Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

22 février 2019

Halimi-Rimbert : les Marx-Engels du XXIe siècle ?

Halimi-Rimbert : les Marx-Engels du XXIe siècle ?

Ce n’est pas la première fois que des héritiers présomptifs autoproclamés et surtout présomptueux de Marx se réclament de lui pour avancer leurs propres thèses et interprétations pseudo-révolutionnaires. Mais jusqu’à récemment cette usurpation était le fait, d’un côté, de leaders et théoriciens de groupuscules d’extrême-gauche, et, de l’autre, d’universitaires adeptes du marxisme-lénifiant. La nouveauté, avec le tandem Halimi-Rimbert, est que l’on a affaire à des journalistes, citoyennistes bon teint en plus, considérant que le vote aux élections programmées par les gouvernants reste l’arme fatale contre le néo-libéralisme, et pour qui, si révolution il y a, elle ne saurait donc être que «citoyenne». C’est-à-dire légale, réformiste et pacifique, sans autre horizon qu’un capitalisme amendé et civilisé, «apprivoisé», pour reprendre le souhait formulé par l’anthropologue de «centre gauche» Emmanuel Todd.
Or voilà que le directeur du Diplo et son adjoint se mettent à parler à leur tour d’«insurrection», de «révolte», de «destitution». Il ne manque plus que le «soulèvement», mais il semble qu’ils aient été dissuadés d’aller trop loin en reprenant ce vocable par la menace de poursuite judiciaire de la part du Ministre de l’Intérieur Castaner contre l’une des figures des Gilets jaunes, Éric Drouet, qui avait appelé à «un soulèvement sans précédent par tous les moyens nécessaires» pour riposter à l’énucléation commise par la flicaille contre une autre figure du mouvement, Jérôme Rodriguez. Il est vrai que l’on voit mal notre duo diplomatique inciter sa chalandise néo-petite bourgeoise à l’émeute et encore moins à la guerre civile contre le gouvernement.
Comment pourrait-il le faire, en effet, alors que cette «classe moyenne éduquée» est totalement déconnectée des classes populaires — si l’on excepte les enseignants du primaire et du secondaire, et les travailleurs sociaux, minoritaires dans le lectorat du Diplo. D’où sa surprise voire sa sidération lorsqu’une partie d’entre elles ont enfilé un gilet jaune pour occuper ronds points et péages voire faire quelques incursions dans les «beaux quartiers», afin d’exprimer leur colère et faire valoir leurs revendications. Comme l’avait noté Halimi lui-même, qui semblait découvrir la lune, dans un article paru le mois précédent, ce mouvement social imprévu, y compris par les sociologues et politologues dont il aime à s’entourer, est «culturellement étranger à la plupart de ceux qui font le journal et de ceux qui le lisent » [1] . Sans remettre en cause, comme il se doit, la division capitaliste du travail à l’origine de ce clivage, remise en cause qui relève pour lui comme pour ses semblables de l’impensable. Un peu plus de «justice sociale», un peu moins d’inégalités : c’est ce à quoi se résume, en effet, le progressisme des «amis du Monde diplomatique». Mais alors comment interpréter l’irruption soudaine en une du journal de ce copier-coller du titre de l’un des livres de Marx, avec un article au pluriel en moins, publié après sa mort avec une préface de Engels : Les luttes de classe en France ? [2]

Mon hypothèse est que le duo Halimi-Rimbert a simplement voulu se mettre au diapason d’un mouvement social qu’eux et leurs amis n’avaient, à la différence des précédents, ni prévu ni voulu, et qui les a, passez-moi l’expression, laissés sur le cul. En empruntant à Marx le titre martial de l’un de ses écrits, ils ont simplement voulu faire courir de délicieux frissons insurrectionnels dans l’échine toujours courbée de leur lectorat de néo-petits bourgeois, ces «agents dominés de la domination», comme les définissait bien l’un de leur maître à penser, le sociologue Pierre Bourdieu, sans en tirer, toutefois, les enseignements politiques qui s’imposaient. Comme il fallait s’y attendre, la conception de la lutte des classe du tandem Halimi- Rimbert diffère quelque peu de celle de Marx, foncièrement anticapitaliste comme chacun sait, dont ils n’ont jamais vraiment assimilé la pensée tant elle va à l’encontre de la ligne idéologique du mensuel, l’altercapitalisme, dont l’un et l’autre n’ont pas dévié d’un pouce depuis qu’ils en ont pris la tête. Ils ne sont donc pas près de ni prêts à combler «le gouffre croissant» relevé avec une lucidité malheureusement sans suites par Halimi dans l’article de janvier mentionné, «entre un univers populaire qui subit les coups, essaie de les rendre, et un monde de la contestation (trop ?) souvent inspiré par des intellectuels dont la radicalité de papier ne présente aucun danger pour l’ordre social».
On peut dès lors se demander pourquoi les deux figures de proue du Diplo ont jugé bon de rejoindre les rangs de ces derniers dans le numéro du mois suivant. Ce qui renvoie à l’hypothèse évoquée plus haut : comme toutes les gloses explicatives de lettrés plus ou moins savants qui se sont abattus depuis des semaines sur les basses classes en révolte comme la vérole sur le bas-clergé, l’interprétation de leur mouvement proposée par Halimi et Rimbert, non pas à la lumière du marxisme mais sous le patronage post-mortem de Marx, ne s’adresse pas à celles-ci, qui n’en auraient de toute façon que faire, mais à une faune diplômée à qui l’on peut raconter à peu près n’importe quoi pour peu qu’elle puisse y trouver son compte symbolique. Certes, l’insurrection pronostiquée par certains il y a quelque temps déjà est bien venue, mais elle ne correspond pas à ses vœux tant dans sa forme que sur le fond. Mais, qu’à cela ne tienne ! Fort de leur savoir acquis dans les enceinte universitaires ou autres temples de la connaissance, une cohorte d’observateurs professionnels du monde social vont se succéder devant les micros et les caméras ou dans les colonnes des médias dominants, qu’ils aiment à vilipender par ailleurs, pour dévoiler aux spectateurs, auditeurs ou téléspectateurs qui croient aux dons de divination de ces pythies des temps post-modernes, les tenants supposés et aboutissants probables d’un mouvement qui s’est développé sans leur aide ni même leur présence. Qu’on se le dise, malgré tout : mieux que n’importe quel acteur anonyme du mouvement des Gilets jaunes, ils sont en mesure dire de quoi celui-ci est le nom. C’est ainsi qu’une fois de plus, car il est coutumier du fait, le Diplo présente comme le commencement de la fin pour la classe possédante, l’essor d’une opposition massive au pouvoir politique en place où l’on chercherait pourtant en vain trace des courants socialistes, communistes ou anarchistes qui irriguaient feu le mouvement ouvrier. Halimi et Rimbert pointent d’ailleurs l’absence dans les revendications des Gilets jaunes de la «lutte contre l’exploitation salariale» et de «la mise en accusation de la propriété des moyens de production». Mais diable quand a t-on lu dans ce journal de telles orientations alors qu’il ouvre ses colonnes à un économiste tel que Bernard Friot qui n’a rien d’autre à proposer qu’un «salariat basé sur la qualification individuelle», tournant le dos à Marx qui avait opté pour l’abolition pure et simple du salariat, quelle qu’en soit la forme, comme condition de l’avènement du communisme ? Quand à la nécessité d’«exproprier les expropriateurs» capitalistes, très partagée parmi le prolétariat du XIXe siècle, cette éventualité paraît n’avoir jamais effleuré l’esprit des collaborateurs, réguliers ou occasionnels, du mensuel. Et que dire d’autres failles reprochés par nos deux néo-marxistes mondains à des revendications qui «ne remettent en cause» ni la «subordination des salariés dans l’entreprise», ni «la répartition fondamentale des revenus» ou le «caractère factice de la souveraineté populaire au sein de l’union européenne et dans la mondialisation» ? Ces reproches valent en premier lieu pour ceux qui les adressent, en particulier sur le dernier point. Car la sortie simultanée de l’euro, de la Communauté européenne et de l’Otan n’a jamais fait partie des perspectives politiques tracées dans le Diplo qui a préféré traiter en pestiféré, c’est-à-dire par un silence absolu, celui qui les a toujours fait siennes, le leader de l’UPR, François Asselineau. Aussi peut-on considérer comme de pures «paroles verbales», comme on dit au Canard enchaîné, la recommandation faite à leurs ouailles par nos deux nouveaux venus dans le marxisme de la chaire de «marquer leur solidarité avec l’action des gilets jaunes» en agissant «dans le sens de la justice et de l’émancipation». On croirait lire la conclusion d’une dissertation d’un élève de première année à l’école des larves de Sciences Po.
Souvenons-nous de Siriza en Grèce puis Podemos en Espagne érigés par le Diplo en fers de lance de la lutte contre les puissants de ces deux pays, avec les résultats pour le moins médiocres voire désastreux en Grèce que l’on sait. Mais avec les Gilets jaunes on a affaire à un mouvement réellement populaire où la caste universitaire, hégémonique dans les organisations précitées, brille par son absence. Peu importe, cependant. Il s’agit là encore, pour les activistes, «de papier» eux aussi, du Diplo de remonter le moral des troupes en leur faisant croire que la bourgeoisie française ou plutôt «l’oligarchie» — je reviendrai sur ce distinguo — serait aujourd’hui aux abois. D’où la référence à des «précédents» historiques, tel le soulèvement armé prolétarien de Juin 1848, de «lutte des classes sans fard» où «chacun doit choisir son camp», au point où les possédants «saisis d’effroi», «perdent leur sang froid». À l’appui de ce parallèle sans rapport aucun avec la situation actuelle où le règne des capitalistes en France, nationaux ou étrangers, ne court aucun péril, sont cités les propos alarmistes d’éditorialistes «proches du patronat» attestant la panique qui se serait emparée de ce dernier.
Dommage que Halimi et Rimbert n’aient pas pu prendre connaissance au moment où ils rédigeaient leur brûlot ou ce qu’ils croyaient tel, d’un article de L‘ImMonde d’où il ressortait, comme le titre l’annonçait en grosses lettres pour soulager ses lecteurs, que «les entreprises» étaient «peu ciblées par les “gilets jaunes”» [3]. «Un ministre de premier plan», apprenait-on, aurait même déclaré que l’«on n’est pas dans un schéma classique de lutte de classes», car «la fracture se fait entre ceux qui ont de l’espoir et ceux qui n’en ont pas». Entre «ceux qui réussissent» et «ceux qui ne sont rien», aurait précisé Macron. En tout cas, les exploiteurs sortent jusqu’ici indemnes de la tourmente, et, comme le concluent les auteures de l’article, «c’est désormais l’État et son premier représentant Emmanuel Macron, accusé d’être le “président des riches”, qui sont visés par la colère populaire». Or, c’est bien là où le bât blesse dans la prétention de Halimi-Rimbert à suivre les pas de Marx dans leur examen de la «recomposition politique et sociale» en cours dans l’hexagone. «Le président des riches» est le titre d’un essai à succès publié en 2010 de deux sociologues bien en cour au Diplo — ils ont repris du service dans le numéro de février — qui s’étaient échinés à mettre à profit leur popularité médiatique pour inciter tous ceux que leur livre avait enthousiasmés à voter et faire voter Hollande à la présidentielle de 2012 pour «battre Sarkozy» auxquels ils avaient accolé cette appellation. Un Hollande qui, une fois élu président, servira «les riches» avec autant d’ardeur sinon plus que son prédécesseur en casant Macron à l’Élysée comme secrétaire général adjoint de son cabinet, puis à Bercy comme ministre de l’économie. Mais on ne peut pas exiger de chercheurs en sciences sociales de chercher autre chose que ce que leur appartenance de classe les conduit à trouver, en laissant le reste de côté.
À cet égard, l’intitulé de l’article de Halimi dans le Diplo de janvier est involontairement révélateur. «Tout ce qui remonte à la surface» avec le mouvement des Gilets jaunes, c’est précisément ce que le discours autorisé sur le monde social, auquel le Diplo fait écho avec la dissonance sur laquelle repose son image de marque, a laissé enfoui. Ainsi en va t-il de la bourgeoisie que le couple Pinçon- Charlot s’entête à ne plus appeler par son nom pour lui en substituer un autre, «l’oligarchie», moins marqué du sceau d’infamie marxienne. Concept transhistorique qui date de l’antiquité grecque, il fait oublier le caractère de classe exploiteuse d’où la bourgeoisie tire sa spécificité, en plus de ses revenus, et, par delà, le caractère capitaliste de la société, pour ne cibler que «les riches» et même les «très riches» voire, comme se plaisant à le souligner nos deux sociologues, les «ultra-riches», en faisant l’impasse sur le fondement social de cette richesse. Pas étonnant, dès lors, que le mouvement des Gilets jaunes ne soit perçu que comme celui de gens demandant au gouvernement de rendre les uns un peu moins riches pour que les autres soient un peu moins pauvres.
Certes, Halimi et Rimbert, usent — avec parcimonie — du terme «bourgeoisie», mais c’est, malgré leur volonté de «clarification idéologique», sur la base d’une confusion entre classe possédante et classe dirigeante. La première est, rappelons-le quand même, constituée par les capitalistes tandis que la seconde, les «fondés de pouvoir du capital» comme Marx appelait les gouvernants de la démocratie représentative, comprend aussi bien des bourgeois que des petits bourgeois. Or, mêlant indistinctement «hauts fonctionnaires français ou européens, intellectuels, patrons, journalistes, droite conservatrice, gauche modérée», Halimi et Rimbert en viennent à englober le tout sous la notion pour le moins floue de «bourgeoisie cultivée». Une manière de noyer le poisson néo-petit bourgeois, c’est-à-dire les politiciens «de gauche» pour qui tous les deux comme la plupart de leurs lecteurs ont voté sans désemparer pendant des années, dans un salmigondis interclassiste où Marx ne reconnaîtrait pas les composantes de la classe dirigeante. Car dans ce «bloc bourgeois» que nos deux marxistes en herbe accusent d’avoir monopolisé le pouvoir d’État et dont la stratégie aurait fait que «les classes populaires se trouvent exclues de la représentation politique», figurent bon nombre de dirigeants de ce que l’on a appelé la «gauche plurielle» issus de la petite bourgeoisie intellectuelle.

Des plus hauts postes de la pyramide étatique jusqu’aux collectivités locales ainsi qu’à la tête d’associations importantes, ses représentants secondent la bourgeoisie dans le maintien de sa domination, dans la cadre soi-disant démocratique d’«alternances politiciennes» sans alternative politique. Le dessus du panier de cette classe médiane et médiatrice vit comme la «grande bourgeoisie» dans l’entre soi, pointe du doigt les «ultra-riches» mais oublie les quartiers populaires et méprise les gens qui y résident, écologiquement incorrects parce qu’ils roulent au diesel et fument trop, font leurs courses dans des hypermarchés, regardent à la télévision les émissions de divertissement et, pour couronner tout, sont suspectés d’inclinations homophobes, racistes voire d’extrême-droite. D’où le peu d’appétence pour les «gilets jaunes» de l’intelligentsia progressiste qui sert de guide idéologique à cette classe. Ce qui ne l’a pas empêchée d’essayer de prendre le train en marche en apportant son soutien à leur mouvement, non sans quelques hésitations au départ, mais comme la corde soutient le pendu. Ainsi a t-on vu fleurir dans le journal libéral- libertaire du milliardaire sioniste Patrick Drahi ou sur le site du patron moustachu de Médiapart qui avait voté Macron au deuxième tour de la présidentielle, les appels de quelques pointures en vue du gratin académique à se solidariser avec les Gilets jaunes en se joignant à eux dans la rue ou au moins sous forme de manifestations parallèles et séparées, féministes et LGBTQ, par exemple, pour «selzéceu» qui redoutaient le mélange du bon grain «bobo» avec l’ivraie populo.
En matière de récupération, le cas de François Ruffin est à cet égard emblématique. Après avoir tenté en vain de taper l’incruste chez les Gilets jaunes de son fief picard de Flixecourt pour élargir sa base électorale, on a vu le clown de la France insoumise défiler le samedi 24 novembre sur les Champs Élysées au milieu de «la France invisible» revêtue de jaune qui, selon lui, avait décidé de «passer de la résignation à l’action» pour «se rendre visible». Sans aller cependant jusqu’à l’accompagner jusqu’à l’Arc de Triomphe pour lui donner un coup de main dans son affrontement avec les forces répressives. Il faut dire qu’il avait bien précisé lors d’une autre prestation filmée aux Champs Élysées, flanqué de trois Gilets jaunes, que s’il accédait au sommet du pouvoir à l’issue d’une prochaine consultation électorale de ce serait pour «ramener la concorde nationale» dans le pays. Lors d’un entretien avec le médiacrate Nicolas Demorand sur France Inter quelques mois auparavant, il avait même affirmé sa foi en la non-violence pour dissiper les craintes de désordres que pouvait susciter la «manifestation pot-au-feu» dont il était l’initiateur, qu’il souhaitait «festive et joyeuse» pour «faire la fête à Macron» — pour qui il avait voté lui aussi. S’il voulait «rallumer le feu», c’était celui «de l’espoir dans le cœur des gens» et non pour jouer les incendiaires. Or, pas plus que les Nuits à dormir debout dont il fut aussi le promoteur au printemps 2016 où accoururent de jeunes petits bourgeois précarisés ou en voie de l’être, cette bouffonnerie carnavalesque ne changea quoi que soit dans le rapport de forces avec «l’oligarchie». Et la tentative de Ruffin de «servir de passerelle» entre la «France périphérique» et la «classe éduquée» parisienne, lancée place de la République devant ses fans le 29 novembre 2018 alors que le mouvement des Gilets jaunes battait son plein, se solda également par un fiasco. Aux dernières nouvelles, notre Tintin picard se prépare à rééditer l’opération «Merci patron !». Faute de pouvoir s’intégrer au mouvement des Gilets jaunes ou de l’intégrer à la gauche plan-plan au plus fort de sa vitalité, il a décidé de le filmer «pour qu’il laisse une trace». Une manière de l’enterrer avant même qu’il prenne fin ! À l’écouter, pourtant, «quand un mouvement tient entre Noël et le jour de l'An, qu'il tient en janvier, c'est qu'il y a des chances pour qu'au printemps il se passe des choses dans ce pays». On peut se demander néanmoins si le titre qu’il a choisi ne révélerait pas plutôt un désir de faire oublier au plus vite un hiver peu favorable à ses tentatives de récupération : «J’veux le soleil !» À moins qu’inspiré par les réminiscences historiques dont Halimi et Rimbert ont truffé leur «papier», il se voie déjà comme l’annonceur et le leader d’un nouveau Printemps des peuples !
«Le Paris de 2019 ressemble au Versailles de 1789», si l’on en croit le duo Halimi- Rimbert, jamais à court de références révolutionnaires, qui convoquent également d’autres événements majeurs où le pouvoir des nantis fut assez rudement menacé (la Commune de Paris, juin 36, mai 68). Pourtant, il est douteux que la capitale soit appelée à être à nouveau le foyer ou la cible d’une intensification de la lutte des classes. Et l’on voit mal en quoi la carte des «lieux de pouvoir à Paris», publiée sur deux pages en tiré à part par le Diplo, peut «déranger» ceux qui les occupent, contrairement à ce qu’imaginent ceux qui l’ont fait dresser. Certes, Ruffin, lors de la soirée de novembre où il pensait convaincre son auditoire de «converger» avec les Gilets jaunes lui avait bien suggéré d’organiser une série d’«apéros facebook au vin chaud devant les lieux de pouvoir». Mais, pas plus qu’«un dîner de gala», comme l’avait rappelé Mao, la révolution, même limitée à une version citoyenno-écologique, ne saurait se limiter à boire joyeusement un coup en bandes devant les entrées des ministères ou des siège sociaux. La destruction par des manifestants, le 5 janvier 2019, lors de l’« acte VIII » du  mouvement des Gilets jaunes , du portail de l' hôtel de Rothelin-Charolais , siège du  porte-parole du Gouvernement , à l’aide d’un chariot- élévateur, obligeant Benjamen Grivaux à s’enfuir de son bureau en courant, n’a rien à voir avec des pantalonnades collectives pseudo-subversives dont Ruffin s’est fait le chantre. Elle donna un petit aperçu de ce que serait l’investissement de la capitale par la foule de ceux qui en on été chassés ou n’y ont jamais eu droit de cité. Si les «gilets jaunes» ayant enfin fait la jonction avec les «racailleux de banlieues» sur des bases politiques révolutionnaires s’avisaient de vouloir mettre à sac quelques hauts lieux du pouvoir économique, politique et intellectuel, nul doute que l’on verrait ressurgir la «grande peur des bien-pensants», penseurs de gauche mondains compris, et tout ce qui s’ensuit : la fin des festivités populaires dans un bain de sang.



Jean-Pierre Garnier

Notes :

1- Serge Halimi, «Quand tout remonte à la surface», Le Monde diplomatique, janvier 2019.

2- Serge Halimi et Pierre Rimbert, «Lutte de classes en France», Le Monde diplomatique, février 2019.

3- Le Monde, 7 février 2019.

Ce texte envoyé par notre camarade Jean-Pierre Garnier nous ayant quelque peu interrogé sur deux points particuliers, nous faisons suivre ci-dessous les brèves remarques que nous lui avions envoyées et la réponse qu'il nous a rapidement donnée :

Nos remarques : "Très bon topo ! Même si à nos yeux un ou deux points qu'il serait ardu de développer ici restent discutables. Pour tout de même le dire vite : 1 - Nous ne pensons pas que le clampin Asselineau puisse présenter un quelconque intérêt. Autant que nous le sachions, il n'est pas plus révolutionnaire ou simplement anti-capitaliste que l'ensemble de ses coreligionnaires. Qu'il veuille sortir de l'UE et de l'OTAN ne change rien à l'affaire, puisqu'il s'agit seulement chez lui d'un désir de revenir à un Etat fort et à une France du passé qui n'a réellement jamais existé, sinon dans les fastidieux rêves de sa caboche presque aussi décomposée que celle d'un Zemmour. 2 - Quelles qu'aient pu être dans un premier temps leurs hésitations, il n'en reste pas moins qu'une part de la "classe moyenne" et de la "petite bourgeoisie" dites "ultra-gauchistes" par la médiacratie et le pouvoir a tôt fait de rejoindre les gilets jaunes dans les manifestations comme parfois sur les ronds-points, et assez régulièrement avec pour objet que les choses s'emballent, si nous pouvons le dire ainsi. Nous n'avons tout de même pas tous une cervelle du Diplo ou de Ruffin, en quoi d'ailleurs il me paraît bienvenue de faire suivre ici cette "banalité de base" que nous écrivions il y a quelques temps maintenant : - "Si nous pouvons sans rougir renvoyer dos à dos certains prétendants au gauchisme et la police, c'est que les uns comme l'autre font tout pour nous enfermer dans une catégorie abstraite du spectacle ; les premiers en effet nous définissent comme réactionnaire précisément là où la seconde nous définit comme membres de l'ultra-gauche." Voilà ce que nous pouvions en dire rapidement.

La réponse de Jean-Pierre Garnier : "Sur Asselineau, il faut tenir compte du contexte de mon topo. Il ne s'adresse pas à des anars, marxiens ou non, mais à des gens situés à gauche de la «deuxième droite» sociétale-libérale (PS, escrologistes...) insatisfaits de la frilosité ou de la légèreté politique du Diplo sur certaines questions d'ordre intérieur ou international, y compris au sein de ce journal. Parmi mes amis ou connaissances, je connais des militants de l'UPR ou des gens qui en sont sortis, les uns et les autres anti-capitalstes. Pour eux la «triple sortie» n'a de sens que si elle se situe dans une perspective de sortie du capitalisme. Ma divergence avec eux est que celle-ci ne doit pas être une simple «perspective» mais un processus combiné avec les trois autres de transformation sociale radicale que l'on appellera révolutionnaire si l'on veut. L'état (déliquescent) actuel qui caractérise ce qui reste de forces progressistes — et cela vaut aussi pour le NPA les anarchoïdes de Alternative liberaire qui reprennent à propos de la Russie et du Moyen-Orient la propagande de l'impérialisme US et de ses vassaux —, oblige à procéder par ordre au lieu de balancer la package idéologique qui ne convaincra que les déjà convaincus. Dans le cas du Diplo, leur refus d'envisager une sortie de l'Europe du capital va de pair avec leur incapacité à passer de l'anti-néolibéralisme à l'anti-capitalisme. Tout cela n'implique pas que j'ignore que Asselineau soit le chantre (gaulliste) d'un capitalisme national, visée irréaliste à l'ère du capitalisme transnational où seules les bourgeoisies russes ou chinoises peuvent encore impulser l'accumulation du capital dans le cadre de l'État-nation. Mais l'internationalisme doit, pour être autre chose qu'un vœu pieux, s'appuyer aujourd'hui dialectiquement sur le nationalisme comme idéologie de résistance face à l'emprise d'un impérialisme devenu transnational. On ne se libérera pas de l'Europe du capital si celle-ci ne se désintègre pas. Et l'on ne réussira pas à ne pas se laisser entraîner dans une troisième guerre mondiale si l'on ne coupe pas les ponts avec l''OTAN, condition sine qua non, en plus, pour engager une politique de désarmement. Sur la petite bourgeoisie intellectuelle et la possibilité ou la volonté d'une partie de ses membres de rompre avec sa propre classe, je serai plus bref. Celle-ci est autre chose qu'une «catégorie abstraite du spectacle», pour peu que l'on soit matérialiste au sens marxien, au lieu de reprendre les spéculations idéalistes des situationnistes qui ont préféré réduire la réalité sociale à l'univers fantasmagorique du«spectacle» plutôt que la soumettre à une analyse concrète de situations concrètes permettant d'avoir prise sur elle pour pouvoir agir sur elle. Suffisamment d'écrits (dont les miens ) ont été consacrés à la place et au rôle de la PBI à la reproduction des rapports de production capitalistes pour éviter de verser à nouveau dans la vision individualiste volontariste selon laquelle suffirait à chacun de vouloir pour pouvoir en ignorant les déterminations de classe. La «classe moyenne éduquée», comme l'appellent les sociologues qui en sont issus pour nier qu'elle a structurellement partie liée avec la bourgeoisie, c'est-à-dire les exploiteurs, ne «bascule», en tout ou en partie, dans le camp des exploités que si 1° ceux-ci se mobilisent massivement contre l'exploitation 2° celle-là a intérêt à le faire. Les «gauchistes» néo-petits bourgeois sont des exceptions à la règle — je ne parle pas de ceux qui sont précarisés, en voie de ou menacés de l'être qui font partie des gens qui ont intérêt à rejoindre les rangs des exploités condition n° 2) — , mais une règle qui, précisément, explique qu'ils soient des exceptions, des exceptions toujours minoritaires. Comme c'est le cas de ceux qui, aujourd'hui, appuient pratiquement, et non à coups de pétitions, de prestations dans les médias ou de manifs- bidons, le mouvement des gilets jaunes.

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12 novembre 2018

Pour une journée de résistance simultanée

POUR UNE JOURNÉE DE RÉSISTANCE SIMULTANÉE, SANS FRONTIÈRES, LE 10 DÉCEMBRE 2018,
CONTRE LE DURCISSEMENT DU CAPITALISME ET DE LA SOCIÉTÉ AUTORITAIRE

Partout dans le monde, au prétexte de la dette des États, le pouvoir ne cesse d’accroitre les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres et de détruire la planète.

Partout dans le monde, ce recul de nos droits et ce saccage de la vie s’accompagnent d’une amplification de la surveillance et de la répression contre tous ceux qui s’y opposent.

Partout dans le monde, le pouvoir tente de diviser pour mieux régner en détournant la colère sur le dos des migrants qu’il fait passer pour les principaux responsables du malheur des opprimés.

Partout dans le monde, le fascisme ne cesse de monter, stade ultime du capitalisme, paroxysme de la société autoritaire, prêt à éliminer ses opposants et tous ceux qui lui déplaisent.

Partout dans le monde, le pouvoir se prétend légitime au prétexte, d’une part, de lois qu’il écrit lui-même pour conserver et renforcer sa position, et, d’autre part, d’élections périodiques qui n’ont rien de démocratiques puisqu’elles sont le produit de la fabrique de l’opinion par les médias de masse qui appartiennent à la classe dominante.

Partout dans le monde, le pouvoir usurpe sa position et nous vole nos vies.

À la différence des classes opprimées du 19ème siècle, au temps où elles commencèrent à s’organiser au niveau international et à se révolter, nous sommes aujourd’hui face à deux problèmes nouveaux qui s’ajoutent aux précédents : la course contre la montre technologique face à un pouvoir qui ne cesser de se renforcer grâce à de nouveaux moyens de surveillance et de répression, ce qui rappelle les œuvres prophétiques de Orwell et de Huxley, et la course contre la montre écologique face à un capitalisme qui, en plus de nous exploiter, arrive maintenant à un stade où la destruction de la Terre sera bientôt irréversible.

Nous ne pouvons donc plus attendre. Nous ne pouvons plus nous contenter de lutter chacun de notre côté, chacun à l’intérieur de nos frontières, chacun dans le cadre de nos luttes spécifiques sur toutes sortes de sujets, chacun avec nos différentes façons de penser et d’agir.

Il devient urgent de faire converger nos résistances, un jour par mois, à compter du 10 décembre 2018 et, par la suite, tous les 10 de chaque mois, en même temps, partout dans le monde, parallèlement à nos luttes locales quotidiennes.

Nous proposons un jour par mois d’actions simultanées contre le durcissement du capitalisme et de la société autoritaire. Un jour par mois pour rappeler partout que cette lutte est globale. Un jour par mois pour évoquer l’urgence de nous mobiliser partout et d’en finir avec le pouvoir et l’exploitation. Un jour par mois pour entrer dans un compte à rebours, reprendre confiance en nous, devenir plus nombreux, et préparer ensemble la fin de la société autoritaire et du capitalisme.

Le 10 de chaque mois est le premier jour à deux chiffres, comme un changement d’ère, d’époque, de maturité. Car nous devons sortir de la préhistoire politique et économique de l’humanité avant qu’il ne soit trop tard.
Parmi nous, pas de chef, pas de responsable, pas de direction syndicale, pas de bureau d’un parti, pas d’homme providentiel, pas de d’avant-garde éclairée : nous proposons uniquement et simplement un jour de convergence globale par mois, mais nous ne voulons en rien diriger ni coordonner quoi que ce soit. Juste donner une impulsion de départ, avec ce texte et les actes qui vont s’ensuivre.

Nous ne proposons pas non plus une marche à suivre, une façon de faire, un cadre précis à nos actes ce jour-là : à chacun de lutter comme il l’entend là où il se trouve et de cibler ce qui lui semble important. Descendre dans la rue un même jour, partout dans le monde, est déjà quelque chose d’important, ne serait-ce que pour parler et préparer la suite en occupant des places, des terres, des usines, et plus, beaucoup plus, si certains le souhaitent.

À chacun d’imaginer sa façon de résister ce jour-là et de la faire savoir, éventuellement avec des photos ou des vidéos, à travers nos médias libres et autogérés partout dans le monde, comme les indymedia, par exemple.
À chacun de traduire dans d’autres langues ce message et de le propager, sur Internet et jusque sur les murs des villes, pour que chaque 10 du mois, nous soyons toujours plus nombreux et plus déterminés.

Personne ne nous libérera que nous-mêmes : c’est à nous de prendre au plus tôt nos vies en mains.
Le pouvoir n’est pas à conquérir, il est à détruire.


Des anarchistes, libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes et anti-autoritaires de plusieurs régions du monde (Grèce, France, Argentine, Espagne, Algérie, Italie, Mexique, Belgique, Canada, Allemagne…)

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21 août 2018

Squatter c'est lutter

Squatter c'est lutter

Squatter c'est lutter : une brochure de 1984 et plus que jamais d'actualité, par Molotov & Congetti.

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24 juillet 2018

Appel à soutien

APPEL à SOUTIEN !

LA BORIE SERA EXPULSABLE À LA FIN DE L'ÉTÉ !


Berceau d'une lutte mémorable dans les Cévennes contre un grand projet de barrage dans les années 80, ce lieu d'habitation et d'expériences politiques et humaines diverses est occupé depuis une trentaine d'années. Cet endroit, de nature préservée, à la biodiversité fourmillante, tenu et entretenu depuis toutes ces années par des personnes aux histoires éclectiques, à l'encontre des tentatives de réappropriation municipales ou privées, risque d'être expulsé !

Un jugement lourd est tombé - confirmant notre opinion sur l'infect visage de l'institution judiciaire - et les possibilités de recours sont très minces. Le jugement annonce l'obligation à quitter les lieux au 14 août et à partir de cette date une astreinte de 700 euros par jour pour les 3 personnes assignées et une intervention des forces de l'ordre possible à partir du 14 septembre. La manière dont le jugement est rédigé implique que nous n'avons très peu de certitudes d'obtenir des délais supplémentaires, malgré les tentatives de recours que nous allons effectuer. Nous considérons qu'il faut donc prendre en compte cette décision au pied de la lettre, et se préparer à son exécution dans ces termes, au vu du contexte exécrable et des comportements va-t-en-guerre des personnes de pouvoir, dans notre commune, comme ailleurs.

Nous avons décidé de nous opposer à cette expulsion et nous souhaitons garder ce lieu ouvert et continuer à vivre ici le plus longtemps possible. Nous devons également faire face à des réactions menaçantes de certain-es habitant-es du coin plutôt réactionnaires (insultes, menaces de représailles physiques et de destruction, saccage d'un vehicule, coups de feu en pleine nuit, agressions physiques).

C'est pourquoi, certain-es habitant-es de la Borie au quotidien ou par intermittence, nous lançons un appel urgent à différents types de soutien :

1 - En venant passer les prochains mois (ou plus) à la Borie pour préparer la résistance à l'expulsion en discutant, proposant, vivant, ou en construisant des choses avec nous, pour envisager comment faire barrage à l'arsenal repressif.

La Borie étant aussi depuis longtemps un lieu de réflexions et de pratiques de résistance à la psychiatrisation de nos existences, nous avons fait le choix d'etre un espace d'accueil et de soin, plutot que de tout miser sur la « valeur travail » et le productivisme. Aujourd'hui, sur nos souffrances et galères quotidiennes déjà complexes, se rajoute cette décision extrêmement sévère qui nous laisse très peu de temps pour nous retourner. Les personnes motivées et encourageantes sont donc les bienvenues.

Nous souhaitons que cette période puisse permettre d'élaborer des stratégies communes en accord avec les valeurs que nous portons, pour que cette bataille soit déterminée, féministe, queer, anti-coloniale, anti-capitaliste,... et qu'elle soit en résistance aux comportements racistes, sexistes, psychophobes ou validistes... donc respectueuse des réalités de chacun-e. En effet, il est indispensable que nous soyons nombreux-ses pour atténuer cette pression mais nous ne laisserons pas cette lutte devenir un étalage de virilisme guerrier où les personnes qui se sentent dans des capacités et envies différentes se sentiraient exclues ou dévalorisées. Nous aimerions que cet été puisse permettre aussi aux personnes qui le souhaitent de vivre des moments de partage sur tous les outils d'auto-défense existant face à cet état policier, et que les différentes luttes puissent trouver un écho et un espace d'expression. Nous vous accueillerons à bras ouverts, et en autogestion : beaucoup de choses seront à construire, si nous sommes aussi nombreux-ses que nous l'espérons.

2 - En nous rejoignant lors des Assemblées Generales des Luttes. La première étant à Saint-Jean-du-Gard, au parc derrière l'Aquarium (le Bois des Plumes), le 7 juillet vers midi, pour un pique-nique partagé avant de discuter à 14h. Pour évoquer non seulement les résistances face au projet d'expulsion de La Borie, mais aussi les contestations concernant l'ensemble des opérations de chasse aux pauvres, aux habitats précaires, à la gentrification touristique de nos communes, etc. L'atmosphère de guerre sociale nous étouffe, parlons-en, et organisons-nous !

3 - En organisant, là où vous êtes, des évènements de soutien (concerts, cantines, actions, et autres) afin de faire du bruit autour d'un très vieux squat qui pourrait sentir sa fin venir, et éventuellement faire aussi des sous pour les frais de justice déjà élevés. Nous pensons pouvoir évaluer les frais d'ici peu en fonction des recours potentiels. Car, non seulement on se fait dégager mais en plus il va falloir raquer.

Nous proposons d'ores et déjà le 14 août, pour une autre Assemblée Générale des Luttes, suivie d'un concert de soutien à La Borie. Pour toutes celles et ceux qui ne peuvent pas venir (individus, collectifs, réseaux...) l'idée est d'organiser localement un évènement de soutien ce même jour, ayant pour objectif de diffuser de l'information sur la situation, ainsi que de collecter des sous pour assurer notre défense. Cette date correspond à la fin du délai de 2 mois qui nous a été accordé avant de devoir quitter les lieux... un délai dérisoire au regard des trente années d'occupation des lieux !!

Et le 15 août, nous manifesterons dans les rues de St-Jean-du-Gard, pour faire entendre notre détermination à vivre sur les terres de La Borie, et plus largement à résister à toutes les logiques d'appropriation du vivant.

Entravons les velléités politiques des municipalités visant à nettoyer au karcher les zones habitées, à des fins touristiques, pour vendre aux visiteur-euses high standing des régions muséifiées sans pauvres ni crasseux-ses, sans constructions précaires, ou qui spéculent sur la vente des terres à de gros propriétaires déjà nantis.

4 - En faisant tourner l'info que nous cherchons des lieux de repli dans le coin ou plus loin pour nos affaires, nous-mêmes, nos casseroles et nos valeurs...

5 - En proposant ou en venant aussi passer des moments de joie et de partages comme des concerts, des ateliers, des chantiers, des fêtes, etc.

Ce message peut être diffusé de manière large, et plus particulièrement dans les réseaux d'ami-es, de militant-es, de sympathisant-es, sur les listes mails et réseaux anti-autoritaires, autonomes, féministes...

Pour nous contacter : nonauxexpulsionslaborie@riseup.net
La Borie en luttes : https://laborie.noblogs.org/

Si vous voulez venir ou organiser un truc ici et que vous connaissez pas bien l'endroit, écrivez-nous ! On pourra vous donner un peu plus de précisions sur comment venir, sur les différents espaces (certains sont des habitations, d'autres des cultures, certains sont tranquilles, d'autres plus collectifs, etc.). C'est plutôt cool de venir ici sans animaux de compagnie (y en a déjà plusieurs et ça peut faire trop pour certains-es). Les comportements relous, sexistes, racistes, homophobes, etc. ne sont pas les bienvenus.

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Ecologie : maintenant il faut se battre

Ecologie : maintenant il faut se battre

lecture/spectacle (2018)

avec des textes de Paul Watson, Derrick Jensen, Hervé Kempf, Pierre Ronsard, Vandana Shiva, Armand Farrachi, Fabrice Nicolino, Pierre-Emmanuel Neurohr et Lierre Keith

lus et interprétés par Audrey Vernon et Marianne Denicourt, avec Yves-Noël Genod, Geofroy Rondeau, Yacine Belhousse, Thomas Vandenberghe, Giorgia Sinicorni et David Azencot

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05 mai 2018

Lâche l'Appel, prends la pioche

Lâche l’Appel, prends la pioche
Publié le 5 mai 2018 | Maj le 4 mai
ZAD | rassemblement
Critique anti-autoritaire sur la ZAD de NDDL et appel à rassemblement les 12 et 13 mai.

Compagnon.ne.s, copa.in.e.s, compas, complices, camarades, c’est le moment de faire face aux forces armées de l’état capitaliste, aux tenant.e.s de la régularisation et aux gouvernances auto-proclamées de l’intérieur. Partout nous subissons leur domination et leur dédain. Partout nous luttons pour qu’ielles ne dirigent pas nos vies.

Le 14 mai 2018 a été fixé par l’état comme date limite pour les occupant.e.s « illégaux.ales » ne souhaitant pas se régulariser pour quitter les lieux… Cela pose la question de ce qu’est une occupant.e « illégal.le » ? Et quels sont ces « lieux » ? Et vers où ces personnes sont censées aller ? La « zone » deviendrait elle un territoire d’accès contrôlé ? Qui y aura accès ? Qui donnera les autorisations ? Sur quelles bases ? Dans quelles limites géographiques ? Que cela implique t’il comme mesures de contrôle social ? Qu’adviendra t’il des personnes jugées « illégales » ?

Une partie du mouvement contre l’aéroport et pour son monde a imposé sa vision au reste des occupant.e.s : si on est gentil.le, si on signe, si on barricade pas les boulevards de flics, si on acquiesce aux ordres de la police zadionale et de ses zadiocrates, l’état nous laissera tranquille…

Après avoir vendu à prix libre la route des chicanes (RD281) et imposer par la force la destruction de Lama Fâché, le dépôt de fiches (non communiquées auparavant à l’ensemble du mouvement ni à l’ensemble des occupant.e.s) a été fait malgré les désaccords profonds sur cette stratégie grâce à une campagne de lobbying dans l’urgence (avec en arrière plan les risques réels de sanctions physiques en mode « coffre et coups de pression »).

Depuis des années déjà, les coups de forces et les prises de pouvoir gangrènent la vie sur la Zad. Longtemps, les anti-autoritaires ont rongé leur frein pour ne pas compromettre la lutte contre l’aéroport. Aujourd’hui, le temps n’est plus à la compromission avec les franges « capitalist-friendly » ou hiérarchiques. L’aéroport est mort, vive les luttes !

Depuis la Zad, nous nous organisons pour lutter contre toutes les dominations et contre toutes les hiérarchies. Parce que nous ne tolérons pas que la Zad soit appropriée par des groupes qui imposent leurs vues à tou.te.s, s’approprient les moyens de production et cadenassent les organes de décisions politiques. Parce que la Zad est à tou.te.s, qu’elle se maintien grâce aux solidarité de tou.te.s, nous refusons sa gentrification.

Nous invitons tou.te.s les anti-autoritaires, les rebelles, les insurgé.e.s, les autonomes, les non-enfiché.e.s, les minorisé.e.s, les marginal.e.s, les cas sociaux, les loosers, les galèrien.ne.s, les schlags à se retrouver sur la Zad de Notre Dame des Landes les 12 et 13 mai 2018 (si tu veux venir avant, welcome) pour organiser de façon horizontale les ripostes les plus imprévisibles aux attaques autoritaires, étatiques et capitalistes.

La peur n’évite pas le danger.
Nous sommes résolu.e.s à ne pas céder sous les menaces d’où qu’elles viennent. Évidemment tout est autogéré et nos résistances seront ce que nous en feront.
Venez avec vos idées, vos analyses, vos points de vue, vos divergences, vos ateliers, votre matos, vos cagoules…

Soyons incontrôlables.

PS : Les comportements sexistes, validistes, homophobes, et généralement tous les comportements « relous » et oppressifs n’ont rien à faire de ce coté de la barricade ; ils sont les instruments de nos oppressions !

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27 avril 2018

Et à l'intérieur la vie continue !

Et à l'intérieur la vie continue !

un bref documentaire qui donne enfin la parole aux occupants de la fac de Tolbiac (2018)

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26 mars 2018

Un Appel

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Un Appel

(tract pour que le printemps 2018 soit révolutionnaire)

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23 février 2018

Le visage du sous-commandant Marcos

Le visage du sous-commandant Marcos

Le sous-commandant de l'EZLN (Armée de libération du sud) dévoile enfin son visage, au son d'une partie du manifeste et sur une musique de Manu Chao

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22 novembre 2017

Déclaration commune d'habitant.es de territoires en lutte face au sommet climat du 12 décembre à Paris

Déclaration commune d’habitant.es de territoires en lutte face au sommet climat du 12 décembre à Paris


A l’heure où une nouvelle perquisition, destinée à asphyxier et criminaliser toute tentative de résistance, frappe Bure, nous publions ici une tribune commune signée par de nombreuses associations, collectifs et territoires en lutte. Face aux tentatives d’intimidation, notre détermination sera partagée et notre calendrier sera commun tout au long du mois de décembre! Appel à action décentralisées autour du 6 décembre !

 

Urgence dans les territoires comme dans la rue !

Habitant.es de zones menacées ou à défendre, nous nous sommes réuni.es à plusieurs reprises pour décréter ensemble un mois d’urgence des luttes de territoire. En effet, le mois de décembre qui approche risque fort de recouvrir un sens particulier pour nous, à au moins deux titres.

D’abord, ce sera l’occasion pour le gouvernement Macron – le 12 décembre – de célébrer les deux ans de la farce tragique que fut la COP21. Nul doute que notre Banquier national se fera une joie de se revendiquer héritier de l’accord sur le climat, et de se poser en champion incontesté de la « croissance verte », à peine un mois après avoir soutenu publiquement un projet destructeur de mine d’or en Guyane, et pris position, par la voix de son ministre, en faveur de l’enfouissement des déchets radioactifs.

De la COP 21, nous retenons pour notre part l’amertume d’avoir vu les principaux responsables du saccage climatique se rassembler impunément fin 2015 et prétendre avoir les solutions à leur propre folie, et la colère d’avoir vu nos manifestations interdites sous couvert d’état d’urgence. Mais nous nous rappelons aussi l’arrivée à Versailles et la joie débordante d’une tracto-vélo venue de Notre-Dame-des-Landes et rendant superflue commune après commune l’application stricte de ce nouveau régime d’exception…

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Deux ans plus tard, le souvenir de ces convois venus de l’Ouest, mais aussi de l’Est et du sud-Est est encore bien vivace, d’autant plus que décembre 2017 pourrait bien être un mois charnière dans la lutte contre le projet d’aéroport. Il verra en effet se clore la « médiation » à l’issue de laquelle le gouvernement devrait statuer sur le sort de Notre-Dame-des-Landes. Qui sait, alors, si nous ne devrons pas retourner chercher les bâtons que nous avions plantés symboliquement près de la ferme de Bellevue en octobre 2016 pour, de nouveau, défendre la ZAD ? Qui sait si, en cas d’abandon, Notre-Dame-des-landes ne servira pas à faire mieux accepter une expulsion violente du Bois Lejuc, à Bure, ou de la forêt occupée de Roybon ? Quelque part dans ce champ de possibles, un moment historique se jouera dans tous les cas et nous nous tenons prêt.es à le saisir au vol.


L’heure de la convergence

C’est donc depuis ce double contexte que nous parlons, et que nous prétendons mettre le doigt sur ce qui, au-delà de la singularité de nos luttes, nous tient ensemble et nous anime. Quoi de commun en effet entre un éco-quartier à Dijon, un aéroport à Notre-Dame, une poubelle nucléaire à Bure, un transformateur électrique à Saint-Victor, une usine à pellets sur le plateau de Millevaches, une centrale à Biomasse à Gardanne, des forages miniers en pleine forêt amazonienne, une autoroute à Strasbourg, une autre entre Saint-Étienne et Lyon, une usine à gaz à Landivisiau, des mines en Centre Bretagne, de l’extraction de sable en baie de Lannion, etc. ? Sans doute beaucoup plus qu’il n’y paraît, en réalité.

En bloquant des logiques d’aménagement capitaliste du territoire, nous partageons au moins un certain amour des bocages, des montagnes, des plateaux, des plages, de la mer et des forêts. Nous partageons aussi une volonté de réappropriation de savoir-faire divers et, à travers eux, une intuition de ce que serait une vie plus indépendante des logiques de contrôle et de profit. Enfin, nous avons en commun d’être aux prises avec un certain type de discours écologique institutionnel, tel que celui porté par la COP21 : celui-là même qui maquille l’accumulation énergétique en « transition », qui promeut le nucléaire comme une énergie décarbonée donc « propre », qui verdit grossièrement aéroports et Center Parcs pour les rendre acceptables, qui vend sous les termes de smart et de green une dépossession totale de nos vies par des métropoles devenues intelligentes et connectées.

C’est assez pour nous convaincre de la possibilité d’une déclaration commune et de la nécessité d’un calendrier commun. Et c’est pourquoi nous, habitant.es de divers territoires en lutte, affirmons :

que nous ne sommes pas dupes des grand-messes environnementales et de leurs commémorations ; que nous lutterons partout contre la destruction des terres agricoles et des forêts, que ce soit à la campagne (comme à Bure, à Roybon, à NDDL ou sur le plateau de Millevaches), autour des villes (comme à Strasbourg ou Gonesse) ou dans leur sein même (comme à Dijon) ; que le gouvernement ne se débarrassera pas discrètement de la question de NDDL, et que c’est sous notre regard et à portée de nos voix qu’il devra se prononcer ; qu’en cas de maintien de l’aéroport, nous sommes encore prêt.es à venir défendre la ZAD depuis nos territoires respectifs ; qu’en cas d’abandon, celui-ci ne sera ni la pilule faisant accepter d’autres projets, ni une vitrine sympathique pour l’expulsion violente d’autres zones occupées. Nous appelons à la plus grande vigilance quant à la situation à Bure et à Roybon, tout au long de l’hiver! Nous nous affirmons donc solidaires les un.es des autres, et prêt.es à nous soutenir mutuellement tout le long du mois de décembre et au-delà!


Calendrier commun des territoires en lutte :

2 décembre : Manifestation à Saint-Affrique contre le transformateur électrique RTE de Saint-Victor-et-Melvieu (plus d’infos : douze.noblogs.org)

6 – 12 décembre : pour la Saint-Nicolas, appel de Bure à une semaine d’actions décentralisées en réaction aux annonces d’Hulot. (plus d’infos : burestop.eu / vmc.camp)

9 décembre : Manifestation sur le plateau de Millevaches contre l’usine à pellets de Carbon Ingen’r Bugeat Viam (CIBV) (contact : biomassecritique@riseup.net)

16 décembre : Fête de la forêt de Roybon (plus d’infos : zadroybon.wordpress.com)

Pour des événements annoncés ultérieurement, il sera possible de consulter tout au long du mois de décembre l’agenda de zad.nadir.org

En parallèle de ce calendrier, d’autres événements organisés par ailleurs:

8 décembre : Journée européenne contre les Grands Projets Inutiles et Imposés (événements à Lyon, Nièvre, Toulouse, le Havre…)

10 décembre : Tribunal des peuples à Paris (plus d’infos : pasuneurodeplus.info)

12 décembre : Actions à l’occasion de l’anniversaire de l’accord de Paris : sommet climatique à l’île Seguin


Signataires:

AVEYRON = L’Amassada (cabane et mouvement de lutte contre le transfo aux mille éoliennes)

BRETAGNE = Grain de sable dans la machine (baie de Lannion) / Collectif Monts d’Arré

BURE = Plein de chouettes hiboux de Bure / Bure Stop 55 / L’EODRA (association d’élus opposés à Cigéo) / CEDRA (Collectif haut-marnais contre l’enfouissement)

CENTER PARCS = Center Parcs Ni Ici Ni Ailleurs (coordination contre les Center Parcs de Roybon, de Poligny et du Rousset) / Des habitant.es de la forêt de Roybon / De Tout Bois (collectif de lutte contre le Center Parcs de Roybon) / Assemblée d’opposant.es à Center Parcs (Jura) / Collectif jurassien d’opposant.es à Center Parcs / Collectif Geai du Rousset 71 / Groupe Libertaire 71 / SOS Forêt Franche-Comté

CÉVENNES = Bogues

DIJON = Quartier libre des Lentillères

LYON = Collectif ZAD Lyon

MONTAGNE LIMOUSINE / PLATEAU DE MILLEVACHES = Collectif Biomasse critique

NDDL = Des habitant.es de la zad et opposant.es à l’aéroport de nddl et son monde

SAINT-ETIENNE = Assemblée de lutte contre l’A45… et plus encore

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