Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

06 mai 2019

Lettre de Thomas P., incarcéré depuis le 12 février 2019

Après l’acte 13, le 10 février sur les journaux paraissait le nom de Thomas P., figure du "super casseur".
Mais depuis c’est le silence. Cela fait trois mois qu’il est enfermé à Fleury Mérogis en préventive sous le coup d’une instruction criminelle. Pour que son isolement cesse, Thomas nous*

a fait parvenir une lettre écrite en cellule qui revient sur les raisons qui l’ont amené à se battre aux côtés des Gilets Jaunes.

Prison de Fleury Mérogis


LETTRE D’UN GILET JAUNE EN PRISON

Le 29/04/2019.

Bonjour,

Je m’appelle Thomas. Je fais partie de ces nombreux Gilets Jaunes qui dorment en ce moment en prison. Cela fait près de 3 mois que je suis incarcéré à Fleury-Mérogis sous mandat de dépôt criminel.

Je suis accusé de pas mal de choses après ma participation à l’acte XIII à Paris :

« dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui »

« dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui par un moyen dangereux pour les personnes » (incendie d’une Porsche)

« dégradation ou détérioration de bien par un moyen dangereux pour les personnes commise en raison de la qualité de la personne dépositaire de l’autorité publique de son propriétaire » (le ministère des armées)

« dégradation ou détérioration d’un bien destiné à l’utilité ou la décoration publique » (attaque sur une voiture de police et une voiture de l’administration pénitentiaire)

« violence aggravée par deux circonstances (avec arme et sur dépositaire de l’autorité publique) suivi d’incapacité n’excédant pas 8 jours » (l’arme serait une barrière de chantier, toujours sur la même voiture de police, 2 jours d’ITT pour le traumatisme)

« violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité »

« participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de biens ».

J’ai effectivement commis une partie des actes que recouvrent ces formulations un peu ronflantes… Et je les assume. J’ai bien conscience qu’écrire cela risque de me faire rester un peu plus de temps en prison et je comprends très bien tous ceux qui préfèrent ne pas revendiquer leurs actes devant la justice et parient sur une éventuelle clémence.

Quand on lit cette longue liste de délits et leurs intitulés, il y a de quoi me prendre pour un fou furieux, n’est-ce pas ? C’est d’ailleurs comme ça que l’on m’a décrit dans les media. Enfin, on m’a plutôt réduit à un mot bien pratique : « casseur ». Simplement. « Pourquoi ce type a cassé? – Parce que c’est un casseur, c’est évident. » Tout est dit, circulez il n’y a rien à voir et surtout, rien à comprendre. À croire que certains naissent « casseur ». Cela évite d’avoir à se demander pourquoi tel commerce est ciblé plutôt que tel autre, et si par hasard ces actes n’auraient pas un sens, au moins pour ceux qui prennent le risque de les accomplir.

Il est d’ailleurs assez ironique, que je me retrouve affublé du stigmate de « casseur », notamment parce que la chose que j’apprécie le plus dans la vie, c’est la construction. Menuiserie, charpente, maçonnerie, plomberie, électricité, soudure… Bricoler, réparer tout ce qui traîne, construire une maison de la dalle aux finitions, c’est ça mon truc. Après, c’est vrai, rien de ce que j’ai construit ou réparé ne ressemble à une banque ou à une voiture de police.

Dans certains médias, on m’a aussi traité de « brute », pourtant je n’ai jamais été quelqu’un de violent. On pourrait même dire que je suis doux. À tel point que cela m’a rendu la vie compliquée pendant l’adolescence. Bien sûr, dans la vie, on passe tous par des situations difficiles et on s’endurcit. Après, je ne cherche pas à dire que je suis un agneau ni une victime.

On n’est plus innocent quand on a vu la violence « légitime », la violence légale : celle de la police. J’ai vu la haine ou le vide dans leurs yeux et j’ai entendu leurs sommations glaçantes: «dispersez-vous, rentrez chez vous ». J’ai vu les charges, les grenades et les tabassages en règle. J’ai vu les contrôles, les fouilles, les nasses, les arrestations et la prison. J’ai vu les gens tomber, en sang, j’ai vu les mutilés. Comme tous ceux qui manifestaient ce 9 février, j’ai appris qu’une nouvelle fois, un homme venait de se faire arracher la main par une grenade. Et puis je n’ai plus rien vu, à cause des gaz. Tous, nous suffoquions. C’est à ce moment-là que j’ai décidé ne plus être une victime et de me battre. J’en suis fier. Fier d’avoir relevé la tête, fier de ne pas avoir cédé à la peur.

Bien sûr, comme tous ceux qui sont visés par la répression du mouvement des Gilets Jaunes, j’ai d’abord manifesté pacifiquement et au quotidien, je règle toujours les problèmes par la parole plutôt que par les poings. Mais je suis convaincu que dans certaines situations, le conflit est nécessaire. Car le débat aussi « grand » soit il, peut parfois être truqué ou faussé. Il suffit pour cela que celui qui l’organise pose les questions dans les termes qui l’arrangent. On nous dit d’un côté que les caisses de l’État sont vides mais on renfloue les banques à coups de millions dès qu’elles sont en difficulté, on nous parle de « transition écologique » sans jamais remettre en question le système de production et de consommation à l’origine de tous les dérèglements climatiques¹. Nous sommes des millions à leur hurler que leur système est pourri et ils nous expliquent comment ils prétendent le sauver.

En fait, tout est question de justesse. Il y a un usage juste de la douceur, un usage juste de la parole et un usage juste de la violence.

Il nous faut prendre les choses en main et arrêter d’implorer des pouvoirs si déterminés à nous mener dans le mur. Il nous faut un peu de sérieux, un peu d’honneur et reconnaître qu’un certain nombre de systèmes, d’organisations et d’entreprises détruisent nos vies autant que notre environnement et qu’il faudra bien un jour les mettre hors d’état de nuire. Ça implique d’agir, ça implique des gestes, ça implique des choix : manif sauvage ou maintien de l’ordre ?

À ce propos, j’entends beaucoup de conneries à la télé, mais il y en a une qui me semble particulièrement grossière. Non, aucun manifestant ne cherche à « tuer des flics ». L’enjeu des affrontements de rue c’est de parvenir à faire reculer la police, à la tenir en respect : pour sortir d’une nasse, atteindre un lieu de pouvoir ou simplement reprendre la rue. Depuis le 17 novembre, ceux qui ont menacé de sortir leur armes, ceux qui brutalisent, mutilent et asphyxient des manifestants désarmés et sans défense, ce ne sont pas les soit-disant « casseurs », ce sont les forces de l’ordre. Si les médias en parlent peu, les centaines de milliers de personnes qui sont allées sur les ronds-points et dans les rues le savent. Derrière leur brutalité et leurs menaces, c’est la peur qui se cache. Et quand ce moment arrive, en général, c’est que la révolution n’est pas loin.

Si je n’ai jamais eu envie de voir mon nom étalé dans la presse, c’est désormais le cas, et comme je m’attends à ce que journalistes et magistrats épluchent et exposent ma vie personnelle, autant prendre moi-même la parole². Voilà donc ma petite histoire. Après une enfance somme toute assez banale dans une petite ville du Poitou, je suis parti dans la « grande ville » d’à côté pour commencer des études, quitter le foyer familial (même si j’aime beaucoup mes parents), commencer la vie active. Pas dans le but de trouver du travail et de prendre des crédits, non, plutôt pour voyager, faire de nouvelles expériences, trouver l’amour, vivre des trucs dingues, l’aventure quoi. Ceux qui ne rêvent pas de cela à 17 ans doivent être sérieusement dérangés.

Cette possibilité-là, pour moi, c’était la fac mais j’ai vite déchanté face à l’ennui et l’apathie régnants. Puis coup de chance, je suis tombé sur une assemblée générale au début du mouvement des retraites. Il y avait des gens qui voulaient bloquer la fac et qui ont attiré mon attention. J’en ai rencontré quelques-uns qui voulaient occuper un bâtiment et rejoindre les dockers. Le lendemain, je les ai accompagné pour murer le local du Medef et taguer « pouvoir au peuple » sur les parpaings tout frais. Voilà le jour où l’homme que je suis aujourd’hui est né.

J’ai donc étudié l’Histoire parce qu’on parlait beaucoup de révolution et que je ne voulais pas parler depuis une position d’ignorant. Mais très vite, je décidais de quitter la fac. Le constat était simple, non seulement on en apprenait bien plus dans les bouquins qu’en cours mais en plus de cela je n’avais pas envie de m’élever socialement pour devenir un petit cadre aisé du système que je voulais combattre. Là c’était le vrai début de l’aventure.

Ensuite, j’ai vécu avec plein de potes en ville ou à la campagne, c’est là que j’ai appris à tout réparer, à tout construire. On essayait de tout faire nous-mêmes plutôt que de bosser pour l’acheter. Un peu une vie de hippie, quoi! À la différence qu’on savait qu’on n’allait pas changer le monde en s’enterrant dans notre petit cocon auto-suffisant. Alors, j’ai toujours gardé le contact avec l’actualité politique, je suis allé à la rencontre de celles et ceux qui, comme moi dans le passé, vivaient leur premier mouvement.

Voilà comment j’ai rejoint les Gilets Jaunes depuis maintenant quatre mois. C’est le mouvement le plus beau et le plus fort que j’ai jamais vu. Je m’y suis jeté corps et âme, sans hésitation. L’après-midi de mon arrestation, plusieurs fois des gens sont venus vers moi pour me saluer, me remercier ou me dire de faire attention à moi. Les actes que l’on me reproche, ceux que j’ai commis et les autres, ils sont en réalité collectifs. Et c’est précisément de cela dont le pouvoir à peur et c’est pour cette raison qu’ils nous répriment et nous enferment individuellement en tentant de nous monter les uns contre les autres. Le gentil citoyen contre le méchant « casseur ». Mais de toute évidence, ni la matraque ni la prison ne semblent arrêter ce mouvement. Je suis de tout cœur avec celles et ceux qui continuent.

Depuis les murs de Fleury-Merogis, Thomas, gilet jaune.

* Comité de soutien à Thomas P. (Cf. ICI)

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25 avril 2019

Grândola, Vila Morena

Grândola, Vila Morena

de Zeca Afonso

(Cette chanson qui était interdite par le régime fut diffusé sur Radio Renascença pour signaler le début de l'insurrection au Portugal en 1974)

Paroles : Grândola, vila morena / Terra da fraternidade / O povo é quem mais ordena / Dentro de ti, ó cidade

Dentro de ti, ó cidade / O povo é quem mais ordena / Terra da fraternidade / Grândola, vila morena

Em cada esquina, um amigo / Em cada rosto, igualdade / Grândola, vila morena / Terra da fraternidade

Terra da fraternidade / Grândola, vila morena / Em cada rosto, igualdade / O povo é quem mais ordena

À sombra duma azinheira / Que já não sabia a idade / Jurei ter por companheira / Grândola, a tua vontade

Grândola a tua vontade / Jurei ter por companheira / À sombra duma azinheira / Que já não sabia a idade

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15 février 2019

Alerte Grèce

Bonjour à toutes et tous,

Ce message d'information directe et horizontale est de la plus haute importance. Prenez le temps de le lire. Nous sommes actuellement en alerte sur tous les plans : alerte aéroport en Crète, alerte prison pour nos camarades de Rouvikonas, alerte également au niveau des chiffres du chômage et de la dette qui viennent de tomber, alerte enfin concernant le prochain convoi qui va partir d'ici peu vers nos lieux solidaires autogérés à Athènes (dont les réserves sont dramatiquement vides, y compris les occupations solidaires et les cuisines sociales).

Alerte Grèce


ALERTE AÉROPORT

DE KASTELLI EN CRÈTE !!!

La situation se durcit au sud-est d'Héraklion. La menace des grands travaux inutiles et nuisibles se rapproche dangereusement pour les 200 000 oliviers qui risquent d'être coupés. Le ministre grec des transports vient d'annoncer qu'il va se déplacer dès la semaine prochaine à Kastelli pour y signer le contrat de construction et d'exploitation du nouvel aéroport international avec le groupement d'industriels qui veulent se remplir les poches au dépend de la vie sur l'île. Comme d'autres médias du pouvoir, Creta Live ose déjà titrer "Les bulldozers commencent le chantier à Kastelli" :

Alerte grèce 01

En réalité, rien n'est encore perdu. D'abord parce que le ministre et les bulldozers vont avoir droit à un accueil particulièrement agité dans la petite ville crétoise et aux alentours. En effet, la promesse coutumière de créer des emplois à tout prix ne marche pas avec tout le monde ! Une majorité d'habitant-es ne veulent pas qu'on saccage cette haute plaine magnifique. Ensuite, parce qu'une autre nouvelle vient de tomber : des archéologues confirment la présence probable de trois villages antiques (de l'époque minoenne) enfouis sous l'emplacement du futur chantier ! Si la nouvelle était entérinée officiellement, cela signifierait un retard de plusieurs années et, probablement, l'abandon du projet !

Alerte grèce 02

Après l'étape habituelle à Athènes, notre prochain convoi solidaire ira, comme la dernière fois, à Kastelli pour aller soutenir cette lutte. Une lutte sans frontières pour défendre la vie, la nature et la mémoire. La mémoire d'une histoire locale qui a marqué l'Europe et le monde, via Knossos puis Athènes. La nature qui se défend à travers nous. La vie que nous n'abandonnerons jamais à ses exploiteurs.

Alerte grèce 03 copier

Une grande réunion publique aura lieu peu après notre arrivée sur les lieux avec les habitant-es, les membres des collectifs locaux et les membres du convoi (parmi lesquel-les plusieurs zadistes). La défense de Kastelli et de ses oliviers légendaires va rapidement s'intensifier. On vous tiendra bien sûr au courant de la suite et, si nécessaire, on lancera peut-être un appel pour des renforts éventuels.

 

Alerte grèce 04

ALERTE PRISON

POUR ROUVIKONAS !!!

On ne présente plus l'extraordinaire groupe libertaire Rouvikonas (Rubicon), l'un des fleurons de la résistance en Grèce, très populaire, notamment parmi les Grec-ques les plus précaires. Ce groupe sabote régulièrement les négociations avec les institutions européennes et les créanciers, défend formidablement les opprimé-es un peu partout, détruit par exemple les fichiers bancaires des personnes surendetté-es et fait presque quotidiennement la une des journaux télévisés.

Alerte grèce 05

Tout d'abord une petite anecdote qui en dit long : il y a quelque temps, alors que j'attendais le début d'un match de foot dans un kafeneion (bistrot) avec mon fils de 9 ans pour lui faire plaisir, parmi une cinquantaine d'autres téléspectateurs aux opinions probablement très diverses, j'ai pu vérifier avec émotion cette forte popularité. Juste avant le match, un flash-info (breaking news) a annoncé une nouvelle destruction du grand bureau de privatisation du bien commun (super taiped) par Rouvikonas (et donc le retard de la grande braderie programmée). Aussitôt, presque tout le monde dans la salle a crié "Bravo !" bruyamment, en levant les bras au ciel comme s'il s'agissait d'un but ! Mon petit garçon m'a regardé avec un clin d'œil et a partagé ma joie : au fond de notre caverne enfumée, les petites gens opprimées avaient parfaitement compris que ces dizaines de révolutionnaires à blousons noirs prenaient tous les risques pour l'intérêt général. Une prise de conscience politique qui est dans l'air du temps.

Alerte grèce 06

Cependant, depuis quelques jours, nous venons de faire un point complet sur l'ensemble des poursuites judiciaires contre nos camarades de Rouvikonas, en reprenant tous les dossiers avec eux, les uns après les autres, et il s'avère que le risque de la prison approche dangereusement pour beaucoup et menace de stopper ce phénomène politique prodigieux ! En effet, Rouvikonas totalise à ce jour plus de 528 mois de prison, dont 56 mois rien que pour Yorgos (qui intervient avec sa casquette dans L'Amour et la Révolution et qui a déjà passé plus d'un an et demi en prison). Côté amendes et dommages et intérêts, le groupe totalise officiellement plus de 200 000 euros à payer (plusieurs dizaines de procès). A cela s'ajoutent précisément 21 250 euros en frais de Justice. Ce qui est dommage, c'est que si les membres de Rouvikonas pouvaient payer ces jours-amendes, ils pourraient échapper à la plupart des peines de prison (c'est comme ça que ça marche en Grèce pour cette catégorie de délits, un peu comme aux États-Unis). Mais ils/elles sont trop pauvres pour parvenir à payer ces sortes de cautions. Ils/elles sont pour la plupart ouvrier-es, chômeurs/ses et étudiant-es.

Plus précisément, ils/elles sont : manœuvre, soudeur de chantier, électricien, institutrice, serveur, libraire, jardinier, infirmière, marin, éducateur spécialisé, étudiant en philo ou encore livreur... Ils/elles ont absolument besoin de plus de soutien pour éviter la prison et continuer cette lutte extraordinaire et exemplaire en Grèce.

C'est pourquoi nous vous proposons d'essayer ensemble de leur payer la totalité de leurs frais de Justice, soit 21 250 euros. Si, dans les prochains jours, nous parvenons à contribuer nombreux/ses, cet objectif sera à notre portée. Si, en plus, des collectifs veulent bien nous épauler, bras dessus bras dessous, un peu partout en France, Suisse et Belgique, nous pourrons certainement y arriver. Si vous voulez contribuer, vous aussi, merci d'effectuer votre virement (numéro de compte plus bas) avant le 2 mars, en précisant "FRAIS DE JUSTICE RKS" en objet. Pour les structures collectives, donnez-nous votre courriel pour recevoir un accusé de réception qui proviendra directement de Rouvikonas.

 

Alerte grèce 07

ALERTE CONVOI SOLIDAIRE !!!

Hier soir à Lautrec, nous venons de finir l'inventaire de la grande collecte du convoi solidaire qui va partir dans quelques jours vers la Grèce. Nous serons 27 fourgons et 65 camarades de France, Suisse et Belgique : un record !!!

La collecte a été extraordinairement fructueuse en jouets, fournitures scolaires, outils numériques et matériel médical. Les fourgons seront tous pleins (deux de plus auraient pu être remplis). Par contre, cette collecte a été beaucoup plus pauvre que d'habitude en nourriture (adulte et enfant), produits ménagers et hygiène.

Alerte grèce 08

Ça tombe mal, car les réserves sont vides dans nos lieux autogérés à Athènes, notamment à Exarcheia. Les squats NOTARA 26 et SPIROU TRIKOUPI 17, comme d'autres au cœur de l'hiver, ont besoin de nourriture pour les petits comme pour les grands. Idem pour le réseau de cuisines sociales L'AUTRE HUMAIN qui recherche également un véhicule pour les maraudes nocturnes (une voiture break ou un utilitaire d'occasion pourrait suffire, moyennant quelques milliers d'euros).

Alerte grèce 09

Alerte grèce 10

Ces dernières semaines, il a fait exceptionnellement froid à Athènes. Il a même neigé. Idem sur les îles, comme Lesbos par exemple (où se trouve le terrible camp de Moria d'où nous tentons d'exfiltrer des victimes du sinistre accord Union européenne-Turquie).

Des centaines de Grec-ques précaires et d'exilé-es sont récemment mort-es de faim, de froid et de maladies qui auraient pu être soignées. La souffrance, la fatigue et l'exaspération sont immenses et le mouvement social n'arrive plus actuellement à faire face à l'immensité des besoins, dans la solidarité, l'autogestion et la gratuité.

Alerte grèce 11

Malheureusement, l'énorme convoi solidaire qui s'apprête à partir s'avère pauvre en argent. Il est beaucoup plus pauvre qu'à l'habitude. C'est là son point faible, alors que nous voudrions beaucoup plus aider avec vous nos camarades en difficultés. Même si on déteste l'argent, il est l'un des nerfs de la guerre sociale qui se joue en Grèce, à la fois parce qu'il permet de garder en liberté les courageux activistes du groupe Rouvikonas sans cesse menacés de prison et parce qu'il permet aux lieux solidaires autogérés de rester libres et autonomes dans leurs projets conçus en assemblée.

Alerte grèce 12

Habituellement, nos films apportent en moyenne entre les deux-tiers et les trois-quarts de l'argent apporté par les convois. Mais cette fois, c'est plus compliqué. En effet, après avoir fait tourner plusieurs personnages en France en septembre, nous avons envoyé de l'argent en octobre et en novembre (virements), puis apporté des sommes importantes début décembre, durant notre séjour avec un petit groupe venu de France (soutiens à Rouvikonas et Notara, courses pour la cuisine sociale, paiement de l'opération chirurgicale d'un camarade membre-fondateur de Notara privé de couverture maladie malgré une tumeur à un rein, etc.). Ensuite, le 8 décembre : patatras ! J'ai personnellement eu des soucis de santé dès notre retour en France et j'ai dû tout annuler jusqu'au 7 janvier ! Résultat : en seulement un mois de tournée (du 8 janvier au 11 février), tous frais déduits, dont plusieurs soucis imprévus, nous sommes loin, très loin de ce que nous espérions. Lors du convoi de mai 2018, nous avions apporté la marge bénéficiaire de 3 mois de tournée continue, donc trois fois plus !

De votre côté, c'est le même problème : les soutiens sont pour l'instant en nette baisse et beaucoup moins nombreux et c'est tout à fait compréhensible vu le contexte politique et économique dans l'hexagone : lutte ardue des Gilets Jaunes, nombreux pots communs en soutien aux manifestant-e-s poursuivi-e-s ou blessé-e-s, conjoncture économique difficile... Mais ça tombe mal, très mal !

 

Alerte grèce 13

APPEL URGENT À CELLES

ET CEUX QUI LE PEUVENT !!!

C'est pourquoi, à l'occasion de ce convoi solidaire exceptionnel par sa dimension et le moment crucial de son arrivée, nous lançons un appel à toutes celles et ceux qui le peuvent : individus, associations, syndicats, organisations ou collectifs ami-es portant les mêmes valeurs et refusant le sort qui menace la ligne de front qui résiste, s'organise et s'entraide en Grèce.

Alerte grèce 14


Jamais, depuis tant d'années, nous n'avons eu autant besoin de vous !

Yannis Youlountas

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25 janvier 2019

2018 : EXTINCTION DE L'HOMME DE MACROGNON

2018 extinction de l'homme de macrognon

2018 : EXTINCTION DE L'HOMME DE MACROGNON

23 janvier 2019

Appel de « Gilets Jaunes » de l’Est Parisien

Appel de « Gilets Jaunes » de l’Est Parisien

Nos gilets ne sont plus des tenues de sécurité routière ; ils sont devenus le signal du ralliement de la contestation globale de l’ordre en place. S’ils scintillent, ce n’est pas pour alerter les autorités sur une quelconque urgence ou détresse sociale. Nous ne les avons pas mis en réclamation de quelque chose au Pouvoir. Le jaune de nos gilets n’est pas celui coutumièrement accolé à la traîtrise par le mouvement ouvrier. La couleur de cet habit, c’est celle de la lave de colère que le volcan de la révolution sociale, en sommeil depuis trop longtemps, commence à recracher. Il n’est jaune que parce qu’il embrasse le rouge.

Sous cette appellation « gilets jaunes », un titan se réveille à peine, encore groggy par le coma dans lequel il fut plongé durant plus de quarante ans. Ce colosse ne sait plus comment il s’appelle, ne se souvient plus de son histoire glorieuse, ne connaît pas le monde où il ouvre les yeux. Pourtant, il découvre, à mesure qu’elle se réactive, l’ampleur de sa propre puissance. Des mots lui sont soufflés par de faux amis, geôliers de ses songes. Il les répète : « français », « peuple », « citoyen » ! Mais en les prononçant, les images qui reviennent confusément du fond de sa mémoire jettent un trouble. Ces mots se sont usés dans les caniveaux de la misère, sur les barricades, les champs de bataille, lors des grèves, au sein des prisons. C’est qu’ils sont du langage d’un adversaire redoutable, l’ennemi de l’humanité qui, depuis deux siècles, manie magistralement la peur, la force et la propagande. Ce parasite mortel, ce vampire social, c’est le capitalisme !

Nous ne sommes pas cette « communauté de destin », fière de son « identité », pleine de mythes nationaux, qui n’a pas su résister à l’histoire sociale. Nous ne sommes pas français.

Nous ne sommes pas cette masse faite de « petites gens » prête à s’allier avec ses maîtres pourvu qu’elle soit « bien gouvernée ». Nous ne sommes pas le peuple.

Nous ne sommes pas cet agrégat d’individus qui ne doivent leur existence que par la reconnaissance de l’État et pour sa perpétuation. Nous ne sommes pas des citoyens.

Nous sommes ceux qui sont obligés de vendre leur force de travail pour survivre, ceux dont la bourgeoisie tire ses profits en les dominant et en les exploitant. Nous sommes ceux que le capital, dans sa stratégie de survie, piétine, sacrifie, condamne. Nous sommes cette force collective qui va abolir toutes les classes sociales. Nous sommes le prolétariat.


Conscients de nos intérêts historiques, nous avertissons que :

Le mouvement des gilets jaunes sera vaincu s’il s’obstine à croire que les intérêts des travailleurs sont conciliables avec ceux des patrons. Cette illusion produit d’ores et déjà des dégâts car Macron se sert d’elle afin de retourner la contestation contre les exploités. Les pauvres capitalistes – dépeints opportunément sous les traits des capitalistes pauvres : les petits entrepreneurs, artisans et autres autoentrepreneurs – victimes des « charges » sociales, partageraient le même sort que leurs employés. Il faudrait donc globalement les épargner et se borner à demander l’aumône aux plus gros d’entre eux. Cela permet au Pouvoir de nous injurier tout en feignant de répondre aux revendications. La prétendue hausse du SMIC ne sera payée que par les salariés. L’annulation de la hausse de la CSG masque le maintien de la réduction des pensions de retraites des plus pauvres.

• À partir de cette approche biaisée, une fraction des gilets jaunes affirme qu’un État moins dispendieux permettrait d’alléger la charge fiscale qui écrase les entreprises ; l’activité serait ainsi relancée et chacun y trouverait son compte... Cela est un mauvais conte de fée. Car ce n’est pas l’État qui étouffe les petits capitalistes mais d’abord la loi de la concurrence qui les fait exister et grâce à laquelle ils peuvent prendre des parts de marché, c’est-à-dire se développer. Le problème social étant ainsi mal posé par le mouvement de sorte que « l’État mal gouverné » est ciblé en lieu et place du système capitaliste, le programme gouvernemental de démantèlement de « l’État social », au nom de « l’optimisation de l’action publique », s’en trouve consolidé. Les politiques de prédation sociale qui consistent à supprimer la redistribution des riches aux pauvres, jusque là effectuée par le biais de la sécurité sociale et des services publics, sont ironiquement confortées. De même, les mesures de réduction du salaire global, en comprimant le salaire différé (retraite, allocations chômage...) sont dès lors justifiées. On donne le bâton pour se faire battre.

• Dans cette optique, qui fait la part belle à l’équilibre économique pourvu qu’il soit bien géré, ce qu’il y a de mauvais dans l’économie ne peut être apporté que de l’extérieur : l’État fiscal, l’Union européenne, la « Finance » « cosmopolite » (et derrière sont parfois désignés les « juifs » et les « illuminatis »), les immigrés. La mécompréhension ou le refus d’admettre cette criante vérité que c’est le capitalisme – comme système de production de la richesse à partir de l’exploitation du travail humain – qui est en crise, ouvre grand la porte aux formes réactionnaires de sauvegarde de l’ordre en place. Dix ans d’activisme d’extrême droite sur internet pèsent lourdement sur ce suicidaire état de confusion dans lequel nombre de gilets jaunes croient discerner une solution à leurs maux.

• Parmi ces « solutions », le Référendum d’Initiative Citoyenne, promu depuis longtemps par la fachosphère et qui a fini par rallier les suivistes mélenchoniste, est une fumisterie permettant d’étouffer la question sociale sous une tambouille institutionnelle. Cet aménagement démocratique ne réglerait rien, quand bien même il serait adopté. Il étirerait juste l’élastique électoral tout en maintenant le rapport entre les classes sociales – ses conditions ainsi que ses enjeux – avec en sus la fortification du réformisme juridique, ce parent pauvre du déjà illusoire réformisme économique. Cela reviendrait à cautionner un peu plus directement l’asservissement ordinaire.


Conscients de nos tâches, nous constatons que :

Le mouvement des gilets jaunes s’arrête aux portes des entreprises, c’est-à-dire là où commence le règne totalitaire du patronat. Ce phénomène résulte de différents facteurs. Retenons-en trois : 1) L’atomisation de la production, qui voit un grand nombre de salariés travailler dans des (très) petites entreprises où la proximité avec l’employeur rend très difficile la possibilité de faire grève. 2) La précarité d’une grande partie des salariés, qui détériore gravement leur capacité à assumer une conflictualité dans les boîtes. 3) L’exclusion et le chômage, qui placent en dehors de la production bon nombre de prolétaires. Une grande partie des gilets jaunes est directement concernée par au moins l’une de ces trois déterminations.

L’autre composante du salariat, celle qui bosse dans les grandes sociétés et qui dispose d’une meilleure sécurité de l’emploi (CDI et statut) paraît être sous cloche, sur laquelle la puissante force du mouvement se rompt comme la vague sur le rocher. Un traitement particulier, composé d’efficience managériale et de honteuse collaboration syndicale, est réservée à cette frange de la population travailleuse. La bourgeoisie a bien compris que cette catégorie des travailleurs a le pouvoir de frapper la production capitaliste en son cœur, par la grève générale illimitée. C’est pour cela qu’elle consolide la pacification en donnant des sussucres en formes de « primes de fin d’année exceptionnelles ».


Conscients de notre but, nous affirmons :

Nous reconnaître dans les appels des gilets jaunes de Alès, de Commercy et de Saint Nazaire, dont le souci de refuser toute organisation hiérarchique, toute représentation, et de cibler les capitalistes, est pour nous le signe de la voie à emprunter.

Vouloir briser les verrous idéologiques, managériaux et syndicaux, qui maintiennent le mouvement des gilets jaunes en dehors de la production. Nous devons employer l’extraordinaire force doublée de détermination que ce mouvement développe pour réaliser ce que des millions d’exploités souhaitent depuis tant d’années, sans jamais y être parvenus : paralyser la production de l’intérieur, décider des grèves et de leur coordination en assemblées générales, unir toutes les catégories de salariés, dans une même optique de renversement du système capitaliste et de réappropriation de l’appareil de production. Mettons fin à l’oppression hiérarchique, capitaliste et étatique.

• Vouloir discuter dès maintenant de la grève, de son déclenchement, de son extension, de sa coordination. Contactez-nous, Rejoignez-nous !

gilets-jaunes-revolutionnaires@protonmail.com

Voir le PDF ici !

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22 janvier 2019

Puisqu'on vous dit que c'est possible

Puisqu'on vous dit que c'est possible

court-métrage de Chris Marker (1973)

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05 janvier 2019

Les gueux

Les gueux

détournement effectué par Gaëtan T. et David B de la chanson "Mon vieux", de Daniel Guichard et Jean Ferrat

interprété par Gaëtan Thomas (2018)

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Trop de revendications, CHANGEONS TOUT

Trop de revendications, changeons tout

Trop de revendications, CHANGEONS TOUT

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02 janvier 2019

Le black-bloc recrute

Le black bloc recrute 01

 Le black-bloc recrute

Le black bloc recrute 02

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31 décembre 2018

Yellow winter songs : L'insurrection qui tient

L'insurrection qui tient

J’ai tout cassé les Monoprix
et j’ai brûlé tous les Franprix
et comme Macron ne disait rien
j’ai recommencé le refrain.
J’ai descellé tous les pavés
et j’ai trouvé où les jeter.
J’ai renversé toutes les bagnoles qui stationnaient chez les bourgeois

Fallait pas me traiter de voyou
Dire que j’étais infiltré
Si tu dis que des mensonges
Je reviendrai la semaine prochaine

J’ai tout démonté les chantiers
j’ai étalé ges grafitti
j’ai tout brisé les belles vitrines.
J’ai déchiré les relevés de compte
j’ai tout haché menu menu
l’économie c’est bien fini.
J’ai repeint tous les policiers, j’ai bien bloqué tous les rond-points

Fallait pas me traiter de voyou
Dire que j’étais infiltré
Si tu dis que des mensonges
Je reviendrai la semaine prochaine

J’ai tout renversé les poubelles,
j’ai allumé des incendies
j’ai fait gazer tout le 8e qui s’en souviendra pour la vie

Fallait pas me traiter de voyou
Dire que j’étais infiltré
Si tu dis que des mensonges
Je reviendrai la semaine prochaine

Si tu dis que des mensonges
Je reviendrai la semaine prochaine

Toi, le premier de cordée & L’insurrection qui tient ont précédemment été publiées sur le site de Lundi Matin

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