Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

16 avril 2014

Viticulture et culte de la vitesse à l'heure du réchauffement climatique

Viticulture et culte de la vitesse à l'heure du réchauffement climatique

« Il y a une civilisation du vin, celle où les hommes cherchent à mieux se connaître pour moins se combattre. »
Gabriel Delaunay

« Dans le temps, même le futur était mieux. »
Karl Valentin

A l'heure où l'Empire s'apprête encore à réduire l'espace en le convoquant dans un immense tunnel sous vide voué à recevoir un TTGV (Train à Très Grande Vitesse)1capable d'atteindre les 2000 km/h, le « temps long » de la culture du vin, la précieuse lenteur attentionnée nécessaire à sa confection, sont peut-être là pour nous rappeler combien la réalité moderne, à force d'accélération, ne cesse d'entrer toujours plus en dichotomie avec le réel. Qu'une telle dichotomie ait dès à présent atteint son point de non retour, c'est l'évidence : la réalité actuelle et le réel en sont d'ores et déjà à un tel degré de disjonction qu'ils ne peuvent plus guère espérer de renouer harmonieusement sans passer par un conflit « fratricide » où l'un des deux belligérants devra abdiquer pour longtemps. Il suffit, pour saisir ne serait-ce que sommairement cette nouvelle inconciliabilité réalité/réel, de comparer les deux cartes qui suivent, la première représentant une « topographie » des vignobles, la seconde une « topographie » des néo-distances en France :

Carte vins de France 01 copier

Nouvelle Carte de France de la SNCF

Jean Cocteau disait que « le temps des hommes est de l'éternité pliée » ; nous voyons maintenant combien celui de la modernité est avant tout de l'espace replié sur lui-même, de l'espace en voie de disparition, du réel se néantisant tel une lumière irrésistiblement attirée vers un centre vide – l'Empire -, vers le trou noir insensé d'un « progressisme » dont on ne cesse de nous dire qu'il est la seule « alternative possible ». Or c'est cette même « alternative », dont l'accélération constante des flux constitue l'un des principaux traits, qui, outre qu'elle a provoqué les « accidents » de Tchernobyl et Fukushima, le réchauffement climatique et tant d'autres catastrophes, achève aujourd'hui d'en finir avec le voyage en le remplaçant par le tourisme, avec l'agriculture en la remplaçant par des ogm, avec l'objet en le remplaçant par la marchandise, avec l'usage en le remplaçant par l'échange, avec l'air en le remplaçant par l'ozone, et avec l'amour en le remplaçant par une pornologie Meetic, pour ne donner là que quelques exemples significatifs. Il y a donc un impensé du « progrès » comme effacement progressif du réel, que la seule carte des vignobles de France ne suffit évidemment pas à surmonter, tant il est vrai que le réel ne se laisse pas réduire à une planisphère, fut-elle dessinée par Atlas. Aussi sûrement que la carte du tendre ne dessine la relation des amants qu'en en diminuant la réelle beauté, notre carte des vins n'est qu'une représentation tronquée du réel géographique français, et n'a d'intérêt ici que d'être comparer à l'aberrante représentation du pays effectuée par la SNCF ; aberrante représentation qui a toutefois le mérite évident d'en dire assez long sur ce que l'impérialisme moderne veut réaliser : mobilisation générale, abolition des écarts, des distances, des différences, effacement de l'Histoire au profit d'un néo-naturel rendu indiscutable. « Le temps c'est de l'argent ! » nous dit-on, et il s'agit naturellement dès lors de ne pas en perdre. Or Tocqueville avait raison de dire ceci que « ce que le vulgaire appelle du temps perdu est bien souvent du temps gagné », en quoi conséquemment nous comprenons sans mal à quel point l'accélération sans arrêt plus vive qu'on nous impose, elle, ne peut guère se concrétiser autrement que comme temps perdu, littéralement, et de telle façon que Marcel Proust aurait probablement grand mal aujourd'hui à en retrouver la saveur, sinon peut-être encore au cœur de quelques bons piots, dont le beau bouquet doit réellement toujours beaucoup au réel du temps que le vigneron et la terre ont su y imprimer.
L'accélération ne pollue pas, elle épure l'espace en lui retirant d'un trait la distance. Et cette distance anéantie, elle la relègue sans frein dans une obscène mobilité, que d'ailleurs des vignes pourtant séculaires doivent elles-mêmes subir à présent à cause du « réchauffement climatique », entre autres. Les villes elles-mêmes, autrefois vouées à nous maintenir dans une certaine sédentarité, exigent maintenant de nous que nous y soyons « nomades », fluctuants, c'est-à-dire inlassablement mobilisés pour aller d'un point A vers un point B2 plus ou moins prédéterminé à l'avance par les dispositifs mis au point depuis quelques décennies par les urbanistes. Aussi devient-il de plus en plus difficile, en dehors de nos appartements3, de s'y manifester dans une position stable, sauf à ne pas redouter les contrôles policiers ; le contemporain doit courir d'un néant à l'autre, en néantisant tout ce qui eût pu encore entre les deux avoir le bon ton d'arrêter cette « folie ».
Il y a, derrière la logique apparemment historique de cette accélération, une véritable idéologie du temps, un dogme, une croyance, un catéchisme de la temporalité, dont la « durée » est au premier abord assez paradoxalement le concept paradigmatique. À y regarder de plus près toutefois, que le temps ne soit plus guère envisagé autrement qu'en terme de « durée » n'a rien de paradoxal dans le cadre du culte de la vitesse : c'est bien plutôt justement parce qu'il est envisagé en tant que « durée », « durabilité », que le temps peut être considéré comme accélérable. La « durée » ?, mais voilà bien ce qui permet de disposer le temps à être réduit, et d'abord à être réduit à une « durée », fort notoirement linéaire. La « durée » est donc au temps le mensonge de sa mesurabilité, tyranniquement réalisé par des horloges.
Comment mesurer en effet ce qui réellement ignore si superbement la « durée », ce qui est défini par cela même qu'il est sans « durée » : l'instant, cet indivisible « atome » du temps. Que par ailleurs ce temps soit le résultat d'un cumul ou d'une succession d'instants ne change décidément rien à l'affaire : ce qui est sans « durée » ne peut jamais en se succédant ou se cumulant générer de la « durée ». C'est donc en tant qu'il est frappé d'instants que le temps réel est irréductible à la « durée », et que les « êtres des choses » y trouvent l'espace de leurs persistances existentielles propres, conscientes ou non. Le temps réel est un instantané des corruptions du passé que j'éprouve présentement, et c'est seulement par là que ma puissance advient, comme advient le séveux d'un vin, par quoi nous entendons que le temps réel n'est rien plus que de l'histoire en présence, non limitée par de la « durée ». Le passé ne revient pas, il est ; absolue présence qui ne prédétermine en rien quelque avenir, puisqu'il est patent que l'avenir, lui, ne fait jamais office de présence, pas même dans l'imaginaire. Imaginer la saveur d'un vin en goûtant le raisin qui en constituera l'essence, c'est toujours déjà rendre cette saveur présente à soi, en lui retirant aussitôt par là même toute postériorité. Peut-être est-ce d'ailleurs ce « retrait » que nous avons coutume de nommer « postérité », ceci dit pour engager la pensée dans une bugne, puisqu'il est patent qu'au moment où j'écris ces mots on me propose d'en goûter une, dont le doux présent maintenant de sa présence à mon palais ne pourra plus manquer de connaître quelque immortalité, et d'abord je l'espère en tant que présent absolu de la beauté d'un don de Marie-F. B.

Comme l'a montré Bergson4, le présent – le temps réel - n'est pas mesurable, et d'abord en ceci qu'il n'est pas réductible à l'espace. Toute mesure n'acquiert en effet sa possibilité factuelle qu'à s'inscrire dans un espace donné, considéré comme « homogène » et continu. Or le « temps pur » - qu'il s'agirait d'envisager comme une corruption d'instants5  – ignore toute surface d'inscription, et une horloge n'a jamais été à la mesure du temps que l'imposture d'une convention spatialisée ; dont le caractère « pratique » ne doit pas cacher qu'elle est sans rapport avec le temps : après tout, que se passe-t-il entre tic et tac ?
Cependant pourquoi dès lors Bergson continue-t-il d'appeler « durée » ce qui à l'évidence et selon sa propre « intuition » apparaît comme essentiellement non-mesurable ? La « durée » n'est-elle pas précisément la mesure du temps ?

Mais c'est que par « durée », justement, Bergson n'entend pas la mesure, mais la conscience du temps, ou, pour le dire vite, la conscience d'une continuité – d'une persistance – non spatiale, que nous qualifions de temps. Le présent, en tant que persistance, est le précipité « chimique » « alchimique » et conscient des instants, aussi sûrement que la qualité d'un vin est un précipité « chimique » de terres et de minéraux, de soleil d'eaux et de fruits, entre autres, et de lenteurs et de temps. L'erreur de Bergson, pourtant, c'est d'avoir limité le non-mesurable à la conscience, alors même qu'il procède aussi bien d'un réel absolument « physique », dont les instants sont comme les quantum « eschatologiques », en ce sens qu'en tant qu'essences premières du temps ils en constituent à la fois la substance dernière ; et l'éternité n'est probablement rien d'autre au fond que cette coïncidence essentielle. Si le temps, donc, nous est donné, ce n'est pas seulement intérieurement, comme conscience pure, « durée », mais aussi comme réelité objective - non seulement une intériorité psychique, un moi, mais une extériorité sensible à laquelle nous sommes convoqués par corruption, et que nous écœurons à l'avenant.

En cantonnant le temps réel à quelque état de la conscience, Bergson parvient mal a le sortir du mensonge de sa mesurabilité, parce qu'il se voit contraint par là de rester sourd à sa « qualité » d'instants ; et c'est pourquoi finalement il ne peut s'empêcher de l'envisager « durable ». Dès lors qu'elle s'imagine pure, en effet, la conscience n'entretient de rapport avec la « nature » que quantitativement, parce qu'il lui faut nécessairement mesurer6 la puissance des qualités qu'elle ne comprend pas, pour se rassurer. Une conscience privée de qualités est une conscience sourde, et comme telle elle en vient toujours bientôt à réinscrire le temps dans l'espace, aussi assurément qu'un sourd-muet isolé s'y voit obligé par son langage des signes.

Langage du sourd

La création gestuelle des individus sourds isolés7

 Plutôt que de « durée », il faudrait à l'extrême limite parler de « mémoire », à condition de l'entendre au présent, autrement dit comme puissance qualitative im-médiate et toujours déjà là de l'endo-exosmose des instants dont l'être est le vin des âmes. Une telle puissance n'engage aucune vitesse ou accélération, très précisément parce qu'elle est toujours déjà là, « pure » présence de la corruption éternelle : vie ; vie qu'une célérité trop grande ne peut que réduire, nier, voire anéantir, de même que le pseudo-temps-réel de la technologie abolit la « mémoire » en la virtualisant.

 Ainsi en effet qu'il y a un lien étroit entre l'engrenage industriel et le temps faux de l'horloge, il y a un lien étroit entre l'accélération des flux marchands et le temps faux de la technologie ; le premier soumet l'Homme à la « durée » et le second à la « vitesse »8, autrement dit d'abord à l'enfer du temps de travail9 et ensuite à celui d'une réalité toujours plus virtuelle. Or l'absence de réelité consubstantielle à cette vitesse/durée doit nécessairement devenir une fin en soi pour « exister », pureté, et, comme fin en soi, comme pureté, elle doit nécessairement aussi s'augmenter sans fin, comme accélération/durable, pour ne pas succomber à d'éventuels corruptions du réel et de la limite10.

 Le vrai, c'est la pensée elle-même, et parce qu'il n'est pas impensable, le faux ne peut jamais connaître de repos, sinon à s'évanouir bientôt, aussi sûrement qu'un vin perd parfois le mensonge de son étiquette au moment que je le goûte avec attention. C'est pourquoi le mouvement « révolutionnaire » ne doute plus de son devenir victorieux.

LéoloLéolo AEC copier01

Notes :

1 – cf à cet égard les recherches en Chine, aux USA (hyperloop) et en Europe.
2 – Par exemple de son lieu de travail à son logement.
3 – Encore faut-il préciser qu'actuellement rares deviennent les appartements qui n'ont pas à subir la célérité des flux, ne serait-ce que télévisuels ou informatiques. Là où il y a peu encore l'isolement des murs de ma demeure m'offrait la liberté de m'en tenir à une salutaire démobilisation, la cybernétique ne manque d'ores et déjà maintenant presque plus jamais de me contraindre à recomposer avec la vitesse des flux électroniques.
4 – Essai sur les données immédiates de la conscience.
5 – C'est-à-dire une « rencontre » au sein de laquelle aucun des éléments n'est susceptible d'en contenir un autre, et où chacun d'entre-eux se voit modifié qualitativement. Nous pourrions dire, pour aller un peu plus loin que Bergson dans son essai, que les instants agissent les uns sur les autres par endo-exosmose constante. Autrement dit, la constante – au sens mathématique du terme en quelque sorte – du temps, c'est l'endo-exosmose des instants.
6 – Au sens « d'évaluer, déterminer une taille », et de « restreindre, limiter ».
7 - Voir à ce sujet le site internet AILE (Acquisition et Interaction en Langue Étrangère), à cette adresse : http://aile.revues.org/537.
8 – Vitesse qui avait d'ailleurs besoin d'être précédée par l'abstraction de la durée pour apparaître, comme nous l'avons vu plus haut.
9 - ...ou des loisirs.
10 – C'est pourquoi il n'est pas jusqu'au langage qui ne se voit détruit par l'Empire en vu de son adaptation à la mobilité et à l'accélération.

 

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20 janvier 2014

Essai sur les données immédiates de la conscience

Essai sur les données immédiates de la conscience (1889)

Essai sur les données immédiates de la conscience, de Henri Bergson, 1889.

Extrait n°1 : Décidés à interpréter les changements de qualité en changements de quantité, nous commençons par poser en principe que tout objet a sa couleur propre, déterminée et invariable. Et quand la teinte des objets se rapprochera du jaune ou du bleu, au lieu de dire que nous voyons leur couluer changer sous l'influence d'un accroissement ou d'une diminution d'éclairage, nous affirmerons que cette couleur reste la même, mais que notre sensation d'intensité lumineuse augmente ou diminue.

Extrait n°2 : Quant à l'intervalle lui-même, quant à la durée et au mouvement, en un mot, ils restent nécessairement en dehors de l'équation. C'est que la durée et le mouvement sont des synthèses mentales, et non pas des choses ; c'est que, si le mobile occupe tour à tour les points d'une ligne, le mouvement n'a riend de commun avec cette ligne même ; c'est enfin que, si les positions occupées par le mobile varient avec les différents moments de la durée, s'il crée même des moments distincts par cela seul qu'il occupe des positions différentes, la durée proprement dite n'a pas de moments identiques ni extérieurs les uns aux autres, étant essentiellement hétérogène à elle-même, indistincte, et sans analogie avec le nombre.

Extrait n°3 : En d'autres termes, la question de la liberté sort intacte de cette discussion ; et cela se comprend sans peine, puisqu'il faut chercher la liberté dans une certaine nuance ou qualité de l'action même, et non dans un rapport de cet acte avec ce qu'il n'est pas ou avec ce qu'il aurait pu être.

Extrait n°4 : Mais les moments où nous nous ressaisissons ainsi nous-mêmes sont rares, et c'est pourquoi nous sommes rarement libres. La plupart du temps, nous vivons extérieurement à nous-mêmes, nous n'apercevons de notre moi que son fantôme décoloré, ombre que la pure durée projette dans l'espace homogène. Notre existence se déroule donc dans l'espace plutôt que dans le temps : nous vivons pour le monde extérieur plutôt que pour nous ; nous parlons plutôt que nous ne pensons ; nous "sommes agis" plutôt que nous n'agissons nous-mêmes. Agir librement, c'est reprendre possession de soi, c'est se replacer dans la pure durée.

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25 juin 2013

L'Intuition de l'instant

L'intuition de l'instant (1931)

L'Intuition de l'instant, de Gaston Bachelard, 1931.

Extrait n°1 : Qu'on se rende donc compte que l'expérience immédiate du temps, ce n'est pas l'expérience si fugace, si difficile, si savante, de la durée, mais bien l'expérience nonchalante de l'instant, saisi toujours comme immobile. Tout ce qui est simple, tout ce qui est fort en nous, tout ce qui est durable même, est le don d'un instant. Pour lutter tout de suite sur le terrain le plus difficile, soulignons par exemple que le souvenir de la durée est parmi les souvenirs les moins durables. On se souvient d'avoir été, on ne se souvient pas d'avoir duré.

Extrait n°2 : Et nous rêvons à une heure divine qui donnerait tout. Non pas l'heure pleine, mais l'heure complète. L'heure où tous les instants du temps seraient utilisés par la matière, l'heure où tous les instants réalisés dans la matière seraient utilisés par la vie, l'heure où tous les instants vivants seraient sentis, aimés, pensés. L'heure par conséquent où la relativité de la conscience serait effacée puisque la conscience serait à l'exacte mesure du temps complet. Finalement, le temps objectif, c'est le temps maximum ; c'est celui qui contient tous les instants. Il est fait de l'ensemble dense des actes du Créateur.

Extrait n°3 : "[...] Nous venons de loin avec notre sang tiède... et voici que nous sommes l'Ame avec les ailes et la Pensée dans l'Orage !..." Un si long destin prouve qu'en retournant éternellement aux sources de l'être, nous avons trouvé le courage de l'essor renouvelé. Plutôt qu'une doctrine de l'éternel retour, la thèse roupnelienne est donc bien une doctrine de l'éternelle reprise. Elle représente la continuité du courage dans la discontinuité des tentatives, la continuité de l'idéal malgré la rupture des faits. Toutes les fois que M. Bergson parle d'une continuité qui se prolonge (continuité de notre vie intérieure, continuité d'un mouvement volontaire) nous pouvons traduire en disant qu'il s'agit d'une forme discontinue qui se reconstitue. Tout prolongement effectif est une adjonction, toute identité une ressemblance. Nous nous reconnaissons dans notre caractère parce que nous nous imitons nous-mêmes et que notre personnalité est ainsi l'habitude de notre propre nom. C'est parce que nous nous unifions autour de notre nom et de notre dignité - cette noblesse du pauvre - que nous pouvons transporter sur l'avenir l'unité d'une âme. La copie que nous refaisons sans cesse doit d'ailleurs s'améliorer, ou bien le modèle inutile se ternit et l'âme, qui n'est qu'une persistance esthétique, se dissout.

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Posté par PhilibertdePisan à 20:31 - Livres - Commentaires [0] - Permalien [#]
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