Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

30 octobre 2013

Camarade bourgeois

Camarade bourgeois - Renaud (1975) : Camarade bourgeois / Camarade fils-à-papa / La Triumph en bas d'chez toi / Le p'tit chèque en fin de mois / Regarde-toi AH AH AH / Regarde-toi AH AH AH /

Camarade bourgeois / Camarade fils-à-papa / T'as vraiment pas l'air con / Quand tu sors le dimanche / Ton petit complet-veston / Et ta chemise blanche / Regarde-toi AH AH AH / Regarde-toi AH AH AH

Camarade bourgeois / Camarade fils-à-papa / Tu roules en Ferrari / Ou en Lamborghini / Tu roules des épaules / Tu te crois super-drôle / Regarde-toi AH AH AH / Regarde-toi AH AH AH

Camarade bourgeois / Camarade fils-à-papa / Je sais, ton père est patron / Faut pas en faire un complexe / Le jour d'la révolution / On lui coupera qu'la tête / Regarde-toi AH AH AH / Regarde-toi AH AH AH

Camarade bourgeois / Camarade fils-à-papa / Tu passes ton temps au drugstore / Sur les Champs-Elysées / Tu te crois très très fort / T'es jamais qu'un minet / Regarde-toi AH AH AH / Regarde-toi AH AH AH

Camarade bourgeois / Camarade fils-à-papa / Rejoins les rangs de la pègre / Tu prendras vraiment ton pied / Ne sois plus une petite pède / Nous sommes tous des défoncés / Regarde-moi AH AH AH / Regarde-moi AH AH AH / Regarde-moi AH AH AH / Regarde-moi AH AH AH

 

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15 août 2009

Hexagone

Hexagone - Renaud (1980) : Ils s'embrassent au mois de Janvier, Car une nouvelle année commence, Mais depuis des éternités L'a pas tell'ment changé la France. Passent les jours et les semaines, Y a qu'le décor qui évolue, La mentalité est la même : Tous des tocards, tous des faux culs. / Ils sont pas lourds, en février, A se souvenir de Charonne, Des matraqueurs assermentés Qui fignolèrent leur besogne, La France est un pays de flics, A tous les coins d'rue y'en a 100, Pour faire règner l'ordre public Ils assassinent impunément. / Quand on exécute au mois d'mars, De l'autr' côté des Pyrénées, Un arnachiste du Pays basque, Pour lui apprendre à s'révolter, Ils crient, ils pleurent et ils s'indignent De cette immonde mise à mort, Mais ils oublient qu'la guillotine Chez nous aussi fonctionne encore. / Etre né sous l'signe de l'hexagone, C'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment, Et le roi des cons, sur son trône, J'parierai pas qu'il est all'mand. / On leur a dit, au mois d'avril, A la télé, dans les journaux, De pas se découvrir d'un fil, Que l'printemps c'était pour bientôt, Les vieux principes du seizième siècle, Et les vieilles traditions débiles, Ils les appliquent tous à la lettre, Y m'font pitié ces imbéciles. / Ils se souviennent, au mois de mai, D'un sang qui coula rouge et noir, D'une révolution manquée Qui faillit renverser l'Histoire, J'me souviens surtout d'ces moutons, Effrayés par la Liberté, S'en allant voter par millions Pour l'ordre et la sécurité. / Ils commémorent au mois de juin Un débarquement d'Normandie, Ils pensent au brave soldat ricain Qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui, Ils oublient qu'à l'abri des bombes, Les Francais criaient "Vive Pétain", Qu'ils étaient bien planqués à Londres, Qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin. / Etre né sous l'signe de l'hexagone, C'est pas la gloire, en vérité, Et le roi des cons, sur son trône, Me dites pas qu'il est portugais. / Ils font la fête au mois d'juillet, En souv'nir d'une révolution, Qui n'a jamais éliminé La misère et l'exploitation, Ils s'abreuvent de bals populaires, D'feux d'artifice et de flonflons, Ils pensent oublier dans la bière Qu'ils sont gourvernés comme des pions. / Au mois d'août c'est la liberté, Après une longue année d'usine, Ils crient : "Vive les congés payés", Ils oublient un peu la machine, En Espagne, en Grèce ou en France, Ils vont polluer toutes les plages, Et par leur unique présence, Abîmer tous les paysages. / Lorsqu'en septembre on assassine, Un peuple et une liberté, Au cœur de l'Amérique latine, Ils sont pas nombreux à gueuler, Un ambassadeur se ramène, Bras ouverts il est accueilli, Le fascisme c'est la gangrène A Santiago comme à Paris. / Etre né sous l'signe de l'hexagone, C'est vraiment pas une sinécure, Et le roi des cons, sur son trône, Il est français, ça j'en suis sûr. / Finies les vendanges en octobre, Le raisin fermente en tonneaux, Ils sont très fiers de leurs vignobles, Leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux", Ils exportent le sang de la terre Un peu partout à l'étranger, Leur pinard et leur camenbert C'est leur seule gloire à ces tarrés. / En Novembre, au salon d'l'auto, Ils vont admirer par milliers L'dernier modèle de chez Peugeot, Qu'ils pourront jamais se payer, La bagnole, la télé, l'tiercé, C'est l'opium du peuple de France, Lui supprimer c'est le tuer, C'est une drogue à accoutumance. / En décembre c'est l'apothéose, La grande bouffe et les p'tits cadeaux, Ils sont toujours aussi moroses, Mais y a d'la joie dans les ghettos, La Terre peut s'arrêter d'tourner, Ils rat'ront pas leur réveillon; Moi j'voudrais tous les voir crever, Etouffés de dinde aux marrons. / Etre né sous l'signe de l'hexagone, On peut pas dire qu'ca soit bandant Si l'roi des cons perdait son trône, Y aurait 50 millions de prétendants.

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