Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

12 novembre 2018

Bure : soutenir une oeuvre de "malfaisance"

Faire un don à la caisse de solidarité CACENDR pour les procès et les malfaiteurs-trices de Bure

Bure, nous abattons des murs

Bonjour à toutes et à tous,

Tout d'abord un grand merci pour votre généreuse solidarité depuis tant d'années en ce qui concerne les soutiens de longue date de notre association Cacendr et à vous qui, plus récemment, nous avez apporté votre aide financière pour faire face aux frais entraînés par l'opération du 20 juin 2018 avec sa série de perquisitions, de gardes à vues, de convocations...

Que se passe-t-il depuis juin ?
Comme vous avez pu le constater récemment dans quelques médias, la répression continue de manière exacerbée à Bure qui nous semble être devenu un nouveau laboratoire répressif pour asphyxier physiquement, moralement et financièrement les opposant-es :

BURE : Il est jugé sans être averti de son procès

Plus de 150 organisations maintenant ont signé un appel "à une réaction massive face à la criminalisation de la lutte contre Cigéo à Bure" :

Tribune des associations, collectifs et habitant-es en lutte contre la poubelle nucléaire CIGEO,

Depuis juin, nous tentons de nous ré-organiser, de retrouver des espaces où militer collectivement : il nous est difficile de nous réunir car ce sont, à présent, 10 personnes, dont 7 sont mises en examen, qui sont concernées par l'interdiction de se parler : l'obligation du contrôle judiciaire de "s"abstenir de rentrer en relation". Comme il est dit dans ce texte : nos amitiés militantes sont criminalisées sous la forme de l'accusation fourre-tout "association de malfaiteurs".

La répression sur place à Bure et dans ses environs par une présence constante et importante du dispositif de gendarmerie, dont une base est installée au sein même du laboratoire de l'Andra, continue, provoque, harcèle et amène à des procès pour un oui et surtout pour un non.

Et la lutte ?
Nous ne lâchons rien ! Nous sommes des militant.es contre le nucléaire (et son monde) et nous savons qu'en ce moment, plus que jamais, si le monstre abat sa répression ainsi sur nous, c'est bien parce que la logique sécuritaire des États les amène à vouloir régler les problèmes par la force - misère, migration, exploitation salariale, opposition politique - et également parce que l'industrie atomique est à l'agonie - en grande perte de vitesse au niveau international, le nucléaire est devenu obsolète, has-been.

Il n'y a que la France pour continuer à le développer, soutenu par un gouvernement pro-nucléaire, tête baissée et bornée, qui essaye de passer en force la poursuite du programme nucléaire français (civil et militaire) pour les 30 années à venir, et, par conséquent, imposer la réalisation de Cigéo.

Notre combat ne s'arrête donc pas : nous appelons à boycotter le nouveau faux-débat public qui aura lieu en 2019 concernant le PNGMDR ( = au choix Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs ou Persévérer à Nuire en Générant des Merdiers Radioactifs) et à organiser des actions de boycott et des débats nous-même dans nos rues, dans nos associations, dans nos familles !

Et face à la répression ?
Pendant ce temps, les personnes prévenues agissent contre la répression, notamment dans le cadre de l'instruction :

- elles ont fait appel de leur contrôle judiciaire : rejeté le 22 août, alors elles se sont pourvus en cassation : audience le 14 novembre.

- elles ont demandé la copie de leur dossier des milliers de fichiers (!) qu'elles ne peuvent consulter qu'au cabinet de leurs avocat.es : copie refusée le 2 octobre. L'appel est en cours.

- elles ont donc fait des aller/retour vers Paris/Lille (où exercent leur avocat.es) pour consulter et commencer à étudier ce dossier faramineux d'élucubrations policières et judiciaires en tout genre.

- leur 7 avocat.es ont commencé à travailler sur les nullités qu'il faut avoir purgées avant décembre (c'est-à-dire pour faire simple, soulever toutes les fautes de procédure qu'il pourrait y avoir dans le dossier).

- d'autres avocat.es pourraient encore les rejoindre tant la tâche est colossale et le dossier symbolique et symptomatique de la répression à l'égard des opposant.es politiques à ce gouvernement et son monde nucléarisé.

Côté finance, en ce qui concerne l'instruction, nous avons déjà versé plus de 4 000 € à nos avocat.es, bientôt vont venir les frais du pourvoi en cassation, c'est-à-dire plusieurs milliers d'euros.

Et nous ne sommes qu'au début de l'instruction...

C'est pourquoi, nous relançons un appel à votre générosité pour soutenir la caisse anti-rep qui est donc gérée, bénévolement, par Cacendr. Cet argent servira pour l'instruction mais également pour financer les avocat.es de tous les autres procès en cours à Bure, comme à soutenir celles et ceux de nos camarades déjà derrière les barreaux de la répression...

Heureusement, l’État nucléaire et policier possède un pouvoir en partie limité par son organisation fortement hiérarchisée et bureaucratique avec ses contradictions internes, ses erreurs (qui peuvent aussi être en notre faveur), ses lenteurs... mais il ne tombera certainement pas tout seul.

Face à la répression, tous vos gestes de solidarité financière ou par un simple message, un rassemblement, la poursuite de la lutte en rejoignant un comité de soutien nous apportent chaleur, joie, force et courage :

MERCI !

Pour collecter, pour nous soutenir, pour lutter avec force, rage et joie, continuons d'organiser des bals, concerts et autres guinguettes de malfaiteurs et malfaitrices : dansons contre la répression !

Pour voir l'article sur sa page d'origine, c'est  ICI !

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Appel à soutien

INFO ET APPEL À SOUTIEN
APRÈS NOTRE LOURDE CONDAMNATION

Appel à soutien Yannis et Jean-Jacques

Encore un grand merci pour votre soutien durant le procès insensé que nous ont intenté les fascistes de Defend Europe, suite à leur expédition anti-migrants à bord du navire C-Star en été 2017. Grâce à vous, notre comité de soutien a pu prendre en charge l'essentiel des frais de Justice en première puis en deuxième instance.

Malheureusement, le jugement du procès en appel vient de tomber comme une enclume : nous sommes lourdement condamnés, tous les deux, et ce, pour tous les chefs d’accusation ! Tous les détails sont ici :
http://blogyy.net/2018/11/05/appel-a-soutien-pour-se-pourvoir-en-cassation/

Outre 4 mois de prison avec sursis pour Jean-Jacques (complètement démesurés), nous sommes tous deux condamnés à payer près de 10 000 euros (en plus des frais de Justice des deux procès).

Dans ce contexte, nos moyens personnels étant très modestes, nous avons tout d'abord pensé impossible d'assumer de surcroît un pourvoi en cassation.

En effet, l'ensemble des frais pour partir en cassation s'élèvent également à 10 000 euros (pour tous les deux), alors que nous n'avons pas d'argent et que nous allons devoir trimer et vendre des babioles pour payer nos condamnations.

Cependant, ces derniers jours, notre comité de soutien et nos camarades du collectif Defend Mediterranea (qui a réussi à mettre en échec l'expédition Defend Europe en Méditerranée, avec d'autres) nous ont convaincu de nous pourvoir en cassation en faisant le pari que votre solidarité sera à nouveau au rendez-vous pour cette dernière manche.

C'est pourquoi vous trouverez ci-dessous les coordonnées bancaires de notre comité de soutien pour participer (par chèque, virement ou pot commun), si vous voulez nous soutenir dans cette ultime épreuve (encore merci à nos mandataires financiers Annick et Éric Sirvin avec le soutien technique de l'association Cercle des poètes tarnais, sans oublier Maud et Sandrine).

POURQUOI TENTER DE GAGNER
EN CASSATION EST-IL SI IMPORTANT ?

L’enjeu principal, ce n’est pas notre honneur, ni l’annulation des sommes à verser à nos ennemis.

L'enjeu principal, c’est l’idée qu’on se fait, vous et nous, de la vérité et de la justice. Notre procès en appel a été honteux, sur le fond comme sur la forme, au point que, de l'avis de tous, Yannis a été privé du droit de se défendre équitablement :
http://blogyy.net/2018/09/17/un-proces-bizarre-et-un-verdict-qui-sera-rendu-le-22-octobre/​

Ensuite, il est impensable de laisser le moindre bout de terrain à ces énergumènes, même au sein de ces palais de marbre dans lesquels on ne se sent pas franchement à notre place. En rester là, ce serait admettre qu’on puisse inverser les rôles, alors que c’est inadmissible : ce sont eux qui ont formenté le projet sordide d’empêcher le sauvetage d’adultes et d’enfants en danger de mort en Méditerranée, pas nous ! Ce procès est complètement kafkaïen !

Pour finir, si la condamnation de Yannis pour le qualificatif « nazi » (l'un des chefs d'accusation le concernant) se confirmait, c’est-à-dire sans cassation, cela ferait jurisprudence dans d’autres affaires en cours ou à venir. C’est donc aussi pour d’autres personnes concernées que nous devons contre-attaquer, en espérant parvenir à couvrir les frais.

Nous faisons donc appel à votre solidarité, une dernière fois, dans notre bras de fer judiciaire contre ces dirigeants fascistes.

TROIS FAÇONS POSSIBLES
POUR NOUS SOUTENIR

1 - participer au pot commun sur le site dédié : https://www.lepotcommun.fr/pot/hvfshv5n

2 - envoyer un chèque à l’ordre du Cercle des poètes tarnais (ne rien ajouter sur l’ordre) à l’adresse suivante : ANEPOS, Solidarité avec Yannis et Jean-Jacques, BP 10, 81540 SORÈZE

3 - faire un virement au Cercle des poètes tarnais en mentionnant Solidarité avec Yannis et Jean-Jacques dans le libellé.
IBAN : FR48 2004 1010 1606 9098 3K03 727
BIC : PSSTFRPPTOU

Une pensée également pour les 7 de Briançon qui seront en procès à Gap ce 8 novembre, pour Cédric Herrou et pour les autres poursuivis présents ou futurs.

On ne baisse pas les bras !

Solidairement,

Yannis et Jean-Jacques

CQFD : en cas de surplus, le solde serait évidemment reversé à des associations d’aide aux migrants et réfugiés.

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04 octobre 2018

Le procès des frontières

Procès des frontières

Pour en savoir plus, voir sur : "Quartiers libres"

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09 mars 2018

Il y a une guerre

Il y a une guerre

un court-métrage de Damien Gonzales sur l'affaire dite de Tarnac (2011)

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20 janvier 2018

Tarnac, le procès qui vient

Tarnac, le procès qui vient

Il y a bientôt 10 ans que des commandos de la police antiterroriste déboulaient en trombe à Tarnac et à Rouen pour arrêter de jeunes gens. On leur mettait sur le dos des sabotages de lignes ferroviaires qui avaient paralysé le réseau. 10 ans d'enquêtes et de rebondissements, d'attaques et de contre-attaques pour arriver au procès. Retour sur cette histoire qui révèle la nature de l’antiterrorisme et de notre époque.


Procès au forceps

Le procès de l’affaire dite de Tarnac en mars 2018 devant la 14e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Sur les 10 personnes arrêtées initialement, huit seront jugées en correctionnelle pour des délits divers. Parmi elles, deux seront poursuivies pour « détérioration ou dégradation de biens appartenant à autrui, en l’espèce du matériel roulant appartenant à la SNCF ». Pour les autres, pêle-mêle, il s’agit de « participation à une manifestation au cours de laquelle des actes violents ont été commis », ou encore de « tentative de falsification de documents administratifs » ou tout simplement « de refus de soumettre à un prélèvement biologique ». Il fallait saupoudrer le tout de « participation à une association de malfaiteurs » pour quatre d’entre eux afin de continuer à faire vivre tant bien que mal la frayeur qui avait justifié les arrestations.


Arrestations et montage politique

Presque 10 ans auront été nécessaire pour réussir à faire tenir quelque chose comme un procès depuis ce 10 novembre 2008 où des commandos de la SDAT débarquèrent en nombre à Tarnac, Rouen mais aussi Baccarat et Paris pour procéder à des arrestations. L’opération policière se doublait naturellement d’une campagne médiatique, au final d’un montage politique, d’une ampleur considérable. Alors que les images des arrestations tournaient en boucle sur les chaînes de télé, le PDG de la SNCF, le procureur de la république de Paris, ou encore la ministre de l’intérieur déroulaient un récit terrifiant – on ne parlait pas encore de storytelling. Il y était question de groupe terroriste, d’anarcho-autonomes (un néologisme forgé par le pouvoir pour désigner son ennemi), d’ultra-gauche, d’associations de malfaiteurs, de crime, de cellules invisibles internationales, de lutte armée, de noyau dur, de chef et de bras droit, et d’un petit livre vert, L’insurrection qui vient, présenté comme un écrit prémonitoire sinon préparatoire qui visait « à renverser par la violence l’Etat et à détruire la société occidentale actuelle ». Bref, un gloubi-boulga qu’avait du mal à comprendre ceux qui connaissaient un minimum les lieux et les gens dont il s’agissait.

Les sabotages se présentaient comme un prétexte idéal.

Mais l’affaire avait été rondement et rapidement menée. C’est deux jours plus tôt, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, que des sabotages avait été réalisés sur des caténaires de lignes TGV paralysant ainsi de nombreux axes ferroviaires en France et en Allemagne. L’action avait d’ailleurs été revendiquée par des anti-nucléaires allemands qui protestaient contre le transport de déchets nucléaires, mais il en fût rarement question de ce côté de la frontière. Pour Alliot-Marie (à l’époque VRP du savoir-faire répressif à la française et ministre de l’intérieur), il y avait là matière à confirmer une hypothèse qu’elle avait exposée dans les colonnes du Figaro en janvier 2008. En France la menace terroriste était double. Elle venait certes des islamistes mais aussi de « l’extrême gauche radicale » : « Le passé nous a montré que la faiblesse des partis politiques extrêmes ouvre souvent la voie aux groupuscules terroristes comme Action directe, les Brigades rouges ou la Fraction armée rouge. L'anticipation est essentielle dans la lutte contre le crime en général et le terrorisme en particulier », déclarait-elle. L’outil anti-terroriste avait déjà été utilisé contre cette « extrême gauche radicale » pour… détention de fumigènes lors d’une manifestation contre un centre de rétention. Mais il fallait maintenant anticiper donc surveiller, filmer, mettre sur écoute, suivre - fliquer. Une enquête préliminaire était ouverte le 16 avril 2008 par le parquet de Paris, à la demande de la SDAT, « sur les activités clandestines d’un groupe anarcho-autonome constitué autour de Julien Coupat », pour des « faits pouvant s’analyser en association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ». Les interpelés de l’affaire Tarnac étaient sous surveillance au moment des faits qui leur sont reprochés - et qu’ils contestent toujours aujourd’hui. Les sabotages se présentaient comme un prétexte idéal. Il fallait aussi apporter une réponse rapide au scandale qu’ils constituaient. L’occasion était trop belle. Et tant pis si, cette nuit-là, certains d’entre eux se trouvaient à l’étranger ou fêtaient un anniversaire à deux pas de chez eux.


Splendeur et misère de l’antiterrorisme

Commence alors un feuilleton judiciaire où police et justice sont sommées de confirmer cette construction. Les garde-à-vue sous régime anti-terroriste, pendant lesquelles toutes les crapuleries possible seront tentées par les agents de la sous-directions anti-terroriste, débouchent sur des placements en détention provisoire et des mises en examen sous qualification criminelle : « direction ou organisation d’un groupement formé en vue de la préparation d’un acte de terrorisme » pour le présumé chef et « participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme » pour d’autres.

Neuf ans d’enquête, des milliers de pages, des procès-verbaux de filature bidouillés et improbables, le rôle déterminant des renseignements donnés par un flic anglais infiltré accusé depuis de viol par des activistes qui ont eu des relations sexuelles avec lui, un témoin sous X capital poursuivi pour faux-témoignage dans une autre affaire, etc. Neuf ans de bataille juridique et politique. Au final, un échec complet pour l’antiterrorisme : la qualification criminelle de terrorisme est abandonnée et un non-lieu partiel est prononcé, malgré l’appel du parquet - et pour sa plus grande honte. Il n’y aura pas de procès en terrorisme devant les assises mais un procès en correctionnelle expédié en quelques jours. « Il n'y a plus grand-chose à juger. Ça ne sera pas le procès de Tarnac, mais le procès du fiasco de l'antiterrorisme », affirme un avocat, Jérémie Assous.

L'antiterrorisme désigne donc en son fond un mode de gouvernement qui comme tel ne vise pas seulement ceux qui paraissent directement visés par lui mais bien l’ensemble de la population.

Mais au-delà de son dénouement judiciaire, l’affaire Tarnac aura permis de mettre en évidence quelques vérités utiles sur l’antiterrorisme. La première d’entre elle, c’est que ça n’est pas tant le terrorisme réellement existant qui justifie l’antiterrorisme, que l’antiterrorisme qui produit l’objet terroriste sur lequel il intervient. Si l’antiterrorisme précède le terrorisme c’est qu’il vient d’ailleurs. Le terrorisme n’est pas principalement une catégorie pénale floue dont on peine à donner un définition juridique précise. Il désigne en fait un objet politique, une opération par laquelle le pouvoir nomme un ennemi et justifie se faisant les moyens exceptionnels qui seront déployés pour l’anéantir.

Le fait qu’on puisse taxer de terroriste n’importe quel jobard qui s’attaquerait au couteau à un militaire suréquipé le confirme. Tout comme le fait qu’il puisse être abattu de la façon la plus froide qui soit sans justification autre que son être terroriste.

L’antiterrorisme désigne donc en son fond un mode de gouvernement qui comme tel ne vise pas seulement ceux qui paraissent directement visés par lui mais bien l’ensemble de la population, et en son sein tous ceux qui feraient preuve d’une insubordination un peu trop visible. Son principe repose alors précisément sur la terreur qu’il prétend combattre et rappelle ainsi que la terreur politique fut d’abord terreur d’Etat. Il s’énonce ainsi : en frapper un pour en terroriser cent – à l’image du flashball et de toutes les armes mutilantes. C’est donc tout naturellement que l’antiterrorisme est devenu un moyen courant de prévenir ou de réprimer, bref de neutraliser la contestation. Il apparaît aujourd’hui comme le stade suprême de la criminalisation du mouvement social. C’est de fait au nom de l’état d’urgence que la manifestation contre la COP 21 fut interdite. Et c’est toujours l’état d’urgence, et donc la menace terroriste, qui était mis en avant pour justifier les interdictions de manifestation contre la loi travail, les perquisitions administratives, les contrôles systématiques lors de rassemblement publics, etc. C’est encore les moyens de l’antiterrorisme qui étaient utilisés à Rennes contre des manifestants qui avaient introduit de la mousse expansive dans des validateurs de tickets.

C’est une certaine vérité de l’époque qui se manifeste ainsi dans la révision constitutionnelle menée par le précédent gouvernement dans loi de « protection de la Nation ». Il s’agissait d’inscrire l’état d’urgence dans la constitution afin de faire en sorte que « les pouvoirs temporaires et dérogatoires conférés aux autorités civiles dans le cadre de l’état d’urgence » ne soient plus exceptionnels mais deviennent la norme. Il est dorénavant parfaitement constitutionnel qu’un gouvernement décrète l’état d’urgence quand il le désire sans risquer la censure du conseil constitutionnel. Pour le gouvernement Macron, le moyen ubuesque de supprimer l’état d’urgence est d’inscrire dans le droit commun les mesures exceptionnelles permises par… l’état d’urgence.


Du côté de l'ennemi

Il y a donc d’un côté le gouvernement et la nécessité pour lui de nommer son ennemi pour mieux le neutraliser. Sa justice antiterroriste, mais aussi sa police et ses armes de mutilation massive. Et de l’autre, cet ennemi qui ne se réduit évidemment pas au récit que l’ordre tient sur lui. Si on assiste assurément à de nouvelles formes de contrôle de la contestation (qui en réactivent parfois d’anciennes et remontent pour certaines à la guerre d’Algérie), c’est bien qu’une nouvelle forme de menace est apparue à laquelle il a fallu s’adapter.

Tarnac par exemple ne désigne pas seulement une affaire ou un hypothétique groupe politique. Tarnac est l’un de ces lieux où certains décident de se soustraire à l’existence atomisée et morcelée que le monde marchand leur propose, pour mieux attaquer ce dernier, tout en se donnant les moyens de leur autonomie matérielle. Un lieu, comme il en existe d’autres, fait de cent autres lieux et de mille liens, qui ne désigne pas tant un lieu qu’une force et un désir - une sensibilité communiste. Des lieux où la distance avec les organisations politiques apparaît comme la condition pour s’organiser politiquement - et donc matériellement. Des lieux sans noms ou sans renommée, des locaux clandestins et des bar associatifs. D’autres noms existent aussi, ou sont apparus depuis, pour exprimer cette force multiple. ZAD, black bloc, cortège de tête. On la trouve aussi chez tous les syndicalistes combattifs, les bloqueurs acharnés, les lycéens déterminés et surtout dans les complicités qu’ils ont parfois réussi à établir lors du printemps dernier.

Car la chose est entendue. Ce monde touche à sa fin. Mais il peut encore lui falloir du temps pour rendre définitivement l’âme. D’autres mondes existent déjà. Et d’autres seront amenés à surgir de toutes part. L’antiterrorisme est l’une des formes par laquelle le pouvoir tente, comme sa fonction l’exige, de conjurer l’inévitable. A nous de le précipiter.

Article originale de @Rouendanslarue

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23 octobre 2017

Soutien à Yannis Youlountas et Jean-Jacques Rue

Message de Yannis Youlountas

Vous le savez : les fascistes de Defend Europe ont décidé de se venger, deux mois après l'échec total de leur grand périple chevaleresque sous les auspices de Charles Martel qui a finalement tourné au feuilleton comique de l'été.

POUR CELLES ET CEUX QUI SOUHAITENT NOUS SOUTENIR CONTRE DEFEND EUROPE

En effet, les chefs identitaires ont décidé de faire deux exemples :

1- en m'attaquant en Justice, en tant que membre du réseau antifasciste Defend Mediterranea qui s'est activé contre eux ;
2- en attaquant également mon ami Jean-Jacques Rue qui a partagé et commenté avec sa verve habituelle l'une de mes publications.

Notre procès aura lieu le 18 décembre à Nice. Trois des principaux responsables de Defend Europe nous poursuivent : Robert Timm, Clément Galant et Lorenzo Fiato, co-fondateurs de la première croisière en Méditerranée pour identitaires allemands, français et italiens, mais bof, sans escale nulle part, les toilettes bouchées, le réservoir de carburant plein de flotte et une vitesse moyenne inférieure à celle d'une trottinette ;-)
Ces animateurs de colo façon croisade en canoé nous demandent des sommes astronomiques : plus de 30 000 euros de dommages et intérêts (auxquels il faut ajouter les amendes, le remboursement de leurs frais de Justice, et puis le règlement des nôtres, bien sûr).

Leur but semble triple :

1- s'offrir une revanche judiciaire dans une ville qui leur semble favorable, où Estrosi passe pour un gauchiste et Vauzelle pour un anarcho-autonome.
2- se faire encore plus de fric, en plus des tee-shirts bleu chiotte et du fachothon de départ. 3- cogner deux ennemis fauchés tout en fichant la trouille aux autres (je sens que plus personne va oser partager mes publis).

Peut-être espèrent-ils ainsi me prendre le fourgon et la caméra, car ils savent que j'aide aussi des migrants sur d'autres terrains (convois solidaires, films...).

Du coup, pour nous aider à nous défendre, un comité de soutien vient d'être créé, ce soir, avec pour première décision de lancer un pot commun :
https://www.lepotcommun.fr/pot/hvfshv5n

Merci à Annick et Eric Sirvin, mes vieux compagnons de lutte qui vont s'en occuper, avec Sandrine, Maud et quelques autres.

Heps, les fachillons ! Nous aussi on a du monde qui nous soutient et c'est pas demain la veille qu'on va se laisser intimider par vos heaumes et vos étendards. Car sous vos armures en carton, il n'y a que des trouillards compulsifs qui ont simplement peur de la différence et qui en ont fait leur fond de commerce.


Rendez-vous le 18 décembre !

Le pot commun.fr : SOLIDARITÉ AVEC YANNIS YOULOUNTAS ET JEAN-JACQUES RUE SOLIDARITÉ AVEC YANNIS YOULOUNTAS ET JEAN-JACQUES RUE POURSUIVIS EN JUSTICE PAR DEFEND EUROPE Durant l’été 2017, une expédition raciste a…
lepotcommun.fr

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27 septembre 2017

Appel à mobilisation

Appel Mobilisation

APPEL A MOBILISATION

mercredi 27 septembre à partir de 9h, à la 16e chambre du TGI de Paris

pour la libération définitive des camarades entraînés dans un procès politique

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07 juillet 2016

A bas les procès politiques !

A bas les procès politique

Plus de renseignements sur l'affaire ici : http://www.cnt-f.org/cnt42/article1699.html

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21 octobre 2013

Soutien aux inculpé.e.s en lutte contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Appel à soutien aux inculpé.e.s en lutte contre l'aéroport de Notre­-Dame­-des­-Landes

Le 27 janvier dernier, 15 personnes s’étaient invitées à un pique­-nique revendicatif dans le parc du château familial des multi­milliardaires François et François­-Henri Pinault ­ actionnaires du groupe Vinci ­ pour dénoncer leur responsabilité dans le projet de construction de l’aéroport à Notre­-Dame­-des­-Landes.La famille Pinault n’a pas apprécié cette intrusion et les quinze manifestants ont été arrêtés et placés en garde à vue durant 45 heures, dans des conditions déplorables (discriminations sexistes, intimidations diverses...) lls/elles ont été condamné.e.s le lundi 24 juin, par le TGI de Versailles à 2 mois d'emprisonnement avec sursis, à verser 5600 euros d'amende pour refus de prélèvement ADN, et 1€ de dommages et intérêts aux parties civiles. Les frais de justice s'élèvent déjà à 1260 euros. Le tribunal a rejeté la demande de non­inscription dans le bulletin 2 du casier judiciaire et a ordonné la confiscation des scellés (téléphones portables, ordinateurs portables, caméra, clés 3G...). Ils/elles sont poursuivi.e.s pour violation de domicile et menaces de mort (pour avoir entonné un slogan: "Pinault, la ZAD aura ta peau"). Face à ce jugement inacceptable, ils/elles ont décidé de faire appel. Nous vous tiendrons au courant de la date du procès. D'autre part, suite à ce verdict, une des inculpé.e.s de l’affaire Pinault a relayé sur son blog un communiqué qui se terminait par la phrase « Pinault pollueur, voleur, expropriation » et une affiche du collectif francilien de lutte contre l’aéroport à Notre­-Dame­-des­-Landes représentant François­-Henri Pinault en vampire avec des agneaux sur la tête. Elle est poursuivie par Pinault père et fils pour diffamation. Les Pinault demandent 1 euro de dommage et intérêt en réparation de leur préjudice moral, la suppression des propos et de l’image qu’ils jugent diffamatoires du blog et la publication du dispositif du jugement à venir (supputant qu’il sera en sa défaveur). Elle est citée à comparaître le 8 novembre 2013 à 13h15 devant la 17ème Chambre correctionnelle, Chambre de la Presse du Tribunal de Grande Instance de Paris. Nous dénonçons l'impunité dont bénéficient les financiers actionnaires qui, comme F. Pinault ont une responsabilité dans l'impact social et écologique désastreux qu'ils provoquent, et qui ont le pouvoir, avec la complicité des hommes politiques de faire en sorte que des projets jugés par l'opinion publique inutilement couteux et destructeurs, voient le jour au nom de leurs intérêts privés et de leur mégalomanie. 


Soutien économique

Pour participer à la caisse de soutien : envoyez vos chèques à l’ordre de : «Les Ami­e­s de Clark Kent» en spécifiant bien au dos du chèque «Soutien à la lutte contre l’aéroport de NDDL» à l’adresse suivante : La Parole errante 9, rue François­Debergue ∙ 93100 Montreuil.



Nous appelons à une mobilisation massive lors des procès à venir !

Non à l'aéroport !

Non à la répression !

La désobéissance civile n'est pas un délit!



Prochaines mobilisations - Le mercredi 16 octobre (date anniversaire des expulsions: "la nuit des Césars des expulsions") - le 8 novembre 2013 à 13h15 devant la 17ème Chambre correctionnelle – Chambre de la Presse du Tribunal de Grande Instance de Paris. - Semaine du dimanche 17 au samedi 23 novembre (dates anniversaire de la manifestation de réoccupation et de la répression). - Le 8 décembre (appel européen de Stuttgart contre les grands projets imposés). - Date à préciser: Procès au tribunal de Versailles. - Les appels à (ré)actions en cas de reprise des travaux et d’expulsions sont toujours d’actualité: rdv à 19h au métro Belleville (75019) en cas d'expulsion à Nddl





Diffusion Merci d'envoyer vos lettres de soutien à l'adresse collectifnddlparisidf@riseup.net en indiquant votre nom ou celui de votre collectif...



Contact collectifnddlparisidf@riseup.net

Contact presse : presse.nddl­paris@riseup.net



Pour plus d’information

http://zad.nadir.org/

http://acipa.free.fr

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04 février 2013

[Turin - Procès aux No TAV] Les inculpés abandonnent la salle d’audience. La police charge les manifestants…

Posted on 1 février 2013 by notavfrance

Ce matin, à Turin, dans la salle-bunker de la prison de Valette, a commencé la nouvelle audience du procès aux 52 No TAV accusés d’avoir participé aux journées de lutte du 27 juin et du 3 juillet 2011. Quelques minutes avant le commencement du procès les inculpés ont abandonné la salle après avoir lu un communiqué, malgré les protestations du juge.


Voici le communiqué indiquant les raisons de la résistance :

“La décision de faire déplacer le procès dans cette salle-bunker étant sur la droite ligne de la dernière vague de répression, soutenue et légitimée par une campagne médiatique qui vise à diaboliser le mouvement NO TAV, en essayant de l’affaiblir et de l’isoler des luttes qui traversent le pays.

En déménageant le siège du procès vous essayez de renfermer la lutte NO TAV dans le piège de la « dangerosité sociale » et de l’urgence.

Nous, au contraire, revendiquons les pratiques de notre lutte en réaffirmant les raisons qui nous poussent à résister et à nous opposer à ceux qui veulent imposer le TAV [TGV, N.D.T.] en militarisant le Val de Suse, avec une dévastation humaine, sociale et environnementale.

Nos raisons de lutter restent encore très vivantes, et votre choix de nous amener dans cette salle-bunker ne nous empêchera pas de les mener jusqu’au bout.

C’est pourquoi, aujourd’hui, nous avons tou(te)s choisi d’abandonner cette salle, en vous laissant seuls dans votre bunker.

Bas les pattes du Val de Suse ! Ora e sempre resistenza!”

Alors que les inculpés et le public dans la salle étaient en train de sortir du tribunal la police a fermé les portes, en empêchant ainsi à des dizaines de No TAV d’atteindre la sortie (la raison semble être que le juge a demandé à la police d’identifier ceux qui ont lu le communiqué).

Face aux protestations, la police n’a pas hésité à charger le rassemblement à l’extérieur du tribunal. Ci-dessous la vidéo:

Nous avions déjà souligné que la décision de déplacer ce procès dans une salle-bunker (réouverte après vingt ans de fermeture) a comme unique intention celle d’intimider et de criminaliser le mouvement No TAV aux yeux de l’opinion publique. Alors que la presse continue à produire quotidiennement des articles qui dénigrent ce mouvement et font l’éloge des avancements des travaux (ce qui n’est pas le cas), la réponse des inculpés et de tout le mouvement No Tav aujourd’hui est, une fois de plus, le rejet de toutes les accusations, en transformant une journée de triste répression en une journée de lutte. Nous rappelons également que, il y a deux jours, deux autres personnes ont été ajoutées à la liste des gens accusés d’avoir participé en août 2012 à l’occupation d’un bâtiment de la Geomont, une des entreprises responsable de la dévastation du Val de Suse!

Voir aussi : [Lyon-Turin] LTF compte commencer le percement du tunnel côté France

[Turin - Procès aux No TAV] Chronique de l’audience du 21 janvier

Dernière nouvelle : le Lyon-Turin passera finalement par Grenoble

Lyon-Turin : comment Hollande s’apprête à dépenser 11 milliards pour que les businessmen prennent le train

Posté par isabeaudeloere à 09:10 - Monde en lutte - Commentaires [0] - Permalien [#]
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