, ne se constitue en puissance consciente de renversement. Non pas un quelconque revival du grand soir mais la constitution en des points divers de nouages qui alimentent une intelligence collective diffuse et constituent positivement les forces capables de survivre au délitement des formes politiques existantes. Les mots pour dire ces forces sont pléthore. Ou bien manquent encore cruellement. Ils sont au mieux ceux du passé, au pire ceux du pouvoir, de l’occident globalisé. Abstenons nous de vouloir épingler ces forces à notre tour.

    Ces forces que l’on sent palpables au détour de chaque tour dans les quartiers populaires, de chaque cafétéria de grande banlieue, dans les facs bloquées, les usines occupées, les foyers Sonacotra, les villages qui résistent à la touristification, les anciennes colonies, les hôpitaux psychiatriques… partout où la force des choses, la colère ou le bon sens mènent les uns et les autres à sentir ce qui les distingue radicalement de la figure du « bon citoyen » (français ou européen qu’importe)… au nom duquel on surveille, on « sécurise », on ment, on tabasse, on extorque, on vend des armes, des centrales nucléaires, on exploite, on acculture, on affame, on rend stérile, on expulse, on enferme, on tue.

    Ce que l’on veut conjurer par dessus tout c’est le spectre du soulèvement. Lent, progressif, par saccades mais soulèvement bien réel, de ce qu’on finira bien un jour par devoir re-nommer « peuple ». Pas celui dont on se réclame mais bien celui qui partout, tout le temps, échappe à la normalisation et au contrôle, surgit là où ne l’attend plus.

Benjamin

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27 mars 2009

Concert de "L'Angle Mort", au Fil, à Saint-Etienne

Concert de "L'Angle Mort"

au Fil (20 boulevard Thiers, plaine-achille, 42000 Saint-Etienne)

samedi 28 mars 2009 à 20h*

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L'Angle Mort par Acontresens :

    "Ici la périphérie est au centre, et des territoires libérés s’inventent" Pour créer des angles qui se dérobent au pouvoir, tout est question de positions et de jonctions. Plus qu’une fusion ou qu’un carrefour de genres périphériques, L’Angle mort est un nouveau centre. Un épicentre. Des guitares et une batterie nerveuses et fracturées comme démonstration de puissance, des mots traqués et s’élevant à la hauteur du soulèvement. Zone Libre, groupe instrumental composé de Serge Teyssot-Gay, Marc Sens et Cyril Bilbeaud, rencontre Hamé (La Rumeur) et Casey, fers de lance d’un rap mêlant depuis toujours l’insurrectionnel à l’intime.

    Le premier projet de Zone Libre, Faites vibrer la chair, exprimait bien cette dimension épidermique, charnelle d’une musique plongée dans la violence de son époque, partant du corps individuel vers le corps social. Casey, plume unique par sa complexité rimique et son ressassement novateur, voix-poignard et obsédante, est l’incarnation même des douleurs et de la haine qui habitent tous ses textes trempés dans les angles morts qui l’ont vu naître. Avec La Rumeur, Hamé a su construire l’exemple même d’un rap politique, complexe parce que conflictuel, traîné devant les tribunaux par l’Etat et bâtissant sa citadelle de création résistante. Emergeant de ce brasier à fleur de nerfs, L’Angle mort est un point d’impact. Le témoin d’une histoire, d’un climat, et de lendemains que l’on craint comme on les souhaite.

    Une balise en flammes pour l’intifada qui vient.

Première partie : Collectif Mary-Read

    Hip-Hop rouge et noir né à l’ombre des puits de mine de Saint-Etienne et Montceau-les-mines. Le groupe est composé de 3 MC’s Calavera, Mina et Nergal et de DJ Pliz. Les textes abordent les thèmes des frontières, de la société de contrôle, de la prison, des luttes féministes, de l’antifascisme, le tout accompagné de la logique flibustière de Mary Read et Anne Bonny, les premières femmes pirates.

 

Logo_maryread

* L'Angle Mort et Mary Read apportent leur soutien à Julien Coupat (toujours en prison depuis le 11 novembre), mais aussi bien sûr à tous les inculpés des lois anti-terroristes (Farid, Damien, Bruno, Isa, Yldun, et beaucoup d'autres, qu'ils ou elles soient de Tarnac, de Villiers-le-bel ou d'ailleurs). Nous exigeons toujours la libération de tous ces prisonniers, et la fin sans condition des mises en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

16 mars 2009

Lettre de 8 des 9 inculpés de l’affaire de Tarnac, à leurs juges.

    Voilà quatre mois que le feuilleton médiatico-judiciaire intitulé l’"affaire de Tarnac" ne cesse de ne plus vouloir finir. Julien (Coupat) va-t-il sortir à Noël ? Pour le Nouvel An ? Aura-t-il plus de chance vendredi 13 ? Non, finalement on le gardera encore un peu en prison, enfermé dans son nouveau rôle de chef d’une cellule invisible. Puisqu’il semble que quelques personnes aient encore intérêt à faire perdurer cette mascarade, même au-delà du grotesque, il va nous falloir endosser, encore une fois, le rôle que l’on nous a taillé ("les 9 de Tarnac"), pour un nécessaire éclaircissement collectif. Alors voilà. ...

    Primo. Pendant que des journalistes fouillaient jusque dans nos poubelles, les flics reluquaient jusqu’à l’intérieur de nos rectums. C’est assez désagréable. Depuis des mois vous ouvrez notre courrier, vous écoutez nos téléphones, vous traquez nos amis, vous filmez nos maisons. Vous jouissez de ces moyens. Nous, les neuf, nous les subissons, comme tant d’autres. Atomisés par vos procédures, neuf fois un, alors que vous, vous êtes toute une administration, toute une police et toute la logique d’un monde. Au point où nous en sommes, les dés sont un peu pipés, le bûcher déjà dressé. Aussi, qu’on ne nous demande pas d’être beaux joueurs.

    Deuzio. Bien sûr vous avez besoin d’"individus", constitués en "cellule", appartenant à une "mouvance" d’une fraction de l’échiquier politique. Vous en avez besoin, car c’est votre seule et dernière prise sur toute une part grandissante du monde, irréductible à la société que vous prétendez défendre. Vous avez raison, il se passe quelque chose en France, mais ce n’est certainement pas la renaissance d’une "ultragauche". Nous ne sommes ici que des figures, qu’une cristallisation somme toute plutôt vulgaire d’un conflit qui traverse notre époque. La pointe médiatico-policière d’un affrontement sans merci que mène un ordre qui s’effondre contre tout ce qui prétend pouvoir lui survivre. Il va sans dire qu’à la vue de ce qui se passe en Guadeloupe, en Martinique, dans les banlieues et les universités, chez les vignerons, les pêcheurs, les cheminots et les sans-papiers, il vous faudra bientôt plus de juges que de profs pour contenir tout ça. Vous n’y comprenez rien. Et ne comptez pas sur les fins limiers de la DCRI pour vous expliquer.

    Tertio. Nous constatons qu’il y a plus de joie dans nos amitiés et nos "associations de malfaiteurs" que dans vos bureaux et vos tribunaux.

    Quarto. S’il semble aller de soi pour vous que le sérieux de votre emploi vous amène jusqu’à nous questionner sur nos pensées politiques et sur nos amitiés, nous ne nous sentons pas, quant à nous, le devoir de vous en parler. Aucune vie ne sera jamais absolument transparente aux yeux de l’Etat et de sa justice. Là où vous avez voulu y voir plus clair, il semble plutôt que vous ayez propagé l’opacité. Et l’on nous dit que, désormais, pour ne pas subir votre regard, ils sont toujours plus nombreux ceux qui se rendent à des manifestations sans téléphone portable, qui cryptent les textes qu’ils écrivent, qui font d’habiles détours en rentrant chez eux. Comme on dit : c’est ballot.

    Quinto. Depuis le début de cette "affaire", vous avez semblé vouloir accorder beaucoup d’importance au témoignage d’un mythomane, aussi appelé "sous X". Vous vous obstinez, c’est courageux, à accorder un peu de foi à ce ramassis de mensonges, et à cette pratique qui a fait l’honneur de la France il y a quelques décennies - la délation. C’en serait presque touchant, si ça ne conditionnait pas l’accusation de chef à l’encontre de Julien, et donc son maintien en détention. Si ce genre de « témoignage » ne justifiait pas des arrestations arbitraires – à l’occasion, par exemple, de quelques balles envoyées par la Poste, ou sur la police, dans l’Hérault, ou à Villiers-le-bel.

    Enfin, étant entendu que la marge de liberté qu’il nous reste est désormais fort réduite, que le seul point à partir duquel nous pouvons nous soustraire à votre emprise réside dans les interrogatoires auxquels vous nous soumettez à intervalles réguliers. Que Julien s’est déjà vu refuser quatre demandes de remise en liberté. Qu’il est notre ami. Qu’il n’est rien de plus que ce que nous sommes. Nous décidons qu’à partir de ce jour, dans l’héroïque tradition d’un Bartleby, "nous préférerons ne pas". En gros, nous ne vous dirons plus rien et cela jusqu’à ce que vous le libériez, jusqu’à ce que vous abandonniez la qualification de chef pour lui et de terrorisme pour nous tous. En résumé, jusqu’à ce que vous abandonniez les poursuites.

    Pour tous ceux qui, là où ils sont, se battent et ne se résignent pas. Pour tous ceux que le ressentiment n’étouffe pas et qui font de la joie une question d’offensive. Pour nos amis, nos enfants, nos frères et nos soeurs, les comités de soutien. Pas de peur, pas d’apitoiement. Pas de héros, pas de martyrs. C’est précisément parce que cette affaire n’a jamais été juridique qu’il faut transporter le conflit sur le terrain du politique. Ce que la multiplication des attaques d’un pouvoir toujours plus absurde appelle de notre part, ce n’est rien d’autre que la généralisation de pratiques collectives d’autodéfense partout où cela devient nécessaire.

    Il n’y a pas neuf personnes à sauver mais un ordre à faire tomber.

Aria, Benjamin, Bertrand, Elsa, Gabrielle, Manon, Matthieu, Yldune sont, avec Julien Coupat, mis en examen dans l’"affaire de Tarnac".

(Publié aussi dans le journal Le Monde, du 17 mars).

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13 mars 2009

Encore un déni de justice !

    Cette fois encore, la chambre de l'instruction a rejeté la demande de remise en liberté effectuée par Julien Coupat, honteusement inculpé pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Il va donc rester en détention à la prison de la Santé, où il est enfermé depuis quatre mois. Selon les propos de Me Irène Terrel, son avocate, "...il s'agit d'un déni de justice, d'un déni des principes du droit" [...], Julien Coupat est "le bouc émissaire d'un fiasco judiciaire", Et c'est le moins qu'on puisse dire, en effet, face à l'acharnement politico-judiciaire dont il est l'objet.

    La lutte continue, nous n'oublierons pas les prisonnières et les prisonniers pendant la grève générale et l'insurrection qui vient.

Comité Stéphanois contre les lois anti-terroristes et la civilisation spectaculaire-marchande

Le coup de bâton de la juge anti-terroriste : Farid à la santé (11 mars 2009)

Mercredi 11 mars, Ivan et Farid ont été convoqué devant les juges d’instruction pour une audition sur l’instruction en cours. Mais surtout, il s’agissait pour le parquet et aux juges de demander leur réincarcération sous prétexte qu’ils seraient en récidive de violation de contrôle judiciaire ( voir "le "cadeau" de la juge anti-terroriste : durcissement du contrôle judiciaire d’Ivan et Farid" sur http://nantes.indymedia.org/article/14975... . Les flics les auraient vu ensemble à certains rassemblements en solidarité avec Isa (incarcérée à ce moment-là). Leur contrôle judiciaire leur interdisait « d’entrer en contact de quelque manière que ce soit ». Le Juge des Libertés et de la Détention M. Maton a donc suivi les réquisitions du procureur. Et, Farid a été amené à la prison de la Santé dans la soirée. Ivan, quant à lui, ne s’est pas présenté à sa convocation. (lire la suite sur indy grenoble) Voir en ligne : http://grenoble.indymedia.org/2009-03-12-Le-coup-de-baton-de-la-juge-anti-...

Source : http://www.soutien11novembre.org/

08 mars 2009

Julien Coupat

La décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris (saisie par la défense après un nouveau rejet de mise en liberté) concernant Julien Coupat sera rendue le vendredi 13 mars prochain.

Information donnée par le Comité de Paris

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