Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

29 novembre 2016

Lettre à nos cousins d'Amérique

LETTRE A NOS COUSINS D'AMÉRIQUE

 

Aujourd’hui, très rares sont ceux qui savent encore ce que sont ou plutôt ce qu’étaient l’État et le politique (et donc « l’histoire »).

Lettre d’Alexandre Kojève à Carl Schmitt (28 juin 1955)

 

Ainsi donc, le Joker a pris la Maison Blanche. Et ce n’était pas prévu dans le scénario. Il n’a pas eu besoin d’un camion bourré d’explosifs ni d’un compte-à-rebours défilant sur une horloge à cristaux liquides. Il s’est contenté de se présenter aux élections, le plus démocratiquement du monde, et il les a gagnées.

La nouvelle a été universellement accueillie dans l’incrédulité, affligée pour les uns, exultante pour les autres. C’est toujours un événement, en ce monde, qu’une vérité vienne au jour et se manifeste ; il est alors de coutume de l’enterrer aussi vite que possible sous des tombereaux de « commentaires », d’« explications » et autres bavardages. On révoque le fait advenu au motif qu’il n’aurait pas dû arriver, que c’est un accident. Le problème, c’est qu’à mesure que l’accident devient la règle, que le Brexit l’emporte au Royaume-Uni ou le sanglant Duterte aux Philippines, on a de plus en plus de mal à masquer l’irréalité de « ce qui devrait être ». Disqualifier comme « fasciste » le résultat de procédures que l’on répute « démocratiques » par ailleurs ne fait qu’ajouter à la malhonnêteté, et à l’aberration.

L’élection de Donald Trump à la présidence américaine, prenons-la plutôt comme un moment de vérité. Formulons les vérités anciennes ou nouvelles qui y éclatent. Voyons le réel que cela dessine, et comment s’y orienter dès lors.

1 – L’élection n’a rien d’une procédure « démocratique ». Elle a été pratiquée dans toutes sortes de régimes monarchiques. Le Pape lui-même est un élu. Le suffrage universel est une procédure plébiscitaire. Le plébiscite a toujours été plébiscité par les dictateurs. Ainsi, le premier Président de la République « élu démocratiquement » en France fut le dictateur Louis-Napoléon Bonaparte.

2 – La dictature est une institution, et non la négation de toute institution. Elle a été inventée par la république romaine afin de faire face le plus efficacement possible à une situation d’urgence – une sécession de la plèbe, par exemple. Si le dictateur se voit attribué les pleins pouvoirs, c’est afin de sauver la République ou de rétablir la « situation normale ». La dictature est une institution républicaine.

3 – La politique est essentiellement l’art de la manipulation des apparences, du faux-semblant, du stratagème, des jeux à trois bandes, du coup d’État permanent, de la mauvaise foi et de la domination, bref : du mensonge efficace. Quoi de plus logique que d’élire comme président un menteur patenté ? Ceux qui voient dans cette élection le triomphe d’une politique de la « post-vérité » parce que le vainqueur du jour ne s’est jamais soucié de « respecter les faits » tentent lamentablement d’occulter l’évidence que s’il a été élu, c’est précisément parce qu’il incarnait la vérité de la politique, la vérité de son mensonge. Ce qui rend la gauche partout haïssable, c’est de mentir sur le mensonge en faisant de la politique avec des bons sentiments. Chaque fois que la gauche s’en est pris à l’obscénité de Trump, elle n’a donné à entendre que le caractère faux-cul de son propre moralisme. La retenue dont la gauche se prévaut est aussi bien retenue de la vérité, qui éternise le règne du mensonge. C’est ainsi que Trump est devenu, pour certains, le nom de la fin du mensonge. Il leur manque seulement d’avoir lu Gracian, qui disait de l’homme de cour : « Quand son artifice est connu, il raffine sa dissimulation, en se servant de la vérité même pour tromper. Il change de jeu et de batterie pour changer de ruse. Son artifice est de n’en avoir plus. »

4 – Si gouverner se réduit, de nos jours, à l’exercice d’une communication d’urgence ; si les hommes politiques ne font plus que jouer leur propre rôle dans une sorte de spectacle de divertissement accessible à tous ; s’ils ne s’attachent ainsi qu’à repousser jour après jour l’examen de l’ensemble des questions vitales dont l’irrésolution mine nos existences ; si l’exercice du pouvoir d’État ne vise plus qu’à fournir un leurre permettant à tous ceux qui détiennent un réel pouvoir, parce qu’ils ont des intérêts réels dans le monde, de continuer à les servir ; si donc le gouvernement n’est plus dans le gouvernement et si ses palais sont vides ; alors il est hautement rationnel d’élire comme président un bateleur professionnel issu de la télé-réalité. Un guignol est tout simplement le meilleur candidat pour jouer le rôle principal dans un théâtre de guignols.

5 - Depuis le temps que la « démocratie est en crise », les experts se perdent en considérations superflues sur le « vote d’adhésion » et le « vote de protestation ». Ils seraient bien avisés d’ajouter à leurs pauvres catégories un nouveau venu : le « vote de mépris ». On ne peut tenir pour rien le fait que tout un ensemble d’ennemis libertariens de tout gouvernement ait voté pour Donald Trump. Porter un être méprisable à une fonction que l’on méprise, mettre un personnage grotesque à la tête d’une instance que l’on juge superflue, y a-t-il façon plus efficace de manifester son inanité ? Faire du néant le président est une façon comme une autre d’anéantir la fonction présidentielle. Il n’en demeure pas moins loisible à chacun de se croire malin en déplorant le triomphe de l’« idiocratie ».

6 – La rencontre avec l’homme blanc a laissé un souvenir impérissable à un certain nombre de peuples amérindiens, souvenir qui ne s’est pas perdu là même où les peuples en question ont péri exterminés. De l’avis général, l’homme blanc est un être vulgaire, menteur, insensible, narcissique, féroce, hypocrite, avide de gain, ignorant de tout ce qui l’entoure et pour qui rien n’est sacré ; c’est un criminel, un violeur, un nihiliste, un malade, un misérable jusque dans l’opulence. En se donnant un dégénéré de la trempe de Donald Trump pour président de « l’hémisphère occidental », les citoyens des État-Unis ont tenu à faire de cette vérité un fait éclatant, et pour certains aveuglant. [1]

7 – Partout dans le monde l’édifice juridico-formel de l’État est en voie d’être démantelé au nom du critère policier de l’efficacité, qui ne coïncide pas par hasard avec un idéal du management. Là où les fins font défaut, que reste-t-il comme finalité présentable que l’intensification infinie des moyens purs ? Purges d’ampleur soviétique, répression à balles réelles, incarcération de masse, « lutte contre le terrorisme », état d’urgence, « politique d’immigration », propagande éhontée, « lutte contre la drogue », massacres paramilitaires et citoyens, liquidations d’opposants sans élucidation prévue : ce n’est pas que « l’état d’exception devient la norme », c’est qu’une certaine forme de gouvernementalité se propage à vive allure à travers le monde. Le président Duterte, le « Trump philippin », qui propose le nombre d’exécutions extra-judiciaires dans les rues du pays comme mesure de l’efficacité de sa politique, et incite les citoyens à se joindre d’enthousiasme au bain de sang, indique une voie en même temps qu’un nouveau paradigme de l’exercice du pouvoir, tout en « transgression ». Évidemment que le plus inquiétant dans ce paradigme philippin est qu’il y ait encore là des associations de défense des droits de l’homme qui s’interrogent publiquement si l’on ne serait pas en train de « sortir de l’État de droit ».

8 – La civilisation occidentale n’en finit plus de finir. Cela fait partie, depuis plus d’un siècle maintenant, de la torture qu’elle s’inflige à elle-même ; à tel point que même ses plus fanatiques partisans n’y tenaient plus. Ils ont donc voté pour Donald Trump en un immense « Qu’on en finisse ! ». Ils ont littéralement préféré une fin effroyable à un effroi sans fin. Ce qui s’exprime ici, c’est en même temps qu’un certain goût calviniste de l’apocalypse une volonté de catastrophe proprement occidentale. Il y a là une façon de céder au vertige, de cesser de se retenir, un besoin d’affrontement décisif, ou pour dire cela en termes théologiques une rupture du katechon qui sera suivi d’effets, bien au-delà des États-Unis.

9 – Depuis sa naissance grecque, la démocratie travaille essentiellement à conjurer la guerre civile - la guerre civile qui lui a donné naissance non moins que celle qui lui permet de se maintenir, mais surtout la guerre civile en tant que réalité ultime de la coexistence entre les différentes formes-de-vie, humaines et non-humaines. La guerre extérieure est, elle, depuis Athènes, la façon la plus banale de conjurer la guerre intestine. C’est un trait de la démocratie que de traiter ses ennemis en « ennemis de la civilisation », en « barbares », en « monstres », en « criminels » et plus récemment en « terroristes », bref : de les rejeter en dehors de « l’humanité ». C’est cette façon de mener la guerre que Trump a « rapatrié à la maison », a ramené au sein même de la politique classique, en traitant Hillary Clinton non en adversaire avec qui il y aurait à débattre, mais en « criminelle » qu’il jurait d’envoyer en prison. C’est ainsi que la politique démocratique est, une nouvelle fois, devenue la continuation de la guerre par d’autres moyens. Entre gens distingués, longtemps, on a préféré parler de « pacification » plutôt que de contre-insurrection. Ce n’est manifestement plus le cas. Si la démocratie est essentiellement cette forme de la guerre civile qui consiste à nier la guerre civile, un certain nombre de citoyens des États-Unis ont voulu qu’elle soit désormais visiblement ce qu’elle est essentiellement. Voilà l’un des premiers pas que la démocratie en Amérique fait hors des sentiers prévus par Tocqueville, précédée, dans cette voie, par la Russie.

10 – La victoire de Trump se présente si évidemment comme la revanche des vaincus de la Guerre Civile américaine des années 1860 que le risque est grand, tout en percevant enfin le continuum souterrain de la guerre civile, de le voir comme celui d’une malédiction qu’il faut déplorer, et non comme un fait qu’il faut assumer. Cette élection peut fonctionner, par-delà le caractère fantoche de la présidence états-unienne, comme un signal de vengeance, comme un blanc-seing donné à la police pour assassiner autant de Noirs et de gauchistes qu’elle l’entend. Il est toujours difficile de pardonner à ses victimes tout le mal qu’on leur a fait. Et il est vrai que les partisans de Trump ont l’air, dans l’ensemble, bien armés. Mais on peut aussi imaginer que la folie manifeste du nouveau gouvernement le mette face à une nouvelle guerre de sécession à front renversé, que l’illégitimité du nouveau pouvoir nourrisse une fragmentation infinie du territoire national, une fin des États-Unis d’Amérique, où à la multiplication des milices répondrait enfin la multiplication des communes. Ce qu’il y a d’essentiellement inéligible dans le personnage pourrait tuer, par contact, la fonction qu’il devait occuper, et le système dans lequel cette fonction s’inscrivait. L’aberration régnant au centre pourrait amener la fin de toute centralité. Plus d’État, que des territoires à parcourir, ou à éviter. Fin des hégémonies. Puis contagion de discrédit parmi l’ensemble des dirigeants occidentaux par simple contact avec Trump : comment encore prendre au sérieux un chef d’État qui fait semblant de prendre au sérieux ce Donald ? Une dernière question pour la route : qu’adviendra-t-il de l’administration des choses et du gouvernement des hommes, lorsqu’ils ne pourront plus revêtir le masque impersonnel de l’État ?

Nous vous envoyons ces quelques pensées de France, chers cousins, pour vous dire que vous n’êtes pas seuls, quel que soit le sort que le système électoral nous réservera à nous, ici, dans quelques mois, ou pas. (Cf : Lundi matin)

Washington l'esclavagiste

Note

[1Nous nous permettons de leur recommander, pour approfondir cette intuition, la lecture de l’article méconnu de Georges Devereux « La schizophrénie, psychose ethnique ou la schizophrénie sans larmes ».

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11 avril 2016

Abolissons le travail

2016, tract loi travail

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03 juin 2014

LA COMMUNE (Paris 1871)

partie I

 

Partie II

LA COMMUNE

(Paris 1871)

Un film de Peter Watkins

(réalisé en 1999)

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24 octobre 2013

Le temps des cerises (deux versions)

Le temps des cerises - Jean-Baptiste Clément (1866), mis en musique en 1868 par Antoine Renard, interprété par Leny Escudero (1997) : Quand nous chanterons le temps des cerises / Et gai rossignol et merle moqueur / Seront tous en fête. / Les belles auront la folie en tête / Et les amoureux du soleil au cœur. / Quand nous chanterons le temps des cerises / Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court le temps des cerises / Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant / Des pendants d'oreilles. / Cerises d'amour aux robes pareilles (vermeilles) / Tombant sous la feuille en gouttes de sang. / Mais il est bien court le temps des cerises / Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

Quand nous en serons au temps des cerises / Si vous avez peur des chagrins d'amour / Évitez les belles. / Moi qui ne crains pas les peines cruelles / Je ne vivrai point sans souffrir un jour. / Quand vous en serez au temps des cerises / Vous aurez aussi des peines d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises / C'est de ce temps-là que je garde au cœur / Une plaie ouverte. / Et Dame Fortune, en m'étant offerte / Ne pourra jamais fermer ma douleur. / J'aimerai toujours le temps des cerises / Et le souvenir que je garde au cœur.

 

(Interprété par Geike Arnaert en 2010)

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23 octobre 2013

L'Armistice

L'Armistice - Alphonse Leclerc (1870), interprétée par Francesca SollevilleBismarck, qui n'est pas en peine / D'affamer les Parisiens / Nous demande la Lorraine / L'Alsace, et les Alsaciens / La honte pour nos soldats / Des milliards à son service

Ah! zut à ton armistice / Bismarck, nous n'en voulons pas !

On nous permettra du reste / Pendant vingt à vingt-cinq jours / De manger ce qui nous reste / De vieux chats, de rats, et d'ours / Mais plus le moindre repas / Après le vote au comice

Ah! zut à ton armistice / Bismarck, nous n'en voulons pas !

"Je faisais la guerre à l'Empire" / Disait le maître effronté / Et le valet, qui fait pire / Pourchasse la liberté / Tu nous croyais donc bien bas / Pour vouloir ce sacrifice!

Ah! zut à ton armistice / Bismarck, nous n'en voulons pas !

Bazaine* se rend: qu'importe ? / Nous conserverons Verdun / Nancy peut ouvrir sa porte / On s'illustrera à Châteaudun / À Toul, à Strasbourg tu n'as / Pas un homme pour complice

Ah! zut à ton armistice / Bismarck, nous n'en voulons pas !

Prends-nous par la famine / Viens, diplomate du Nord ! / Mais, rongés par la vermine / Nous résisterons encore / Mieux vaut un vaillant trépas / Qu'accepter un tel supplice !

Ah! zut à ton armistice / Bismarck, nous n'en voulons pas !

Nous nous levons tous en masse / Pour répondre à l'insolent / Pas un ne fait la grimace / Qu'il soit rouge, noir ou blanc / Fier de courir aux combats / Pour l'honneur et la patrie.

* Référence à François Achille Bazaine (1811-1888), commandant en chef de l'armée du Rhin lors de la guerre franco-prussienne de 1870 qui capitula le 28 octobre. cf : W.

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07 août 2009

Elle n'est pas morte

Elle n'est pas morte - Eugène Pottier (1886) : On l'a tuée à coups de chass'pots, A coups de mitrailleuses, Et roulée avec son drapeau Dans la terre argileuse. Et la tourbe des bourreaux gras Se croyait la plus forte. / Tout ça n'empêch' pas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / Comme faucheurs rasant un pré, Comme on abat des pommes, Les Versaillais ont massacré Pour le moins cent mille hommes. Et les cent mille assasinats Voyez c'que ça rapporte. / Tout ça n'empêch' pas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / On a bien fusillé Varlin, Flourens, Duval, Millière, Ferré, Rigault, Toni Moilin, Gavé le cimetière. On croyait lui couper les bras Et lui vider l'aorte. / Tout ça n'empêch' pas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / Ils ont fait acte de bandits Comptant sur le silence, Ach'vé les blessés dans leurs lits, Dans leurs lits d'ambulance. Et le sang inondant les draps Ruisselait sous la porte. / Tout ça n'empêch' pas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / Les journalistes policiers Marchands de calomnies, Ont répandu sur nos charniers Leurs flots d'ignominie. Les Maxim' Ducamps, les Dumas, Ont vomi leur eau-forte. / Tout ça n'empêch' pas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / C'est la hache de Damoclès Qui plane sur leurs têtes. A l'enterrement de Vallès Ils en étaient tout bêtes. Fait qu'on était un fier tas A lui servir d'escorte ! / Ce qui prouve en tout cas, Nicolas, Qu'la Commune n'est pas morte ! / Bref, tout ça prouve aux combattants Qu'Marianne a la peau brune, Du chien dans l'ventre, et qu'il est temps D'crier "Vive la Commune !" Et ça prouve à tous les Judas Qu'si ça marche de la sorte, Ils sentiront dans peu, nom de dieu ! Qu'la Commune n'est pas morte !

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La semaine sanglante

La semaine sanglante - Jean-Baptiste Clément (1871) : Sauf des mouchards et des gendarmes On ne voit plus par les chemins Que des vieillards tristes en larmes Des veuves et des orphelins Paris suinte la misère Les heureux même sont tremblants La mode est au conseil de guerre Et les pavés sont tout sanglants / Refrain : Oui mais ça branle dans le manche Les mauvais jours finiront Et gare à la revanche Quand tous les pauvres s’y mettront (bis) / On traque on enchaîne on fusille Tous ceux qu’on ramasse au hasard La mère à côté de sa fille L’enfant dans les bras du vieillard Les châtiments du drapeau rouge Sont remplacés par la terreur De tous les chenapans de bouges Valets de rois et d’empereurs / Refrain / Nous voilà rendus aux jésuites Aux Mac Mahon aux Dupanloup Il va pleuvoir des eaux bénites Les troncs vont faire un argent fou Dès demain en réjouissance Et Saint Eustache et l’Opéra Vont se refaire concurrence Et le bagne se peuplera / Refrain / Demain les Manon les Lorette Et les dames des beaux faubourgs Porteront sur leur collerette Des chassepots et des tambours On mettra tout au tricolore Les plats du jour et les rubans Pendant que le héros Pandore Fera fusiller nos enfants / Refrain / Demain les gens de la police Refleuriront sur le trottoir Fiers de leurs états de service Et le pistolet en sautoir Sans pain sans travail et sans arme Nous allons être gouvernés Par des mouchards et des gendarmes Des sabre-peuples et des curés / Refrain / Le peuple au collier de misère Sera-t-il donc toujours rivé Jusques à quand les gens de guerre Tiendront-ils le haut du pavé Jusques à quand la Sainte Clique Nous croira-t-elle un vil bétail A quand enfin la République De la justice et du travail / Refrain.

Nous changerions évidemment aujourd'hui la fin (A quand enfin la République De la justice et du travail), par exemple par ceci : A quand enfin l'autonomie La vraie justice et la fin du travail.

Comité stéphanois

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