Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

06 mai 2019

Lettre de Thomas P., incarcéré depuis le 12 février 2019

Après l’acte 13, le 10 février sur les journaux paraissait le nom de Thomas P., figure du "super casseur".
Mais depuis c’est le silence. Cela fait trois mois qu’il est enfermé à Fleury Mérogis en préventive sous le coup d’une instruction criminelle. Pour que son isolement cesse, Thomas nous*

a fait parvenir une lettre écrite en cellule qui revient sur les raisons qui l’ont amené à se battre aux côtés des Gilets Jaunes.

Prison de Fleury Mérogis


LETTRE D’UN GILET JAUNE EN PRISON

Le 29/04/2019.

Bonjour,

Je m’appelle Thomas. Je fais partie de ces nombreux Gilets Jaunes qui dorment en ce moment en prison. Cela fait près de 3 mois que je suis incarcéré à Fleury-Mérogis sous mandat de dépôt criminel.

Je suis accusé de pas mal de choses après ma participation à l’acte XIII à Paris :

« dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui »

« dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui par un moyen dangereux pour les personnes » (incendie d’une Porsche)

« dégradation ou détérioration de bien par un moyen dangereux pour les personnes commise en raison de la qualité de la personne dépositaire de l’autorité publique de son propriétaire » (le ministère des armées)

« dégradation ou détérioration d’un bien destiné à l’utilité ou la décoration publique » (attaque sur une voiture de police et une voiture de l’administration pénitentiaire)

« violence aggravée par deux circonstances (avec arme et sur dépositaire de l’autorité publique) suivi d’incapacité n’excédant pas 8 jours » (l’arme serait une barrière de chantier, toujours sur la même voiture de police, 2 jours d’ITT pour le traumatisme)

« violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité »

« participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de biens ».

J’ai effectivement commis une partie des actes que recouvrent ces formulations un peu ronflantes… Et je les assume. J’ai bien conscience qu’écrire cela risque de me faire rester un peu plus de temps en prison et je comprends très bien tous ceux qui préfèrent ne pas revendiquer leurs actes devant la justice et parient sur une éventuelle clémence.

Quand on lit cette longue liste de délits et leurs intitulés, il y a de quoi me prendre pour un fou furieux, n’est-ce pas ? C’est d’ailleurs comme ça que l’on m’a décrit dans les media. Enfin, on m’a plutôt réduit à un mot bien pratique : « casseur ». Simplement. « Pourquoi ce type a cassé? – Parce que c’est un casseur, c’est évident. » Tout est dit, circulez il n’y a rien à voir et surtout, rien à comprendre. À croire que certains naissent « casseur ». Cela évite d’avoir à se demander pourquoi tel commerce est ciblé plutôt que tel autre, et si par hasard ces actes n’auraient pas un sens, au moins pour ceux qui prennent le risque de les accomplir.

Il est d’ailleurs assez ironique, que je me retrouve affublé du stigmate de « casseur », notamment parce que la chose que j’apprécie le plus dans la vie, c’est la construction. Menuiserie, charpente, maçonnerie, plomberie, électricité, soudure… Bricoler, réparer tout ce qui traîne, construire une maison de la dalle aux finitions, c’est ça mon truc. Après, c’est vrai, rien de ce que j’ai construit ou réparé ne ressemble à une banque ou à une voiture de police.

Dans certains médias, on m’a aussi traité de « brute », pourtant je n’ai jamais été quelqu’un de violent. On pourrait même dire que je suis doux. À tel point que cela m’a rendu la vie compliquée pendant l’adolescence. Bien sûr, dans la vie, on passe tous par des situations difficiles et on s’endurcit. Après, je ne cherche pas à dire que je suis un agneau ni une victime.

On n’est plus innocent quand on a vu la violence « légitime », la violence légale : celle de la police. J’ai vu la haine ou le vide dans leurs yeux et j’ai entendu leurs sommations glaçantes: «dispersez-vous, rentrez chez vous ». J’ai vu les charges, les grenades et les tabassages en règle. J’ai vu les contrôles, les fouilles, les nasses, les arrestations et la prison. J’ai vu les gens tomber, en sang, j’ai vu les mutilés. Comme tous ceux qui manifestaient ce 9 février, j’ai appris qu’une nouvelle fois, un homme venait de se faire arracher la main par une grenade. Et puis je n’ai plus rien vu, à cause des gaz. Tous, nous suffoquions. C’est à ce moment-là que j’ai décidé ne plus être une victime et de me battre. J’en suis fier. Fier d’avoir relevé la tête, fier de ne pas avoir cédé à la peur.

Bien sûr, comme tous ceux qui sont visés par la répression du mouvement des Gilets Jaunes, j’ai d’abord manifesté pacifiquement et au quotidien, je règle toujours les problèmes par la parole plutôt que par les poings. Mais je suis convaincu que dans certaines situations, le conflit est nécessaire. Car le débat aussi « grand » soit il, peut parfois être truqué ou faussé. Il suffit pour cela que celui qui l’organise pose les questions dans les termes qui l’arrangent. On nous dit d’un côté que les caisses de l’État sont vides mais on renfloue les banques à coups de millions dès qu’elles sont en difficulté, on nous parle de « transition écologique » sans jamais remettre en question le système de production et de consommation à l’origine de tous les dérèglements climatiques¹. Nous sommes des millions à leur hurler que leur système est pourri et ils nous expliquent comment ils prétendent le sauver.

En fait, tout est question de justesse. Il y a un usage juste de la douceur, un usage juste de la parole et un usage juste de la violence.

Il nous faut prendre les choses en main et arrêter d’implorer des pouvoirs si déterminés à nous mener dans le mur. Il nous faut un peu de sérieux, un peu d’honneur et reconnaître qu’un certain nombre de systèmes, d’organisations et d’entreprises détruisent nos vies autant que notre environnement et qu’il faudra bien un jour les mettre hors d’état de nuire. Ça implique d’agir, ça implique des gestes, ça implique des choix : manif sauvage ou maintien de l’ordre ?

À ce propos, j’entends beaucoup de conneries à la télé, mais il y en a une qui me semble particulièrement grossière. Non, aucun manifestant ne cherche à « tuer des flics ». L’enjeu des affrontements de rue c’est de parvenir à faire reculer la police, à la tenir en respect : pour sortir d’une nasse, atteindre un lieu de pouvoir ou simplement reprendre la rue. Depuis le 17 novembre, ceux qui ont menacé de sortir leur armes, ceux qui brutalisent, mutilent et asphyxient des manifestants désarmés et sans défense, ce ne sont pas les soit-disant « casseurs », ce sont les forces de l’ordre. Si les médias en parlent peu, les centaines de milliers de personnes qui sont allées sur les ronds-points et dans les rues le savent. Derrière leur brutalité et leurs menaces, c’est la peur qui se cache. Et quand ce moment arrive, en général, c’est que la révolution n’est pas loin.

Si je n’ai jamais eu envie de voir mon nom étalé dans la presse, c’est désormais le cas, et comme je m’attends à ce que journalistes et magistrats épluchent et exposent ma vie personnelle, autant prendre moi-même la parole². Voilà donc ma petite histoire. Après une enfance somme toute assez banale dans une petite ville du Poitou, je suis parti dans la « grande ville » d’à côté pour commencer des études, quitter le foyer familial (même si j’aime beaucoup mes parents), commencer la vie active. Pas dans le but de trouver du travail et de prendre des crédits, non, plutôt pour voyager, faire de nouvelles expériences, trouver l’amour, vivre des trucs dingues, l’aventure quoi. Ceux qui ne rêvent pas de cela à 17 ans doivent être sérieusement dérangés.

Cette possibilité-là, pour moi, c’était la fac mais j’ai vite déchanté face à l’ennui et l’apathie régnants. Puis coup de chance, je suis tombé sur une assemblée générale au début du mouvement des retraites. Il y avait des gens qui voulaient bloquer la fac et qui ont attiré mon attention. J’en ai rencontré quelques-uns qui voulaient occuper un bâtiment et rejoindre les dockers. Le lendemain, je les ai accompagné pour murer le local du Medef et taguer « pouvoir au peuple » sur les parpaings tout frais. Voilà le jour où l’homme que je suis aujourd’hui est né.

J’ai donc étudié l’Histoire parce qu’on parlait beaucoup de révolution et que je ne voulais pas parler depuis une position d’ignorant. Mais très vite, je décidais de quitter la fac. Le constat était simple, non seulement on en apprenait bien plus dans les bouquins qu’en cours mais en plus de cela je n’avais pas envie de m’élever socialement pour devenir un petit cadre aisé du système que je voulais combattre. Là c’était le vrai début de l’aventure.

Ensuite, j’ai vécu avec plein de potes en ville ou à la campagne, c’est là que j’ai appris à tout réparer, à tout construire. On essayait de tout faire nous-mêmes plutôt que de bosser pour l’acheter. Un peu une vie de hippie, quoi! À la différence qu’on savait qu’on n’allait pas changer le monde en s’enterrant dans notre petit cocon auto-suffisant. Alors, j’ai toujours gardé le contact avec l’actualité politique, je suis allé à la rencontre de celles et ceux qui, comme moi dans le passé, vivaient leur premier mouvement.

Voilà comment j’ai rejoint les Gilets Jaunes depuis maintenant quatre mois. C’est le mouvement le plus beau et le plus fort que j’ai jamais vu. Je m’y suis jeté corps et âme, sans hésitation. L’après-midi de mon arrestation, plusieurs fois des gens sont venus vers moi pour me saluer, me remercier ou me dire de faire attention à moi. Les actes que l’on me reproche, ceux que j’ai commis et les autres, ils sont en réalité collectifs. Et c’est précisément de cela dont le pouvoir à peur et c’est pour cette raison qu’ils nous répriment et nous enferment individuellement en tentant de nous monter les uns contre les autres. Le gentil citoyen contre le méchant « casseur ». Mais de toute évidence, ni la matraque ni la prison ne semblent arrêter ce mouvement. Je suis de tout cœur avec celles et ceux qui continuent.

Depuis les murs de Fleury-Merogis, Thomas, gilet jaune.

* Comité de soutien à Thomas P. (Cf. ICI)

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15 février 2019

Alerte Grèce

Bonjour à toutes et tous,

Ce message d'information directe et horizontale est de la plus haute importance. Prenez le temps de le lire. Nous sommes actuellement en alerte sur tous les plans : alerte aéroport en Crète, alerte prison pour nos camarades de Rouvikonas, alerte également au niveau des chiffres du chômage et de la dette qui viennent de tomber, alerte enfin concernant le prochain convoi qui va partir d'ici peu vers nos lieux solidaires autogérés à Athènes (dont les réserves sont dramatiquement vides, y compris les occupations solidaires et les cuisines sociales).

Alerte Grèce


ALERTE AÉROPORT

DE KASTELLI EN CRÈTE !!!

La situation se durcit au sud-est d'Héraklion. La menace des grands travaux inutiles et nuisibles se rapproche dangereusement pour les 200 000 oliviers qui risquent d'être coupés. Le ministre grec des transports vient d'annoncer qu'il va se déplacer dès la semaine prochaine à Kastelli pour y signer le contrat de construction et d'exploitation du nouvel aéroport international avec le groupement d'industriels qui veulent se remplir les poches au dépend de la vie sur l'île. Comme d'autres médias du pouvoir, Creta Live ose déjà titrer "Les bulldozers commencent le chantier à Kastelli" :

Alerte grèce 01

En réalité, rien n'est encore perdu. D'abord parce que le ministre et les bulldozers vont avoir droit à un accueil particulièrement agité dans la petite ville crétoise et aux alentours. En effet, la promesse coutumière de créer des emplois à tout prix ne marche pas avec tout le monde ! Une majorité d'habitant-es ne veulent pas qu'on saccage cette haute plaine magnifique. Ensuite, parce qu'une autre nouvelle vient de tomber : des archéologues confirment la présence probable de trois villages antiques (de l'époque minoenne) enfouis sous l'emplacement du futur chantier ! Si la nouvelle était entérinée officiellement, cela signifierait un retard de plusieurs années et, probablement, l'abandon du projet !

Alerte grèce 02

Après l'étape habituelle à Athènes, notre prochain convoi solidaire ira, comme la dernière fois, à Kastelli pour aller soutenir cette lutte. Une lutte sans frontières pour défendre la vie, la nature et la mémoire. La mémoire d'une histoire locale qui a marqué l'Europe et le monde, via Knossos puis Athènes. La nature qui se défend à travers nous. La vie que nous n'abandonnerons jamais à ses exploiteurs.

Alerte grèce 03 copier

Une grande réunion publique aura lieu peu après notre arrivée sur les lieux avec les habitant-es, les membres des collectifs locaux et les membres du convoi (parmi lesquel-les plusieurs zadistes). La défense de Kastelli et de ses oliviers légendaires va rapidement s'intensifier. On vous tiendra bien sûr au courant de la suite et, si nécessaire, on lancera peut-être un appel pour des renforts éventuels.

 

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ALERTE PRISON

POUR ROUVIKONAS !!!

On ne présente plus l'extraordinaire groupe libertaire Rouvikonas (Rubicon), l'un des fleurons de la résistance en Grèce, très populaire, notamment parmi les Grec-ques les plus précaires. Ce groupe sabote régulièrement les négociations avec les institutions européennes et les créanciers, défend formidablement les opprimé-es un peu partout, détruit par exemple les fichiers bancaires des personnes surendetté-es et fait presque quotidiennement la une des journaux télévisés.

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Tout d'abord une petite anecdote qui en dit long : il y a quelque temps, alors que j'attendais le début d'un match de foot dans un kafeneion (bistrot) avec mon fils de 9 ans pour lui faire plaisir, parmi une cinquantaine d'autres téléspectateurs aux opinions probablement très diverses, j'ai pu vérifier avec émotion cette forte popularité. Juste avant le match, un flash-info (breaking news) a annoncé une nouvelle destruction du grand bureau de privatisation du bien commun (super taiped) par Rouvikonas (et donc le retard de la grande braderie programmée). Aussitôt, presque tout le monde dans la salle a crié "Bravo !" bruyamment, en levant les bras au ciel comme s'il s'agissait d'un but ! Mon petit garçon m'a regardé avec un clin d'œil et a partagé ma joie : au fond de notre caverne enfumée, les petites gens opprimées avaient parfaitement compris que ces dizaines de révolutionnaires à blousons noirs prenaient tous les risques pour l'intérêt général. Une prise de conscience politique qui est dans l'air du temps.

Alerte grèce 06

Cependant, depuis quelques jours, nous venons de faire un point complet sur l'ensemble des poursuites judiciaires contre nos camarades de Rouvikonas, en reprenant tous les dossiers avec eux, les uns après les autres, et il s'avère que le risque de la prison approche dangereusement pour beaucoup et menace de stopper ce phénomène politique prodigieux ! En effet, Rouvikonas totalise à ce jour plus de 528 mois de prison, dont 56 mois rien que pour Yorgos (qui intervient avec sa casquette dans L'Amour et la Révolution et qui a déjà passé plus d'un an et demi en prison). Côté amendes et dommages et intérêts, le groupe totalise officiellement plus de 200 000 euros à payer (plusieurs dizaines de procès). A cela s'ajoutent précisément 21 250 euros en frais de Justice. Ce qui est dommage, c'est que si les membres de Rouvikonas pouvaient payer ces jours-amendes, ils pourraient échapper à la plupart des peines de prison (c'est comme ça que ça marche en Grèce pour cette catégorie de délits, un peu comme aux États-Unis). Mais ils/elles sont trop pauvres pour parvenir à payer ces sortes de cautions. Ils/elles sont pour la plupart ouvrier-es, chômeurs/ses et étudiant-es.

Plus précisément, ils/elles sont : manœuvre, soudeur de chantier, électricien, institutrice, serveur, libraire, jardinier, infirmière, marin, éducateur spécialisé, étudiant en philo ou encore livreur... Ils/elles ont absolument besoin de plus de soutien pour éviter la prison et continuer cette lutte extraordinaire et exemplaire en Grèce.

C'est pourquoi nous vous proposons d'essayer ensemble de leur payer la totalité de leurs frais de Justice, soit 21 250 euros. Si, dans les prochains jours, nous parvenons à contribuer nombreux/ses, cet objectif sera à notre portée. Si, en plus, des collectifs veulent bien nous épauler, bras dessus bras dessous, un peu partout en France, Suisse et Belgique, nous pourrons certainement y arriver. Si vous voulez contribuer, vous aussi, merci d'effectuer votre virement (numéro de compte plus bas) avant le 2 mars, en précisant "FRAIS DE JUSTICE RKS" en objet. Pour les structures collectives, donnez-nous votre courriel pour recevoir un accusé de réception qui proviendra directement de Rouvikonas.

 

Alerte grèce 07

ALERTE CONVOI SOLIDAIRE !!!

Hier soir à Lautrec, nous venons de finir l'inventaire de la grande collecte du convoi solidaire qui va partir dans quelques jours vers la Grèce. Nous serons 27 fourgons et 65 camarades de France, Suisse et Belgique : un record !!!

La collecte a été extraordinairement fructueuse en jouets, fournitures scolaires, outils numériques et matériel médical. Les fourgons seront tous pleins (deux de plus auraient pu être remplis). Par contre, cette collecte a été beaucoup plus pauvre que d'habitude en nourriture (adulte et enfant), produits ménagers et hygiène.

Alerte grèce 08

Ça tombe mal, car les réserves sont vides dans nos lieux autogérés à Athènes, notamment à Exarcheia. Les squats NOTARA 26 et SPIROU TRIKOUPI 17, comme d'autres au cœur de l'hiver, ont besoin de nourriture pour les petits comme pour les grands. Idem pour le réseau de cuisines sociales L'AUTRE HUMAIN qui recherche également un véhicule pour les maraudes nocturnes (une voiture break ou un utilitaire d'occasion pourrait suffire, moyennant quelques milliers d'euros).

Alerte grèce 09

Alerte grèce 10

Ces dernières semaines, il a fait exceptionnellement froid à Athènes. Il a même neigé. Idem sur les îles, comme Lesbos par exemple (où se trouve le terrible camp de Moria d'où nous tentons d'exfiltrer des victimes du sinistre accord Union européenne-Turquie).

Des centaines de Grec-ques précaires et d'exilé-es sont récemment mort-es de faim, de froid et de maladies qui auraient pu être soignées. La souffrance, la fatigue et l'exaspération sont immenses et le mouvement social n'arrive plus actuellement à faire face à l'immensité des besoins, dans la solidarité, l'autogestion et la gratuité.

Alerte grèce 11

Malheureusement, l'énorme convoi solidaire qui s'apprête à partir s'avère pauvre en argent. Il est beaucoup plus pauvre qu'à l'habitude. C'est là son point faible, alors que nous voudrions beaucoup plus aider avec vous nos camarades en difficultés. Même si on déteste l'argent, il est l'un des nerfs de la guerre sociale qui se joue en Grèce, à la fois parce qu'il permet de garder en liberté les courageux activistes du groupe Rouvikonas sans cesse menacés de prison et parce qu'il permet aux lieux solidaires autogérés de rester libres et autonomes dans leurs projets conçus en assemblée.

Alerte grèce 12

Habituellement, nos films apportent en moyenne entre les deux-tiers et les trois-quarts de l'argent apporté par les convois. Mais cette fois, c'est plus compliqué. En effet, après avoir fait tourner plusieurs personnages en France en septembre, nous avons envoyé de l'argent en octobre et en novembre (virements), puis apporté des sommes importantes début décembre, durant notre séjour avec un petit groupe venu de France (soutiens à Rouvikonas et Notara, courses pour la cuisine sociale, paiement de l'opération chirurgicale d'un camarade membre-fondateur de Notara privé de couverture maladie malgré une tumeur à un rein, etc.). Ensuite, le 8 décembre : patatras ! J'ai personnellement eu des soucis de santé dès notre retour en France et j'ai dû tout annuler jusqu'au 7 janvier ! Résultat : en seulement un mois de tournée (du 8 janvier au 11 février), tous frais déduits, dont plusieurs soucis imprévus, nous sommes loin, très loin de ce que nous espérions. Lors du convoi de mai 2018, nous avions apporté la marge bénéficiaire de 3 mois de tournée continue, donc trois fois plus !

De votre côté, c'est le même problème : les soutiens sont pour l'instant en nette baisse et beaucoup moins nombreux et c'est tout à fait compréhensible vu le contexte politique et économique dans l'hexagone : lutte ardue des Gilets Jaunes, nombreux pots communs en soutien aux manifestant-e-s poursuivi-e-s ou blessé-e-s, conjoncture économique difficile... Mais ça tombe mal, très mal !

 

Alerte grèce 13

APPEL URGENT À CELLES

ET CEUX QUI LE PEUVENT !!!

C'est pourquoi, à l'occasion de ce convoi solidaire exceptionnel par sa dimension et le moment crucial de son arrivée, nous lançons un appel à toutes celles et ceux qui le peuvent : individus, associations, syndicats, organisations ou collectifs ami-es portant les mêmes valeurs et refusant le sort qui menace la ligne de front qui résiste, s'organise et s'entraide en Grèce.

Alerte grèce 14


Jamais, depuis tant d'années, nous n'avons eu autant besoin de vous !

Yannis Youlountas

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03 janvier 2019

Ils nous ont volé nos nuit (soirée projection à La Gueule Noire)

Ils nous ont volé nos nuits, la gueule noire 29 janvier 2018

soirée projection/débat du documentaire

Ils nous ont volé nos nuits

mardi 29 janvier 2018 à partir de 19h à La Gueule Noire (16 rue du mont, 42000 Saint-Etienne)

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21 mars 2018

Le Printemps des Prisons

Genepi

Le Printemps des Prisons

Le Genepi Bayonne vous invite à participer aux divers events prévus dans le cadre du Printemps des Prisons, qui débutera mercredi 28 mars 2018. Au programme : ciné-debats, conférences avec Mathieu Rigouste, Audrey Chenu, exposition photos,...

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26 janvier 2018

Tribune d'un collectif de détenus incarcéré à la maison d'arrêt des hommes de Fleury Mérogis

Nous, prisonniers, condamnés ou prévenus, enfermés à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis, lançons un appel contre la conquête sécuritaire qui se joue en ce moment à travers les mobilisations des surveillants de prison dans toute la France. Cet appel vise également à construire une force collective entre les détenus en lutte et à l’extérieur. Depuis plusieurs jours, des surveillants de prisons bloquent les entrées des maisons d’arrêt, centrales et centres de détention du territoire français.

Ici, à Fleury Mérogis, l’établissement est régulièrement paralysé depuis le début de semaine par plusieurs dizaines de surveillants, empêchant les parloirs avec nos familles, parfois venues de loin, empêchant les extractions dans le cadre des procédures judiciaires (bloquant les aménagements de peine), l’entrée des avocats, les cantines, les cuisine, le nettoyage et toutes les activités dédiées à la prétendue « réinsertion » Leurs revendications sont simples, ils réclament plus de moyens et plus de sécurité pour le personnel pénitencier, ce qui se traduit concrètement par un armement généralisé des surveillants, l’imposition de menottes aux détenus lors de leurs déplacements hors des cellules, et des restrictions conséquentes de nos libertés et de nos droits, pour le peu qu’il en reste.

Leur mouvement fait suite à diverses manifestations supposées de violence depuis quelques temps, qui, si elles existent, ne sont que des actes isolés, bien souvent en réponse à une violence bien plus importante de l’institution carcérale et de l’État en général. Depuis une semaine, nous assistons à une surmédiatisation d’événements sporadiques et minimes sur toutes les chaînes de télévision, sur fonds d’antiterrorisme.

Une insulte devient une agression, une bousculade un passage à tabac et un retard en cellule une mutinerie. Et nous voyons ainsi défiler ces mensonges sur BFM depuis le week-end dernier. Les surveillants et leur syndicat, interviewés par les médias, ont présenté la prison comme un « sanctuaire de criminels » où les détenus avaient « pris le pouvoir » dans des zones totalement abandonnées par les pouvoirs publics. Mais cette stratégie de désinformation ne s’arrête pas là et se couple à des actions bien réelles à l’encontre des détenus.

Ce jeudi 18 janvier au matin, alors que tous les parloirs avaient été annulés, que les activités n’avaient pas lieu et que nous étions séquestrés en cellule, sans information et sans même avoir été nourris, l’administration a finalement décidé, en réponse aux mobilisations de leur personnel, de lancer une nouvelle entreprise de terreur comme on n’en voit qu’en prison à l’encontre des détenus, et alors que rien ne s’était encore passé.

Vers 11h, plusieurs dizaines de surveillants et d’Eris, armés, cagoulés et prêts à intervenir étaient déployés dans toute la prison. Alors que les départs en promenade se faisaient sous pression, ponctués de coups de matraque et de bouclier, de fouille à nu arbitraires et d’insultes diverses, nous avons décidé de nous organiser contre ces violences gratuites, exercées pour satisfaire des surveillants en mal de reconnaissance. Sur le bâtiment D2, nous étions plus d’une centaine à refuser de réintégrer nos cellules à l’appel de fin de promenade, qui avait été réduite à 45 minutes au lieu des deux heures quotidiennes. Sur le bâtiment D1, c’est cette fois l’administration qui nous enfermait plus de 4h en promenade, pour prévenir un risque de blocage et en profiter pour fouiller une bonne partie des cellules. Dans les autres bâtiments, nous tentions plusieurs blocages, la plupart mis en échec par l’intervention violente des Eris.

À travers ces blocages, nous voulons exprimer notre droit à manifester, qui nous a été arraché lors de notre incarcération et nous voulons lancer un message vers l’extérieur, contre ce qui se joue en ce moment devant les prisons françaises : l’invisibilisation des violences quotidiennes à l’encontre des détenus – insultes régulières, coups, pressions administratives, les suicides réguliers, les piqûres forcées, les cellules en flammes comme à Fresnes il y a quelques jours, et même les viols, comme à la MAF ou à Meaux il y a quelques mois. Mais également, la stratégie des surveillants qui rappelle celle des policiers qui manifestaient illégalement, masqués et armés, en direction des lieux de pouvoir à l’automne 2016 au cri de « la racaille en prison ! », pour réclamer et finalement obtenir un nouveau permis de tuer.

À travers ces actes de résistance collective, nous nous mobilisons contre cette répression grandissante et contre l’entreprise sécuritaire de l’État pénal. Mais pour ce faire, nous avons besoin de construire une force collective, et que nos luttes soient entendues et relayées à l’extérieur. La violence, la vraie, elle est du côté de la prison, de la justice et de la police, qui frappent, séquestrent et légitiment ces exactions. La violence, c’est l’État.

Nous ne sommes pas des bêtes, nous sommes des êtres humains, et nous refusons d’être enfermés et renvoyés à des faits qui feraient de nous des parias, sans droits et sans dignité. Nous en appelons aujourd’hui à toutes celles et tous ceux qui, à l’extérieur, luttent contre les violences d’État. Nos mobilisations sont vaines si nous ne sommes pas soutenus et si les acteurs des luttes actuelles ne se font pas écho de nos combats. En effet, nous payons le prix fort de ces blocages, la vengeance de l’administration est terrible, plusieurs personnes ont d’ores et déjà été envoyées au mitard, le quartier disciplinaire, et nous savons tous que nos conditions de détention seront rendues encore plus difficiles, du seul fait d’avoir refusé ces injustices. Par ailleurs, nous avons besoin que des mobilisations fortes appuient nos mouvements, car l’administration sait qu’elle a les moyens de nous faire taire, en chargeant nos dossiers en vue de nos procès à venir ou en refusant nos aménagements de peine.

Ce texte ne s’adresse ni aux institutions, ni aux défenseurs des soit-disant droits de l’homme et des politiques traditionnelles car à nos yeux, il n’existe pas de prisons « plus justes ». C’est un appel à toutes celles et tous ceux qui, au printemps 2016, se sont soulevés contre la loi travail ; car nous aussi, nous sommes les premières victimes d’une précarisation massive qui nous a contraint à choisir entre la misère et la prison. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre le racisme, car nous aussi sommes les premières cibles d’un racisme d’État qui enferme toujours les mêmes personnes, des jeunes non blancs, parqués dans les prisons françaises. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre les violences policières, car nous sommes ceux qui subissent depuis toujours les violences des forces de police et nous sommes ceux qui se lèvent toujours lorsqu’un de nos frères tombe sous les coups ou sous les balles des forces de l’ordre.

Mobilisons-nous, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons. Construisons une vraie force contre la répression en bloquant et en perturbant les institutions répressives et les politiques sécuritaires. Brisons le silence de la prison, et brisons les chaînes qu’elle nous impose.

Liberté pour toutes et tous.

 

Un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis.

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04 décembre 2017

Concert de soutien au Bilboquet

Concert de soutien au Bilboquet 16 dec 2017Concert de soutien au Bilboquet

(espace de résistance contre la prison et son monde, 1 rue des frères Chappe à Saint-Etienne)

samedi 16 décembre 2017 à partir de 20h, à La Gueule Noire, 16 rue du Mont à Saint-Etienne

RATEL (punk rock / Sainté) + MAUVAISE SURPRISE (hypnose dansante) + PERVERS ET TRUANDS (punk sludge hip-hop / Sainté) + BENJI LA RAFALE (hip hop / Bourg en bresse) + DJ’S SOUL JAH’ZZ ET KILL KILL

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22 septembre 2017

Sur les toits

Sur les toits

documentaire de Nicolas Drolc (2014)

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12 juin 2017

Voiture de flics incendiée en mai 2016 à Paris, rien n'est fini !

Un an après qu’à l’occasion de la loi « travaille ! » l’hostilité contre la loi, le travail et le monde qui a besoin des deux se soit manifestée de nombreuses manières,
Un an après que les zélés chiens de garde de cet état des choses soient venus protester contre la "haine anti-flics" sur la Place de la République,
Un an après qu’au cours d’une manif sauvage se déroulant au même moment une voiture de police ait été incendiée non loin de là, Quai de Valmy,
Un an après que différentes personnes aient été arrêtées, accusées d’avoir contribué à neutraliser cet outil de travail des forces de l’ordre,

Les raisons de la colère n’ont pas disparu, d’autant que la machine à broyer judiciaire continue son sale boulot.

L’instruction de ce que le Pouvoir voudrait réduire à une simple « affaire » vient d’être clôturée, 9 personnes seront renvoyées en procès, dont 5 se trouvent sous contrôle judiciaire, 1 est recherchée et 3 sont encore en taule, pour deux d’entre elles depuis plus d’un an.

Le 16 juin 2017, le compagnon incarcéré en préventive depuis 4 mois à Fleury sera amené au TGI de Paris pour l’examen de l’appel de son maintien en détention.
Même s’il est fort probable que le huis-clos soit décrété, ce sera de toute façon, une occasion de faire entendre notre solidarité.

Un rendez-vous est donc prévu le 16 juin à 13h30 dans le Palais de Justice en bas des escaliers menant à la Chambre d’instruction.

Nous proposons en outre de nous retrouver le même jour à 20h, Place des Fêtes (M° Place des Fêtes), notamment pour un point info.

Parce que les moments répressifs ne sont pas séparés de la lutte, que la solidarité s’exprime de mille et une manières contre ce monde d’exploitation et domination !

Liberté pour toutes et tous !

Source : Paris-Lutte.Info

Posté par Leolonico à 10:38 - Soutiens - Commentaires [0] - Permalien [#]
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12 décembre 2016

Rassemblement pour Adama Traoré et sa famille

Rassemblement pour Adama Traoré et sa famille

Mercredi 14 décembre 2016

15h

à Beaubrun, devant la comédie

(42000 Saint-Etienne)

Les frères Youssi et Bagui Traoré son jugés ce mercredi même, alors que leur seul tort est d'avoir réclamé justice et vérité concernant la mort de leur frère, Adama, tué par les gendarmes le 19 juillet dernier

Ils ont besoin de notre solidarité.

Soyons nombreux !

A la mémoire de Adama Traoré

A coller dans les rues de nos villes et villages

Posté par PhilibertdePisan à 05:30 - Manifestations - Commentaires [0] - Permalien [#]
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01 décembre 2016

Soirée contre la construction d'une nouvelle prison dans la loire

Soirée contre la construction d'une nouvelle prison dans la loire

Mardi 13 décembre 2016

à la Gueule Noire

(16 rue du mont, 42000 Saint-Etienne)

La maison d'arrêt de la Talaudière va être remplacée par une prison plus aseptisée, plus difficilement accessible, qui enfermera encore plus de gens, sur le modèle des 33 nouvelles prisons que l'Etat déclare vouloir construire dans toute la France.

Ni à Saint Bonnet Les Oules ni nulle part ailleurs nous ne voulons de prison.

Nous tenterons de démonter l'arnaque selon laquelle ce nouvelles prisons seraient une amélioration des conditions de vie pour les détenu.e.s et leurs proches, d'échanger les infos que nous pouvons avoir sur le projet en cours, et d'envisager une opposition ayant pour objet d'en finir avec toutes les prisons et les rapports de domination.

Nous vous invitons à regarder le film "Le déménagement", et surtout à venir discuter.

Posté par isabeaudeloere à 12:03 - Soutiens - Commentaires [0] - Permalien [#]
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