Amour, émeute et cuisine

Quelques pensées sur la civilisation, considérée dans ses aspects politiques, philosophiques, et culinaires, entre autres. Il y sera donc question de capitalisme, d'Empire, de révolte, et d'antiterrorisme, mais aussi autant que faire se peut de cuisine.

17 septembre 2019

Manifestation à Paris, le 21 septembre 2019

21 sept Paris

Manifestation à Paris

21 septembre 2019

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06 mai 2019

Lettre de Thomas P., incarcéré depuis le 12 février 2019

Après l’acte 13, le 10 février sur les journaux paraissait le nom de Thomas P., figure du "super casseur".
Mais depuis c’est le silence. Cela fait trois mois qu’il est enfermé à Fleury Mérogis en préventive sous le coup d’une instruction criminelle. Pour que son isolement cesse, Thomas nous*

a fait parvenir une lettre écrite en cellule qui revient sur les raisons qui l’ont amené à se battre aux côtés des Gilets Jaunes.

Prison de Fleury Mérogis


LETTRE D’UN GILET JAUNE EN PRISON

Le 29/04/2019.

Bonjour,

Je m’appelle Thomas. Je fais partie de ces nombreux Gilets Jaunes qui dorment en ce moment en prison. Cela fait près de 3 mois que je suis incarcéré à Fleury-Mérogis sous mandat de dépôt criminel.

Je suis accusé de pas mal de choses après ma participation à l’acte XIII à Paris :

« dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui »

« dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui par un moyen dangereux pour les personnes » (incendie d’une Porsche)

« dégradation ou détérioration de bien par un moyen dangereux pour les personnes commise en raison de la qualité de la personne dépositaire de l’autorité publique de son propriétaire » (le ministère des armées)

« dégradation ou détérioration d’un bien destiné à l’utilité ou la décoration publique » (attaque sur une voiture de police et une voiture de l’administration pénitentiaire)

« violence aggravée par deux circonstances (avec arme et sur dépositaire de l’autorité publique) suivi d’incapacité n’excédant pas 8 jours » (l’arme serait une barrière de chantier, toujours sur la même voiture de police, 2 jours d’ITT pour le traumatisme)

« violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité »

« participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de biens ».

J’ai effectivement commis une partie des actes que recouvrent ces formulations un peu ronflantes… Et je les assume. J’ai bien conscience qu’écrire cela risque de me faire rester un peu plus de temps en prison et je comprends très bien tous ceux qui préfèrent ne pas revendiquer leurs actes devant la justice et parient sur une éventuelle clémence.

Quand on lit cette longue liste de délits et leurs intitulés, il y a de quoi me prendre pour un fou furieux, n’est-ce pas ? C’est d’ailleurs comme ça que l’on m’a décrit dans les media. Enfin, on m’a plutôt réduit à un mot bien pratique : « casseur ». Simplement. « Pourquoi ce type a cassé? – Parce que c’est un casseur, c’est évident. » Tout est dit, circulez il n’y a rien à voir et surtout, rien à comprendre. À croire que certains naissent « casseur ». Cela évite d’avoir à se demander pourquoi tel commerce est ciblé plutôt que tel autre, et si par hasard ces actes n’auraient pas un sens, au moins pour ceux qui prennent le risque de les accomplir.

Il est d’ailleurs assez ironique, que je me retrouve affublé du stigmate de « casseur », notamment parce que la chose que j’apprécie le plus dans la vie, c’est la construction. Menuiserie, charpente, maçonnerie, plomberie, électricité, soudure… Bricoler, réparer tout ce qui traîne, construire une maison de la dalle aux finitions, c’est ça mon truc. Après, c’est vrai, rien de ce que j’ai construit ou réparé ne ressemble à une banque ou à une voiture de police.

Dans certains médias, on m’a aussi traité de « brute », pourtant je n’ai jamais été quelqu’un de violent. On pourrait même dire que je suis doux. À tel point que cela m’a rendu la vie compliquée pendant l’adolescence. Bien sûr, dans la vie, on passe tous par des situations difficiles et on s’endurcit. Après, je ne cherche pas à dire que je suis un agneau ni une victime.

On n’est plus innocent quand on a vu la violence « légitime », la violence légale : celle de la police. J’ai vu la haine ou le vide dans leurs yeux et j’ai entendu leurs sommations glaçantes: «dispersez-vous, rentrez chez vous ». J’ai vu les charges, les grenades et les tabassages en règle. J’ai vu les contrôles, les fouilles, les nasses, les arrestations et la prison. J’ai vu les gens tomber, en sang, j’ai vu les mutilés. Comme tous ceux qui manifestaient ce 9 février, j’ai appris qu’une nouvelle fois, un homme venait de se faire arracher la main par une grenade. Et puis je n’ai plus rien vu, à cause des gaz. Tous, nous suffoquions. C’est à ce moment-là que j’ai décidé ne plus être une victime et de me battre. J’en suis fier. Fier d’avoir relevé la tête, fier de ne pas avoir cédé à la peur.

Bien sûr, comme tous ceux qui sont visés par la répression du mouvement des Gilets Jaunes, j’ai d’abord manifesté pacifiquement et au quotidien, je règle toujours les problèmes par la parole plutôt que par les poings. Mais je suis convaincu que dans certaines situations, le conflit est nécessaire. Car le débat aussi « grand » soit il, peut parfois être truqué ou faussé. Il suffit pour cela que celui qui l’organise pose les questions dans les termes qui l’arrangent. On nous dit d’un côté que les caisses de l’État sont vides mais on renfloue les banques à coups de millions dès qu’elles sont en difficulté, on nous parle de « transition écologique » sans jamais remettre en question le système de production et de consommation à l’origine de tous les dérèglements climatiques¹. Nous sommes des millions à leur hurler que leur système est pourri et ils nous expliquent comment ils prétendent le sauver.

En fait, tout est question de justesse. Il y a un usage juste de la douceur, un usage juste de la parole et un usage juste de la violence.

Il nous faut prendre les choses en main et arrêter d’implorer des pouvoirs si déterminés à nous mener dans le mur. Il nous faut un peu de sérieux, un peu d’honneur et reconnaître qu’un certain nombre de systèmes, d’organisations et d’entreprises détruisent nos vies autant que notre environnement et qu’il faudra bien un jour les mettre hors d’état de nuire. Ça implique d’agir, ça implique des gestes, ça implique des choix : manif sauvage ou maintien de l’ordre ?

À ce propos, j’entends beaucoup de conneries à la télé, mais il y en a une qui me semble particulièrement grossière. Non, aucun manifestant ne cherche à « tuer des flics ». L’enjeu des affrontements de rue c’est de parvenir à faire reculer la police, à la tenir en respect : pour sortir d’une nasse, atteindre un lieu de pouvoir ou simplement reprendre la rue. Depuis le 17 novembre, ceux qui ont menacé de sortir leur armes, ceux qui brutalisent, mutilent et asphyxient des manifestants désarmés et sans défense, ce ne sont pas les soit-disant « casseurs », ce sont les forces de l’ordre. Si les médias en parlent peu, les centaines de milliers de personnes qui sont allées sur les ronds-points et dans les rues le savent. Derrière leur brutalité et leurs menaces, c’est la peur qui se cache. Et quand ce moment arrive, en général, c’est que la révolution n’est pas loin.

Si je n’ai jamais eu envie de voir mon nom étalé dans la presse, c’est désormais le cas, et comme je m’attends à ce que journalistes et magistrats épluchent et exposent ma vie personnelle, autant prendre moi-même la parole². Voilà donc ma petite histoire. Après une enfance somme toute assez banale dans une petite ville du Poitou, je suis parti dans la « grande ville » d’à côté pour commencer des études, quitter le foyer familial (même si j’aime beaucoup mes parents), commencer la vie active. Pas dans le but de trouver du travail et de prendre des crédits, non, plutôt pour voyager, faire de nouvelles expériences, trouver l’amour, vivre des trucs dingues, l’aventure quoi. Ceux qui ne rêvent pas de cela à 17 ans doivent être sérieusement dérangés.

Cette possibilité-là, pour moi, c’était la fac mais j’ai vite déchanté face à l’ennui et l’apathie régnants. Puis coup de chance, je suis tombé sur une assemblée générale au début du mouvement des retraites. Il y avait des gens qui voulaient bloquer la fac et qui ont attiré mon attention. J’en ai rencontré quelques-uns qui voulaient occuper un bâtiment et rejoindre les dockers. Le lendemain, je les ai accompagné pour murer le local du Medef et taguer « pouvoir au peuple » sur les parpaings tout frais. Voilà le jour où l’homme que je suis aujourd’hui est né.

J’ai donc étudié l’Histoire parce qu’on parlait beaucoup de révolution et que je ne voulais pas parler depuis une position d’ignorant. Mais très vite, je décidais de quitter la fac. Le constat était simple, non seulement on en apprenait bien plus dans les bouquins qu’en cours mais en plus de cela je n’avais pas envie de m’élever socialement pour devenir un petit cadre aisé du système que je voulais combattre. Là c’était le vrai début de l’aventure.

Ensuite, j’ai vécu avec plein de potes en ville ou à la campagne, c’est là que j’ai appris à tout réparer, à tout construire. On essayait de tout faire nous-mêmes plutôt que de bosser pour l’acheter. Un peu une vie de hippie, quoi! À la différence qu’on savait qu’on n’allait pas changer le monde en s’enterrant dans notre petit cocon auto-suffisant. Alors, j’ai toujours gardé le contact avec l’actualité politique, je suis allé à la rencontre de celles et ceux qui, comme moi dans le passé, vivaient leur premier mouvement.

Voilà comment j’ai rejoint les Gilets Jaunes depuis maintenant quatre mois. C’est le mouvement le plus beau et le plus fort que j’ai jamais vu. Je m’y suis jeté corps et âme, sans hésitation. L’après-midi de mon arrestation, plusieurs fois des gens sont venus vers moi pour me saluer, me remercier ou me dire de faire attention à moi. Les actes que l’on me reproche, ceux que j’ai commis et les autres, ils sont en réalité collectifs. Et c’est précisément de cela dont le pouvoir à peur et c’est pour cette raison qu’ils nous répriment et nous enferment individuellement en tentant de nous monter les uns contre les autres. Le gentil citoyen contre le méchant « casseur ». Mais de toute évidence, ni la matraque ni la prison ne semblent arrêter ce mouvement. Je suis de tout cœur avec celles et ceux qui continuent.

Depuis les murs de Fleury-Merogis, Thomas, gilet jaune.

* Comité de soutien à Thomas P. (Cf. ICI)

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28 avril 2019

Conférence des presse de victimes des violences policières, gilets jaunes ou non

Conférence des presse de victimes des violences policières, gilets jaunes ou non

(28 avril 2019)

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26 avril 2019

LREM, GRAND DÉGÂT NATIONAL

LREM GRAND DEGAT NATIONAL

LREM, GRAND DÉGÂT NATIONAL

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14 avril 2019

ON VEUT PLUS DE PRIME A LA CASSE

On veut plus de prime à la casse

ON VEUT PLUS DE PRIME A LA CASSE

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20 mars 2019

ACTE 19 : Tous à Nice - Appel national

Acte 19, tous à Nice

ACTE 19 : Tous à Nice - Appel National

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19 mars 2019

Quinzième festivité : Le feu ça brûle !

Quinzième festivité : Après dix-huit semaines de défilés, on décida soudain en haut-lieu de ne plus autoriser les manifestants de France à exprimer leur insatisfaction au coeur des quartiers ayant déjà eu à souffrir des quelques feux et fracas provoqués par lesdits manifestants - portant gilets jaunes ou non. Aussi ne fut-ce bien notoirement que par ignorance que de mauvaises langues dénoncèrent l'étrangeté d'un tel choix de la part du gouvernement, puisqu'à l'évidence il fut fait en toute intelligence macronienne afin que l'ensemble des "gueux grognons" du pays pussent renouer avec un minimum d'apaisement en retrouvant sur leur chemin de quoi défouler leur colère sur un matériel bourgeois encore presque "neuf". Tout, finalement, n'était quoiqu'on en rît peut-être pas encore entièrement foutu.

Gilets jaunes acte 18 Fouquets 01

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09 mars 2019

Le seul président qu'on veut, c'est le camembert

Le seul président qu'on veut, c'est le camenbert

Le seul président qu'on veut, c'est le camembert

Posté par PhilibertdePisan à 17:58 - Tags & Banderoles - Commentaires [0] - Permalien [#]
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05 février 2019

Amis GJ, du discours et des buts du mouvement pour approbation

Amis GJ,

du discours et des buts du mouvement pour approbation 

ordalie

Amis GJ, je communique ici à l’écrit ce que certains d’entre nous pensent, en qualité de GJ mobilisés depuis le 17 novembre.

Sachant que le mouvement ne pourra indéfiniment se reposer ni sur « les 1% qui dirigent l’économie
mondiale avec leurs grosses tentacules » ni sur un « Tous pourris ! » pourtant bien réel mais qui malheureusement ne nous apporte rien

Sachant que l’auto-organisation a d'emblée été l'un des attributs du mouvement, nous devons nous demander pourquoi sa proclamation rituelle ne tend pas à grossir le mouvement comme nous l’aurions souhaité

Le but de cette communication est de réhabiliter le mot « capitalisme »

Il ressort des différents discours du mouvement deux tendances :

Les uns veulent démocratiser la république

Les autres, humaniser le capitalisme

Ou les deux


La société capitaliste, qui est la forme de société dans laquelle nous vivons, quoi qu’on en dise, c’est l’exploitation des travailleurs par les dominants, financiers et autres fainéants qui vivent de l’activité productive des autres. Nous marquons « égalité » sur les banderoles. Or le capitalisme repose sur les inégalités. Et nous ne demandons pas tant l’égalité que la justice : le capital ne produit rien, c’est l’activité qui produit, quelle qu’elle soit. En l’état, cette justice tapine pour le capital.

La fonction de l’État, par le biais de la « République », est d’encadrer cette exploitation, de la permettre, de l’améliorer et de la reproduire. L’État capitaliste n’a qu’une chose à faire pour entretenir une telle domination politique : remplacer tous les cinq ans un régent de la république par un autre ; l’actuel président Macroûte, comme tous les autres, appelle ça un « pacte social ».

Nous avons d’emblée ciblé le capitalisme en bloquant les centres-commerciaux ou les flux marchands. Nous avons d’emblée ciblé l’État et les préfectures qui le représentent. Nous avons d’emblée occupé l’espace public dont il se réserve l’administration. On nous a enseigné que l’État était le garant de « l’intérêt général » : il ne l’est pas. Il est dans sa nature de ne pas l’être !

Sachant que toutes les revendications portent en elles la remise en question profonde du régime actuel. Sachant que les déclarations de pouvoirs collectifs (« démocratie directe », assemblées) sont inacceptables pour l’ordre républicain. Sachant que toutes les revendications portant sur la répartition des richesses (encadrement des pratiques capitalistes, exemples : taxer les riches, hausser les salaires, services publics) sont inacceptables pour les financiers comme pour l’État, et sachant enfin que les mots « capitalisme, capitalistes, capital » ne conviennent pas à beaucoup d’entre nous parce qu’ils passent pour dépassés et ringards, nous insistons tout de même pour les remettre au coeur de nos questionnements.

À ce jour, le capitalisme est bien le dispositif essentiel du système dans lequel nous vivons, et l’avènement du capitalisme vert n’en est que le dernier rejeton. Le pouvoir n’emploie jamais le mot « capitalisme » ; Macroûte n’a à ce jour jamais prononcé publiquement l’item « gilets-jaunes »… Pourquoi ? Sans doute parce que la peur n’offre pas de prononcer sans souffrance le nom de ses ennemis ; ni Harry Potter ni Hermione Granger n’articulent sans souffrance le nom de Voldemort.

C’est bien la pratique capitaliste qui détruit les sols en les surexploitant pour produire plus et gagner plus. C’est bien la pratique capitaliste qui fait qu’en lieu et place du travail salarié de l’homme adulte pour nourrir un foyer en 1860 nous retrouvons aujourd’hui l’exploitation du couple entier homme-femme pour parvenir au même résultat (là où il y a cent ans un travailleur nourrissait un foyer il en faut aujourd’hui deux). C’est bien la pratique capitaliste qui a permis aux banquiers de dématérialiser la monnaie jusqu’à en faire une abstraction dont eux seuls ont la jouissance.

Ainsi les cibles sont bien les capitalistes qui nous asservissent, et l’État qui en cautionne et encadre les pratiques.

En bref, amis GJ, le capitalisme ne s’humanise pas : il s’accomplit et s’épanouit toujours dans l’asservissement du plus grand nombre. Or, la plupart d’entre nous ayant le désir de vivre librement afin de s’épanouir en bonne compagnie, nous le disons clairement : nul ne prospère en régime capitaliste, pas même les dominants. Le capitalisme entrave nos chemins comme la police barre nos routes.

En bref encore, amis GJ, toute entreprise visant à réintroduire du citoyen dans la faune politique française est voué à un échec certain. Cette « récupération » que tous nous redoutons est bien une menace. Et les exemples abondent, dans l’histoire de ces quarante dernières années, de ces « résistances » qui ont accepté tous les renoncements pour bénéficier des quelques miettes que leur laissaient les exploiteurs - on avait dit toute la boulangerie non ?

Beaucoup d’entre nous s’interrogent sur la suite à donner à notre mouvement. Si nous avions quelque chose clé en main d’audacieux et de nouveau pour que l’épreuve débouche sur une victoire, nous nous empresserions d’en révéler la teneur. Ce genre de chose n’arrive pas, pas même dans les livres. Le neuf n’est pas une question. S’il y avait un autre nom, nous l’utiliserions, s’il existait un média supérieur aux textes et aux phrases pour exprimer l’intelligence, nous l’utiliserions. Dans la confrontation, notre rôle n’est pas d’écrire l’histoire, nôtre rôle est de la bouleverser. Les soulèvements populaires seuls renversent l’Histoire.

 

Aujourd’hui

Il faut utiliser les assemblées populaires pour y partager nos revendications, nos vues, et pour dégager les moyens pratiques d’obtenir satisfaction des revendications dégagées en assemblées. Il faut s’efforcer un maximum d’abandonner le vocabulaire du Pouvoir pour éviter le mimétisme. Le but d’une assemblée étant évidemment de parler, il ne faut pas s’y présenter pour y fustiger l’absence d’action sans s’y retrouver pratiquement aussi inaudible que débile.

Le grand débat est fait pour niquer les ronds-points. Il nous apparaît nécessaire de continuer non seulement à occuper les ronds-points et cabanes, mais aussi tous les espaces publics. Nous pensons qu’il ne faut pas aller au grand débat. Ne pas collaborer et rester une force sociale indépendante. Comme le disent nos adversaires : « on ne négocie pas avec les terroristes ! ».

Nous invitons absolument à participer en masse à la prochaine assemblée des assemblées et saluons absolument l’initiative des gilets-jaunes de Commercy.

À la dernière assemblée de Misère-sur-canal, certains déploraient notre manque de solidarité et la stagnation du mouvement. C’est faux, nous sommes tous solidaires, et ce ne sont que les querelles de pseudo réseaux sociaux qui font que certains finissent par penser cela. À chacun de prendre ses responsabilités pour ne pas verser dans de telles gamineries stériles. Quant à ce qui est de la « stagnation » ; nous en sommes à l’acte XII et il y a toujours autant de monde dans les rues, toujours autant de soutiens.

Le pays bouillonne et nous ne lâchons rien.

MACROGNON → EXTINCTION

Nous aimerions et comptons faire tourner ce texte aux autres GJ de France rencontrés ici et là, à Commercy et ailleurs. Nous voulons savoir si les amis sont d’accord avec ce qui est exprimé. Que pensez-vous ?

MTH déchaînés le 2 février 2019

Voir le PDF ici : Amis_GJ_corrig__d_finitif

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03 février 2019

Ecologie du terrorisme

Écologie du terrorisme

Le studio de la terreur


De la démence exotique

La situation présente, en France comme un peu partout ailleurs dans le monde, a tout d'une bâtisse en chute libre dont nous sommes prisonniers, et qui ne nous laisse plus guère que deux espèces d'évasions possibles : mourir sous les décombres – comme à Marseille [1] – ou sortir par le haut – comme s'efforcent de le faire ici ou là un nombre toujours grandissant d'insurgés. En attendant, l'évidence veut qu'une telle chute n'en finisse plus de multiplier aussi les déficients mentaux, dont les plus visibles se présentent généralement au cœur du spectacle médiatique en tant qu'inébranlables commentateurs quotidiens de ladite chute – qu'ils soient journaleux sociologues philosophes ou politicards - et les moins visibles en tant que terroristes ou prétendus tels – qu'ils soient islamistes ou simples homicides sans religion. Pour le dire autrement, cette société pseudo-démocratique et réellement impérialo-marchande, dont plus personne n'ose vanter les mérites sans cligner de l’œil, génère elle-même, de par sa misère propre, les seconds, et elle paye les premiers afin qu'ils en interprètent mensongèrement l'existence : il n'est pas nécessaire en effet qu'un acte dit « terroriste » soit le résultat d'un complot d’État pour que l'emploi médiatico-politique qui en est fait soit quant à lui parfaitement indécent et manipulateur.

Toute civilisation criminelle a besoin d'un effroyable ennemi face auquel elle ne pourra manquer de passer pour plus acceptable, raisonnable, et bien entendu démocratique ; le terroriste est présentement cet ennemi idéal. C'est pourquoi le spectacle s'empresse toujours bientôt d'enfermer dans cette catégorie quiconque porte atteinte à une vie humaine dans nos rues, en particulier si il est musulman, puisque assurément, pense-t-on, on y gagnera toujours à accorder quelque exotisme à l'affaire. L'exotisme a ceci de spécifique en effet que, si il peut être encore assez souvent d'une grande valeur aux yeux de l'homo-marchandise en vacances à l'étranger, il est assez aisément perçu comme un danger aux yeux de ce même homo-marchandise dès lors qu'il se présente à lui dans les rues de sa propre cité. L'importante médiatisation de l'imbécile théorie du « grand remplacement », dont les vieilles têtes de cadavres Camus Houellebecq et Zemmour, entre autres, sont les apôtres dévoués, en atteste suffisamment. Ce n'est jamais tant toutefois l'origine réelle dudit terroriste qui importe, que la catégorie artificielle dans laquelle peut l'enfermer la sémiotique impérialo-marchande qui, dans le cas qui nous occupe, n'est guère plus que le langage policier du signalement officiel, où le tueur de masse déficient mental devient islamiste et l'inepte raciste devient ultra-droitiste, mais aussi où l'opposant politique quelque peu conséquent devient gauchiste voire parfois islamo-gauchiste, et l'insurgé conscient un casseur un pillard ou un ultra-gauchiste dès lors qu'il passe pour plus organisé. Aussi l'Empire-marchand fait-il régulièrement entrer tout ce petit vocable « exotique », simultanément ou non suivant des nécessités stratégiques qui lui sont propres, dans la catégorie fourre-tout des « individus appartenant à une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ».

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De l'intelligence exotique

Il est notable, en particulier, que dans les temps où manquent les névrotiques massacreurs de passants, le spectacle – qui n'ignore plus qu'il ne se maintient que par la peur tant il lui est devenu impossible de se faire aimer – tend à engeôler plus promptement que de coutume dans le fourre-tout susdit une bonne part de ce qui se présente à lui comme une intelligence antagoniste. L'affaire dite de Tarnac en a suffisamment témoigné en 2008. Mais c'est que le terrorisme seul, aux yeux en tout cas de n'importe quel État spectaculaire-marchand, a pour lui d'être assez horrifiant pour justifier l'instauration de lois toujours plus liberticides et sécuritaires, de même qu'une présence policière, voire militaire, sans cesse renforcée : ce qui exige d'être anticipé même par beau temps, l'orage, se doit de l'être plus préventivement encore lorsque le vent se lève, et l'effroi qu'inspire le terroriste trouve justement son prolongement quotidien dans l'omniprésence militaro-policière et son haut potentiel de violence, et ce d'autant plus que la police ne se distingue guère du terrorisme autrement que par la légalité accordée à la violence de ses actes. C'est d'ailleurs pourquoi partout l'existence de l'un vient toujours intensifier et garantir l'existence de l'autre, et vice versa. C'est aussi pourquoi, nous l'avons vu, face à la trop longue absence de meurtriers mentalement déficients – du malheureux ayant soudain pété une durite au profond névrosé tueur de masse en passant par le djihadiste authentique – les services de l’État se devront toujours d'inventer une quelconque cellule ou mouvance terroriste au sein de leurs opposants politiques réels. Ainsi le complotisme du pouvoir en place, bel et bien véritable ici, espère-t-il assez souvent de faire d'une pierre deux coups, d'abord en justifiant et réaffirmant par là sans cesse la nécessité de mettre en œuvre une logique policière et sécuritaire implacable, ensuite en se débarrassant, ne serait-ce que provisoirement, de ses opposants les plus conséquents – qu'à la fin de tels opposants puissent lui faire perdre la face dans un tribunal ou ailleurs lui importe peu ; la calomnie reste, son renversement dans la déconfiture s'oublie [2].

Tarnac 00


De l'intello-démence exotique

Mais le concept de terrorisme est si ouvert, si englobant, du moins dans l'usage qu'en fait l'Empire-marchand, qu'il offre à la sémiotique policière de pouvoir si besoin est n'en forclore pour ainsi dire personne. Aussi la quantité peut-elle s'étendre à l'envie de ces vocables exotiques utilisés afin de provoquer l'inquiétude, et justifier diverses restrictions dans l'existence des personnes abstraitement réduites à ces derniers – de l'interdiction de manifester, par exemple, à l'assignation à résidence. L'apparition d'un vocable particulier dans le champ médiatico-policier dépend évidemment de l'état de la situation à laquelle est confronté le pouvoir : là où l'opposant à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou à l'enfouissement de déchets nucléaire à Bure sera qualifié d'éco-terroriste ou de djihadiste vert, le saboteur de flux économiques sera quant à lui affublé, plus légèrement si on veut, du titre d'anarcho-autonome ou de membre d'une cellule invisible à caractère terroriste. Nous en passons, puisque de toutes façons tout confine ici inlassablement à inventer de nouvelles catégories ayant à répondre à des menaces mouvantes, réelles ou prétendues telles, mais quoi qu'il en soit selon nous très rarement terroristes au contraire de ce que le spectacle veut laisser entendre à travers elles ; la terreur est toujours d’État : elle naît essentiellement de ceci qu'en assujettissant une ou plusieurs personnes à l'une des catégories abstraites susdites, ce dernier les rend « étranges » et par là même dangereux aux yeux de la majorité, et légitime ainsi l'instauration de tous les dispositifs de l'épouvante sécuritaire consacrée au contrôle de toutes et tous - la misère de notre époque veut que le terrorisme et l'anti-terrorisme soient les deux faces d'une même monnaie qui vise à mettre à bas la liberté.

De la possible infortune de l'exotisme

Mais parce qu'aucun État ne peut s'offrir d'enfermer une part trop importante de sa population dans la catégorie générale du terrorisme, le mouvement des gilets jaunes en France a montré une limite a sa sémiotique policière. Aussi a-t-il du se contenter longtemps d'essayer de diviser celui-là en essayant de séparer le bon grain de l'ivraie parmi les révoltés, en opposant le bon gilet jaune au vilain casseur-pillard, et ce toutefois sans pouvoir faire même de ce dernier un terroriste, à cause du trop grand nombre des premiers ayant pris l'habitude de côtoyer les seconds, et surtout parce que les rôles sont bientôt devenu fort souvent interchangeable à l'intérieur du mouvement. Pour le dire simplement, la multiplication des rencontres entre les uns et les autres sur le terrain de l'émeute, qui tend à abolir dans l'action les exotismes abstraits du spectacle, a tôt fait pour beaucoup de reléguer les peurs au loin, et a contraint l'État à se retirer sur une position plus défensive à partir de laquelle il a du montrer son vrai visage, réellement répressif et violent, véritablement terroriste. N'étant cependant pas à une absurdité près, la start-up-nation n'a pas manqué d'englober rapidement tout un chacun dans une conception élargie du management autoritaire. Si nous n'y trouvons plus la notion de terrorisme – celle-ci réapparaîtra bientôt de l'extérieur du soulèvement populaire, à Strasbourg, sous la forme habituelle du déficient mental tueur de rue [3] -, l'accusation très souvent préventive de « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations » garde néanmoins tout le flou nécessaire à une entreprise de dissuasion/répression susceptible de toucher le plus grand nombre. Autrement dit ici aussi l’État a cru bon de bricoler sa loi à partir du dispositif antiterroriste qu'il n'a cessé de développer ces dernières années, dispositif dont le flou est l'une des principales caractéristiques et dont l'objet a toujours été l'écrasement de la révolte et des mouvements sociaux dans leur ensemble.

DGSI

Dans l'Empire-marchand, les dominants, parce qu'ils n'ignorent pas l'illégitimité totale de leur position, sont d'une paranoïa telle qu'elle ne leur offre pas d'envisager celles et ceux qui leur sont socialement inférieurs autrement que comme des ennemis à contenir, ou des terroristes à abattre ; l'abc de la liberté veut que nous visions leur chute et plus encore celle de tous les dispositifs de notre asservissement, dont le terrorisme/antiterrorisme est un parfait exemple.

Léolo, le 17 décembre 2018

 

Notes :

1 – Le 5 novembre 2018, à Marseille, plusieurs immeubles de la rue d'Aubagne s'effondre à cause de leur vétusté, tuant huit personnes.

2 – Le procès de l'affaire dite de Tarnac fut à cet égard exemplaire, puisque les accusés et leurs avocats ridiculisèrent presque tout du long l'accusation comme la DGSI. Qui, toutefois, en aura été authentiquement informé, et, le cas échéant, aura su en tirer les conclusions qui s'imposent concernant le terrorisme et son revers l'antiterrorisme.

3 – Le 11 décembre 2018, à Strasbourg, alors que la révolte des « gilets jaunes » fait grand bruit depuis plusieurs semaines, un homme armé fait feu sur le marché de Noël et tue cinq personnes. Le petit monde médiatico-politique parle presque aussitôt d'attentat terroriste islamique.

Posté par Leolonico à 14:16 - anti-terrorisme - Commentaires [0] - Permalien [#]
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